26/01/2026 legrandsoir.info  8min #302957

Les loups crient au loup (Canada, Danemark, etc...)

Indrajit Samarajiva

Des personnalités comme le Canadien Mark Carney crient au scandale à propos de la disparition de « l'ordre international fondé sur des règles », maintenant, à cause du foutu Groenland, et non à cause du génocide palestinien qu'il a allègrement financé et soutenu, ou des nombreuses atrocités auxquelles le Canada a pris part, y compris au Canada. Les Blancs aiment vraiment commettre des crimes et se féliciter de leurs aveux. J'espère que l'Amérique annexera le Canada. Ça les guérira de leur illusion d'être les « gentils » du colonialisme. Je dis cela en tant que détenteur d'un passeport canadien.

Son « discours du siècle » ne vaut pas la poussière sous les sandales du combattent palestinien. Sa « résistance » ne vaut pas une goutte de sueur de la vraie résistance que le Canada continue de condamner comme terroriste. Le Canada est toujours du côté des États-Unis dans toutes les guerres impérialistes ; ils ne sont jamais de notre côté. N'oubliez pas que le Canada est un membre encarté de l'Empire Blanc et que s'il se plaint aujourd'hui, c'est parce que ses privilèges de Blanc sont menacés. N'oubliez pas non plus que Carney a aussi été gouverneur de la Banque d'Angleterre [et banquier chez Goldman-Sachs] ; il illustre de manière flagrante à la fois en quoi le Canada n'est pas un vrai pays et à quel point l'Empire Blanc ne fait qu'un.

Il ne se lamente pas sur les atteintes portées aux droits de l'Homme mais à ses privilèges de Blanc. Le privilège d'envahir d'autres peuples et de s'emparer de leurs foyers. Même en plein milieu de ce discours, Carney parle avec fierté des fonds versés à la dictature corrompue d'Ukraine dans le seul but de faire avancer les intérêts états-uniens. Il n'a aucun vrai principe et ne couine que parce que les États-Unis lorgnent vers son pays. Carney reste un caniche de l'empire qui remue la queue fièrement alors que le molosse lui chie dessus. Carney n'est qu'un autre de ces vandales de l'histoire qui tente désespérément de se refaire une virginité alors que l'Empire Blanc se retourne contre lui. Ainsi qu'Aimé Césaire l'a dit :

« Ce qu'il ne pardonne pas à [Trump], ce n'est pas le crime en soi, le crime contre l'homme, ce n'est pas l'humiliation de l'homme en soi, c'est le crime contre l'homme blanc, c'est l'humiliation de l'homme blanc, et d'avoir appliqué à l'Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu'ici que les Arabes d'Algérie, les coolies de l'Inde et les nègres d'Afrique. Et c'est là le grand reproche que j'adresse au pseudo-humanisme... »

Franchement, c'est marrant de voir ces colonisateurs courir aux abris en découvrant qu'ils ne sont que des « Euro-péons » et le cinquante-et-unième état pour les Américains. La «  Coalition des Volontaires » est déconcertée de constater que le pays avec lequel elle en a envahi tant d'autres puisse se retourner contre ses alliés et les envahir à leur tour. Rappelez-vous que les colonisateurs mentent toujours et se dissimulent derrière des abstractions. Il n'y a pas de grand principe à l'oeuvre ici, juste la banalité de leur racisme.

D'où le fait que Carney propose l'idée d' un mouvement non-aligné pour Blancs uniquement, comme s'il venait d'inventer le concept de puissance moyenne, alors qu'il pouvait très bien rejoindre les peuples de couleur. Mais non. Le Canada continue de soutenir la guerre contre la Russie, continue d'exploiter les ressources minières d'Afrique, continue de défendre la secte apocalyptique appelée Israël. Le Canada n'a aucun problème avec le suprémacisme blanc tant que ça lui profite. C'est le seul principe à l'oeuvre ici. Ils ne l'ouvrent que quand ça menace leur capital. Comme Césaire le dit en poursuivant :

« Et c'est là le grand reproche que j'adresse au pseudo-humanisme : d'avoir trop longtemps rapetissé les droits de l'homme, d'en avoir eu, d'en avoir encore une conception étroite et parcellaire, partielle et partiale et, tout compte fait, sordidement raciste. »

Carney n'est qu'un mec blanc de plus en pleine crise d'angoisse, levant ses mains dégoulinantes de sang au ciel et débitant des foutaises. Comme Césaire le dit encore (honnêtement, lisez le Discours sur le colonialisme) :

« Avant d'en être les victimes, [ils] en ont été les complices, que ce nazisme-là, [ils] « l'ont supporté avant de le subir ; » [ils] l'ont absous, [ils] ont fermé l'oeil là-dessus, [ils] l'ont légitimé, parce que jusque là ; il ne s'était appliqué que sur des peuples non-européens. »

