27/01/2026 francais.rt.com  3min #303040

 Réouverture du point de passage de Rafah : seulement après la récupération du corps du soldat israélien, dit Netanyahou

Israël identifie le corps du dernier otage et prépare une réouverture limitée de Rafah

© Getty Images

Point de passage de Rafah. [Photo d'illustration]

Conditionnée à la restitution du dernier otage israélien détenu à Gaza, la réouverture partielle du poste de Rafah reste très encadrée et insuffisante face à l'urgence humanitaire. Cette approche renforce les critiques sur l'usage politique par Israël de l'accès à l'aide et aux frontières.

Israël a annoncé la réouverture limitée du poste-frontière de Rafah, principal point de passage entre la bande de Gaza et l'Égypte, après avoir confirmé l'identification du corps de Ran Gvili, présenté comme le dernier otage israélien détenu à Gaza. Cette séquence, étroitement liée aux exigences posées par Tel Aviv dans le cadre du cessez-le-feu, illustre une nouvelle fois la logique de conditionnalité imposée par Israël, y compris sur des questions humanitaires majeures.

La restitution du corps de Ran Gvili, policier tué lors des attaques du 7 octobre 2023, a été présentée par les autorités israéliennes comme une étape décisive. Le gouvernement affirme désormais avoir « réglé » la question des otages, ce qui lui permet d'enclencher, à son rythme, certaines dispositions de l'accord de trêve. Mais pour de nombreuses ONG et acteurs humanitaires, cette avancée met en lumière un déséquilibre persistant : l'accès à l'aide et la circulation des civils gazaouis restent subordonnés à des impératifs israéliens.

Instrumentalisation israélienne de l'aide humanitaire

La réouverture de Rafah ne concernera, dans un premier temps, que des passages piétons limités et étroitement contrôlés. Aucun calendrier clair n'a été annoncé pour un fonctionnement normal du point de passage, pourtant vital pour une population de plus de deux millions de personnes soumises depuis des mois à un blocus sévère. Israël conserve par ailleurs un droit de regard sur les listes de personnes autorisées à franchir la frontière, suscitant de vives critiques sur l'instrumentalisation de l'aide humanitaire.

Dans ce contexte, Tel Aviv affirme « respecter » ses engagements internationaux, tout en maintenant une pression maximale sur Gaza. Pour ses détracteurs, cette stratégie revient à transformer chaque geste humanitaire en levier politique, au détriment des civils palestiniens. Alors que le cessez-le-feu reste fragile, la réouverture partielle de Rafah apparaît moins comme un tournant que comme une concession minimale, loin de répondre à l'ampleur de la catastrophe humanitaire dans l'enclave.

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