22/01/2026 francais.rt.com  3min #302548

Le président du Medef: «Face à Trump, l'Europe a tenu bon» mais «la France va à contresens»

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Patrick Martin, président du Médef.

Patrick Martin salue la fermeté européenne face aux menaces douanières de Donald Trump, tout en appelant à renforcer la souveraineté économique de l'UE. Il critique vivement le budget français 2026, jugé défavorable à la compétitivité et à l'investissement. Le Medef redoute une «année perdue» pour l'économie française dans un contexte tendu.

La volte-face de Donald Trump, qui a renoncé à de nouveaux droits de douane contre plusieurs pays européens après la fermeté affichée par Bruxelles, est accueillie avec satisfaction par le président du Medef. Patrick Martin estime que « les Européens ont eu raison d'afficher leur fermeté » face au président américain, après une première phase jugée trop complaisante en 2025.

« Cette fois, ils ont résisté avec le bon niveau de réponse », souligne-t-il, tout en appelant à rester vigilants, notamment sur la menace persistante visant les vins et spiritueux français.

Une accumulation de contraintes pour la France

Pour le patron des patrons, ces tensions commerciales révèlent surtout les faiblesses structurelles de l'Europe. Dépendante des États-Unis sur les plans militaire, numérique et énergétique, l'Union doit selon lui accélérer la mise en œuvre du rapport Draghi pour renforcer sa compétitivité et sa souveraineté. « Le marché européen est le premier marché mondial. Prenons-en réellement conscience », martèle-t-il, appelant à un rapport de force assumé face à Washington comme face à Pékin.

Mais Patrick Martin se montre beaucoup plus sévère sur la trajectoire française. Le budget 2026 adopté après de longs mois de débats parlementaires « va malheureusement à contresens ». Il critique la suspension de la réforme des retraites, le gel de la baisse de la CVAE (cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises) et la surtaxe d'impôt sur les sociétés, autant de signaux négatifs pour l'investissement. « Ce budget ne tient compte ni du temps, ni de l'espace », déplore-t-il, alors que les États-Unis et l'Allemagne baissent leurs impôts et investissent massivement.

Cette accumulation de contraintes nourrit, selon lui, une colère croissante chez les chefs d'entreprise. « Il y a deux mondes parallèles : un monde politique court-termiste et un monde réel, celui de l'emploi et de la compétition internationale. » Dans ce contexte, le président du Medef craint que 2026 ne soit « une année perdue » pour l'économie française, marquée par l'attentisme, la hausse des défaillances d'entreprises et une réindustrialisation toujours fragile.

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