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Les forces syriennes dans la ville de Raqqa, dans l'est de la Syrie.
La trêve en Syrie a été prolongée pour permettre le transfert de détenus de l'EI vers l'Irak, sous médiation internationale. Si les combats ont cessé, l'avenir politique et sécuritaire des Kurdes syriens reste totalement incertain. À Kobané et Qamishli, la pénurie de carburant et la crise humanitaire nourrissent une inquiétude croissante.
La prolongation de la trêve en Syrie, annoncée dans la soirée du 24 janvier par le ministère de la Défense, vise officiellement à faciliter l'opération américaine de transfert vers l'Irak de milliers de détenus de l'organisation État islamique, jusque-là gardés dans des prisons contrôlées par les Forces démocratiques syriennes (FDS).
Entrée en vigueur à 23h, cette extension du cessez-le-feu a été obtenue grâce à une médiation internationale, selon les FDS, qui affirment vouloir respecter l'accord afin de favoriser la désescalade et la protection des civils, tout en maintenant le dialogue avec Damas.
Une simple pause ?
Depuis le cessez-le-feu décrété le 20 janvier, les combats ont globalement cessé, après le retrait progressif des forces kurdes de larges territoires au profit de l'armée syrienne. Dans le même temps, Damas a renforcé sa présence militaire autour de bastions kurdes stratégiques du Nord-Est. Ces évolutions ont conduit Washington à accélérer ses plans, avec le transfert envisagé de 7 000 suspects de l'EI vers des installations sécurisées en Irak, par crainte d'un effondrement du système de détention.
Mais sur le terrain, cette trêve prolongée laisse un goût amer. À Qamishli comme à Kobané, habitants arabes et kurdes expriment la même inquiétude : 15 jours supplémentaires ne suffiront pas à régler les questions de fond. Les autorités kurdes espéraient obtenir un délai plus long pour relancer des négociations bloquées depuis des mois, notamment sur l'intégration des FDS au sein de l'armée syrienne et le maintien d'une autonomie administrative dans les régions à majorité kurde.
La situation humanitaire, elle, continue de se dégrader. Kobané, pratiquement encerclée, subit un manque aigu de carburant et d'électricité en plein hiver. Des déplacés s'entassent dans des écoles, des mosquées ou parfois même dans leurs voitures, faute de solutions d'hébergement. Les hôpitaux, les boulangeries et les services essentiels fonctionnent grâce à des générateurs menacés de tomber à l'arrêt. Derrière le silence des armes, la trêve ressemble ainsi davantage à un sursis précaire qu'à une véritable sortie de crise.