Mais le Royaume du Danemark fait encore pire en s'enfonçant encore plus profondément dans l'ignominie. Leur ambassadeur aux EU, Jesper Moller Sorensen,  a aussi pieusement que pathétiquement déclaré sur X : « Le Royaume du Danemark s'est toujours tenu aux côtés des États-Unis. Après le 11-Septembre, le Danemark a répondu présent. Nous avons perdu plus de soldats en Afghanistan par habitant que n'importe quel autre allié de l'OTAN. »

Il est sérieusement en train de dire : « On vous a aidé à occuper des pays non-européens, alors pourquoi voulez-vous nous faire la même chose ? » Leur ambassadeur se remémore avec tendresse les opérations meurtrières qu'ils ont menées ensemble en Afghanistan en se demandant ce qu'il était advenu de la bromance. Ces gens ne pleurent pas la disparition de « l'ordre international fondé sur les règles », ils se désolent que les nouvelles s'appliquent à eux. Qu'ils puissent être envahis parce qu'ils sont faibles, et ce malgré leur peau blanche. Les Européens prennent conscience qu'ils sont l'arrière-train de l'empire que l'on peut allègrement botter.

Ces colonisateurs sans avenir croyaient vraiment qu'ils étaient des loups et pas des moutons trempés dans le sang. Mais en vérité, l'Europe a toujours été pour les EU un endroit où blanchir l'argent et vendre des armes. Le Danemark est tombé en six heures lors de la Seconde Guerre Mondiale et le Canada court partout où les bannières impériales l'appellent. Ce ne sont pas de vrais pays, indépendants, souverains. Ce sont des pays occupés par les EU depuis 1945 qui ne peuvent que prendre part à d'autres guerres, comme un enfant assis à l'arrière d'une voiture jouant avec un volant en plastique à écraser des musulmans. Aujourd'hui, ils sont perdus parce que « Papa leur crie dessus » alors qu'ils s'amusaient tellement ensemble à rouler sur les piétons. Comme l'a ridiculement déclaré le Secrétaire général de l'OTAN Mark Rutte : « Papa doit parfois avoir des mots durs. »

Soyons historiquement clairs : l'Empire Blanc n'est et n'a jamais été qu'indivisible. Les Européens se sont toujours distribué nos terres pour les violer et se sont battus entre eux pour cela. Le Nord pille le Sud depuis la première colonisation avec une puissance inépuisable (1). Ce que nous avons devant les yeux maintenant n'est que l'un de ces épisodes belliqueux au sein même de l'Empire Blanc et pour ma part, je m'en réjouis. tant qu'ils se battent entre eux, ils nous laissent tranquilles.

Et soyons historiquement précis : les États-Unis cannibalisent le Grand Empire Blanc parce qu'ils ont perdu le monde. Le grand jeu, c'est l'Asie et l'Amérique s'en retire la queue basse. Ils perdent une guerre terrestre contre la Russie, ont perdu une guerre navale contre le Yémen, le contrôle aérien en Iran et la guerre commerciale contre la Chine. Ces défaites successives à l'extérieur exigent quelques victoires à domicile. C'est pourquoi ils se replient sur les Amériques et plantent leurs crocs dans le postérieur de l'Europe.

Les États-unis sont comme un gars qui parce qu'il est incapable gagner une bagarre au bistrot rentre chez lui battre sa femme. Pas étonnant que Macron porte des lunettes de soleil. Comme ils ne peuvent gagner aucune guerre lointaine, ils se bouffent entre eux. Jetez un oeil  aux textos grotesques que le président français a envoyés à Trump évoquant la larme à l'oeil le bon vieux temps où ils tuaient des Arabes côte à côte.

C'est pour cela que je n'ai absolument aucune louange à faire à ces loups qui crient au loup. Ce sont toujours des colonisateurs pur jus. Prenez le veule Carney qu'on salue pour avoir dit que le roi était nu alors qu'il lui a si longtemps prodigué ses petites gâteries buccales. Son discours commence avec l'anti-communisme de rigueur, agissant comme si « Travailleurs du monde, unissez-vous ! » et « America First » étaient deux slogans tout aussi mauvais à afficher à sa fenêtre. Toujours est-il que si la chute de l'URSS a été une tragédie, celle des États-Unis est une farce. Et il est tout à fait naturel que ceux-ci se jettent sur leurs anciens alliés.

Pour paraphraser Malcom X, les poules qui rentrent au perchoir ne me rendent jamais triste, au contraire, je m'en réjouis. Alors entendez ces loups qui crient au loup et ignorez-les. Mort au Canada, au Royaume de Danemark, à la France et à tous ces colonisateurs, et longue vie à la vraie résistance. Ces crocodiles qui pleurnichent parce qu'ils deviennent des sacs à main ne valent pas l'ourlet sur le linceul de Sinwar.

Indrajit Samarajiva

(Traduit avec la permission de l'auteur)

(1) Dans la version originale, l'auteur parle de « peuples pauvres en soleil » (l'Occident) qui volent l'énergie des peuples baignés de soleil (le Sud). Il fait référence à  un autre de ses articles dans lequel il explique la colonisation par le soleil.

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