26/01/2026 investigaction.net  7min #302901

Marco Rubio : l'opportuniste devenu central dans l'impérialisme américain

Favio Figueroa

AFP

Marco Antonio Rubio, aujourd'hui Secrétaire d'État des États‑Unis, incarne à lui seul toutes les contradictions d'une politique américaine agressive et autoréférentielle.

Après avoir bâti une carrière sur des récits manipulés, il a défendu des polices dures contre les migrants (ICE) tout en fermant les yeux sur ses propres liens familiaux troublants, et aujourd'hui a organisé le kidnapping du Président Maduro et de son épouse Célia Flores, action militaire extrajudiciaire contre le gouvernement souverain de Venezuela.

Mensonges et manipulations politiques de ses origines

Rubio se présente depuis des décennies comme l'archétype du fils d'immigrants fuyant le communisme castriste : une figure bâtie de toutes pièces pour séduire le puissant électorat cubano‑américain de Floride. Or, ses propres parents ont quitté Cuba en mai 1956 pendant la dictature sanglante de Batista, avant la révolution de 1959, comme le montrent des archives historiques. Il n'y avait alors aucune "fuite du communisme" à raconter - mais Rubio a façonné un récit déformé pour gagner des voix.

Dans les riches milieux conservateurs, il vaut mieux se faire passer pour le fils d'une riche famille qui a dû fuir le communisme que pour le fils d'immigrés économiques fuyant la misère d'une dictature d'Amérique Latine.

Cette instrumentalisation de l'identité familiale dès le départ laisse entrevoir une tactique politique fondée plus sur l'opportunisme que sur la vérité.

Les liens familiaux avec le narcotrafic et l'hypocrisie affichée

La carrière de Rubio est profondément marquée par une autre affaire : en 1985, il a vécu dans une maison à West Kendall (Floride) avec son beau‑frère, Orlando Cicilia, qui dirigeait un important trafic de cocaïne lié aux « Cocaine Cowboys », l'un des réseaux les plus puissants de l'ère du narcotrafic à Miami. Alors qu'il n'a jamais admis publiquement avoir su l'étendue des activités criminelles, Rubio a plus tard, en 2002, rédigé une lettre de recommandation pour aider Cicilia à obtenir une licence professionnelle après sa libération de prison, omettant complètement de préciser leur lien familial.

Comment concilier cette proximité avec un trafiquant des drogues condamné et une posture publique de "chasse aux cartels" ?

Immigration : rejet de ses propres racines

Rubio s'est fait élire en partie en promettant une politique d'immigration équilibrée. Il a même soutenu, à un moment, des réformes plus larges. Hypocrisie à nouveau, dès qu'il en a eu l'occasion, il a durci ses positions, soutenant des mesures répressives, favorisant les expulsions, les suspensions de visa et la coopération de l'agence ICE (32 morts en 2025) faisant de l'immigration un thème de confrontation plutôt qu'une question humaine.

Ainsi, l'enfant des migrants pauvres s'est mué en promoteur d'une ligne répressive, contre ceux qui cherchent une vie meilleure, reflétant une rupture profonde entre l'expérience personnelle et la politique raciste qu'il défend aujourd'hui.

Du "narco‑terrorisme" à l'agression internationale

En tant que Secrétaire d'État sous l'administration Trump, Rubio a été l'un des principaux artisans d'une politique étrangère agressive en Amérique latine, ciblant notamment le Venezuela. Il a souvent présenté Caracas comme un « narco‑État » menaçant la sécurité des États‑Unis, une rhétorique utilisée pour justifier des pressions économiques, politiques et, finalement, militaires. Il a manipulé les chiffres et la réalité pour tenter de faire croire que la drogue - véritable fléau aux États-Unis - viendrait du Venezuela, alors que le Venezuela n'est absolument pas un pays producteur de drogue.

Cette accumulation de provocations a culminé le 3 janvier 2026, lorsque les forces armées américaines ont lancé l'opération "Absolute Resolve", l'attaque aérienne et héliportée sur Caracas visant à kidnapper le président vénézuélien Nicolás Maduro et son épouse Cilia Flores pour les détenir illégalement aux États‑Unis, où ils doivent faire face à de fausses accusations de trafic de drogue.

Les autorités américaines - Marco Rubio en tant que porte-parole - ont présenté cette opération comme une démarche judiciaire, alors que c'était manifestement une opération militaire de grande ampleur, violant la souveraineté vénézuélienne et le droit international.

Bombardements dans les Caraïbes et pertes humaines

Dans les mois qui ont précédé l'assaut sur Caracas, les États‑Unis ont mené une série d'attaques armées contre des embarcations dans les Caraïbes prétendument impliquées dans le trafic de drogue. Le gouvernement américain a affirmé que ces actions étaient « nécessaires » pour protéger la sécurité nationale contre le « narcoterrorisme », mais ces affirmations n'ont jamais été étayées par aucune preuve.

Dans ces attaques, au moins 115 personnes ont été tuées, selon des déclarations de l'administration Washington.

Le raid de Caracas : des centaines de morts et la résistance héroïque de combattants cubains

L'assaut pour capturer Maduro ne s'est pas fait sans violence et pertes humaines. Les autorités vénézuéliennes ont rapporté que l'opération a causé la mort d'environ 100 personnes, dont des membres des forces armées vénézuéliennes, des civils et des agents de sécurité cubains présents sur place.

Le gouvernement de Cuba a officiellement confirmé que 32 de ses citoyens, des militaires et agents de sécurité déployés au Venezuela, ont été tués lors de l'opération américaine, tombés dans "une résistance farouche face aux attaquants".

Le président cubain Dias Canel a souligné l'héroïsme de ces combattants, rappelant qu'un officier cubain avait touché un hélicoptère de l'armée américaine même après avoir été grièvement blessé, symbolisant le courage de ceux qui ont choisi de défendre Caracas jusqu'à la mort.

Actuellement, le président du Venezuela, Nicolás Maduro, est détenu au Metropolitan Detention Center de Brooklyn, la même prison où est enfermé Luigi Magione, le jeune étatsunien accusé du meurtre de Brian Thompson, PDG d'UnitedHealthcare qui avait refusé le remboursement des soins de santé de sa mère.

Le plan de carrière de Marco Rubio

Marco Rubio continue à menacer et à promouvoir une politique dure contre l'Amérique latine. Il promet que Cuba va bientôt tomber. Il menace le Mexique, le Nicaragua et la Colombie qu'il qualifie aussi de narco-État et il promet des opérations terrestres pour attraper et envahir les différents pays qu'il accuse faussement de faire partie des cartels de la drogue.

Marco Rubio est le fruit d'une politique impérialiste. Il n'est ni le premier ni le dernier de la liste de ceux qui par intérêt personnel trahissent leur pays et leurs origines. On peut citer  Zalmay Khalilzad diplomate américain d'origine afghane et son rôle majeur dans l'invasion de l'Afghanistan et plus récemment de Corina Machado qui demande à Trump d'envahir son propre pays et lui offre son prix Nobel ou encore Mohammad Reza Pahlavi fils du Shah déchu d'Iran qui invite lui aussi à l'invasion de son pays d'origine dont il rêve de redevenir monarque absolu.

Marco Rubio lui se voit devenir président du Cuba. Dans l'esprit trumpiste, le président d'un État-colonie du Sud n'a pas à être choisi par son peuple, mais doit être parachuté depuis Washington.

Spoiler alert : les peuples du Sud global ne sont pas dupes. Personne ne veut d'invasion ni de marionnettes, personne n'acceptera ni Marco Rubio, ni Corina Machado ni le fils du Shah.

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