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Le Pentagone a exclu la Russie de la liste des principales menaces pour les États-Unis. [Photo d'illustration]
La stratégie de sécurité nationale américaine révisée exclut la Russie des menaces prioritaires, tout en la qualifiant de risque durable mais maîtrisable pour l'OTAN. Le document souligne l'arsenal nucléaire russe, la résilience militaire montrée en Ukraine et confirme un recentrage américain, avec davantage de responsabilités confiées à l'Europe.
Dans sa stratégie de sécurité nationale mise à jour, le Pentagone a exclu la Russie de la liste des principales menaces pour les États-Unis. Le document continue toutefois de décrire Moscou comme une « menace permanente », mais jugée « maîtrisable pour les membres orientaux de l'OTAN ».
Dans ce cadre, le ministère américain de la Défense rappelle que la Russie dispose du plus grand arsenal nucléaire au monde. Il souligne néanmoins que les alliés de l'OTAN la surpassent en matière de « potentiel militaire latent ».
Le document relève par ailleurs que le conflit en Ukraine a mis en évidence la capacité de la Russie à mobiliser d'importantes réserves de puissance militaire et industrielle. C'est dans ce contexte que le Pentagone affirme vouloir garantir un niveau de préparation suffisant des forces américaines afin d'assurer la défense du territoire des États-Unis face aux « menaces » attribuées à la Russie. Washington insiste également sur la poursuite de son rôle essentiel au sein de l'OTAN, malgré un ajustement de son positionnement militaire sur le théâtre européen.
Cette approche s'inscrit dans la mise à jour de la stratégie de sécurité nationale publiée en décembre, la première depuis le début du second mandat présidentiel de Donald Trump. À Moscou, ce document a été perçu comme une évolution positive, la Russie n'y étant plus qualifiée d'« ennemi » des États-Unis, contrairement aux versions antérieures.
Donald Trump a toutefois rejeté l'idée que cette révision puisse être interprétée comme favorable à la Russie. Il a réaffirmé sa volonté de voir l'Europe devenir plus forte et assumer davantage de responsabilités.
La responsabilité du règlement du conflit en Ukraine incombe aux Européens
La nouvelle stratégie précise que la responsabilité du règlement du conflit en Ukraine doit, dans une plus large mesure, incomber aux Européens. Dans le même temps, Washington redéfinit ses priorités stratégiques autour des menaces liées aux migrations et au trafic de drogues dans l'hémisphère occidental, de la protection directe du territoire américain et de la dissuasion de la Chine.
À cet égard, le ton adopté vis-à-vis de Pékin apparaît plus mesuré que par le passé, note Bloomberg. Le document privilégie une politique de dissuasion fondée sur la force plutôt que sur la confrontation.
La stratégie prévoit en outre un rôle plus limité des États-Unis dans la dissuasion de la Corée du Nord, la responsabilité principale étant transférée à la Corée du Sud. Selon Reuters, cette orientation pourrait conduire à une réduction du contingent américain actuellement déployé sur la péninsule coréenne, qui compte environ 28 500 soldats.
Le document évoque également le Groenland, présenté comme une zone clé à laquelle l'armée américaine doit disposer d'un accès garanti. Concernant l'Iran, Washington réaffirme qu'il ne permettra pas à Téhéran de se doter de l'arme nucléaire.