28/01/2026 ssofidelis.substack.com  7min #303131

 Usa : nouvel assassinat à Minneapolis, par la police de Trump

Une exécution très américaine

Par  Nate Bear, le 27 janvier 2026

L'exécution d'Alex Pretti, abattu de dix balles par un agent de la police des frontières alors qu'il était à genoux à Minneapolis, survient quelques semaines seulement après le meurtre de Renee Good par un agent de l'ICE dans la même ville, et  un jour seulement après l'exécution sommaire de eux hommes par les forces de sécurité américaines dans le Pacifique Est.

Ces exécutions en mer s'inscrivent dans un contexte de plusieurs mois d'exécutions illégales de dizaines de personnes privées de leurs droits et de tout procès par les forces de sécurité du gouvernement américain.

Ces exécutions en mer viennent s'ajouter à la flambée de violence sur terre et  des multiples exécutions de nombreux Vénézuéliens par les commandos américains venus kidnapper le président vénézuélien, Nicolàs Maduro.

Ces exécutions toutes fraîches perpétrées par le gouvernement américain font suite aux  massacres de Palestiniens par des mercenaires américains dans des pseudo-sites d'aide humanitaire à Gaza, une dizaine d'années après d'autres  exécution de civils en Irak et en Afghanistan.

Ces exécutions d'Irakiens et d'Afghans innocents suivent l'exécution de milliers de civils vietnamiens il y a trois décennies, après celles commises en Corée moins d'une décennie auparavant, et deux siècles après le massacre de milliers d'Amérindiens sur le sol américain.

Leurs auteurs, des Américains d'origine relativement récente, ont commis ces exactions après d'autres massacres de masse d'Amérindiens perpétrés par des colonisateurs européens.

Et, entre ces massacres, on dénombre quantité d'autres exécutions de civils, de journalistes et d'hommes politiques, opérées par les agents de sécurité du régime américain, notamment l' exécution massive, en 1970, d'étudiants manifestants à l'université Kent State.

L'exécution d'Alex Pretti, aussi choquante, lâche et barbare soit-elle, n'est que la dernière d'une très longue liste de meurtres extrajudiciaires commis par les serviteurs du régime américain.

La violence est inscrite dans l'ADN des États-Unis.

Après le meurtre d'Alex Pretti, le concept du "boomerang impérial" a beaucoup circulé sur les réseaux sociaux. Selon cette théorie, les agissements des États-Unis dans le monde finiraient par se retourner contre eux.

Mais en réalité, ce boomerang est un mythe.

La violence américaine décrit un cercle parfait, en un flot de sang ininterrompu et éternel.

Les habitants de Falloujah ou de la province de Helmand ne seraient pas surpris par les exécutions de Minneapolis, écrit Chris Hedges. Elles choqueraient peu les Vénézuéliens, les Palestiniens, les Cubains, les Vietnamiens, les Cheyennes, les Arapahos et les Sioux. Elles ne surprendraient pas non plus les habitants de Minneapolis, où les forces américaines ont assassiné de nombreuses personnes ces dernières années, entre autres George Floyd en 2020.

Ces meurtres choquent parce qu'ils ont été filmés ou enregistrés.

Mais tant d'autres sont passés sous silence.

Les États-Unis comptent l'un des  taux les plus élevés  de meurtres commis par la police et de morts en détention de tous les pays du monde. Les propres chiffres du gouvernement font état de plusieurs centaines de décès, mais  d'après des enquêtes indépendantes, ces chiffres sont sous-estimés, car les statistiques seraient manipulées pour dissimuler l'ampleur des meurtres commis par les fonctionnaires de police.

Pour chaque George Floyd ou Alex Pretti filmé, des centaines de personnes sont assassinées dans les sombres recoins de l'État carcéral américain qui compte le plus grand taux d'incarcération au monde par habitant. Un État qui emprisonne les gens pour le profit, et met en œuvre un système canalisant  la main-d'oeuvre carcérale au profit d'entreprises capitalistes américaines.

Et pour chaque vidéo diffusée d'un crime de guerre américain, pour chaque exécution documentée dans d'autres pays, des millions de personnes meurent dans l'ombre, leurs vies réduites à de simples dommages collatéraux du projet impérialiste, conséquence barbare de l'hégémonie américaine.

Voilà pourquoi les propos de Barack Obama à la mort d'Alex Pretti sont aussi risibles qu'hypocrites, reflet de la malhonnêteté caractéristique du plus grand charlatan politique de notre temps.

Selon Obama, les "valeurs fondamentales" des États-Unis seraient attaquées de toutes parts.

Mais quand les bases structurelles d'un pays sont édifiées sur le sang, les tripes et les trésors volés, les "valeurs fondamentales" ne relèvent que du mythe et du conte de fées.

L'exécution extrajudiciaire EST une pratique fondamentalement américaine. Les meurtres de Pretti et Good ne sont pas des exceptions, comme le prétendent de (trop) nombreuses personnes, mais une pratique américaine endémique.

On note au passage que la timide condamnation d'Obama ne l'empêche pas de flatter l'empire, affirmant que ces agents de l'immigration accomplissent une tâche éprouvante. Après tout, terroriser les plus faibles de la société, assassiner des gens de sang-froid, en toute impunité et avec le soutien total de l'État, n'est pas un job de tout repos.

Il aurait été peu probable qu'Obama se montre trop sévère avec le monstre qu'il a contribué à créer.

C'est à Obama que nous devons l'ICE, dont il a supervisé les débuts, avant d' augmenter son budget de 300 %. C'est sous son administration que l'ICE a mis en place un réseau national de camps de détention et étendu le programme "Secure Communities" de 14 comtés  à l'ensemble des 3 181 juridictions légales des États-Unis.

C'est également sous Obama que Thomas Homan, aujourd'hui tsar des frontières de Trump, a débuté sa carrière à l'ICE.

C'est Obama qui a  décerné à Homan la plus haute distinction de la fonction publique américaine pour ses "résultats extraordinaires", notamment  un nombre record d'expulsions.

C'est Obama qui a développé et officialisé l'ICE, fournissant à Trump toute la panoplie requise pour instaurer une milice terroriste nationale.

C'est sous Obama que les programmes spéciaux du Pentagone facilitant le transfert d'armes militaires aux forces de sécurité intérieure se sont massivement développés, passant d'environ 80 millions de dollars d'équipement en 2007 à près d' un demi-milliard de dollars en 2015.

D'où la fraude, le déni et les mensonges des réactions aux événements de Minneapolis rejetant l'entière responsabilité sur Trump.

Les meurtres de Renee Good et Alex Pretti relèvent directement de la responsabilité d'Obama et de la stratégie de terreur intérieure qu'il a contribué à instaurer.

Les meurtres de Renee Good et Alex Pretti s'associent au Venezuela, à la Palestine, à l'Irak, à l'Afghanistan, au Vietnam, à toutes les agressions impérialistes des soixante-dix dernières années.

Ces meurtres ont été perpétrés par un État militaro-sécuritaire qui engloutit plus d'un billion de dollars chaque année dans des armes de destruction massive, et dont les forces armées et de sécurité nationale sont désormais indifférenciées.

Ces meurtres font écho aux plaines du Colorado, aux centaines de femmes et d'enfants cheyennes et arapahos massacrés à Sand Creek, la tuerie des Sioux lakota à Wounded Knee, le massacre des Shoshones et des femmes et enfants à Bear River.

L'Amérique ne connaît que la violence.

Née dans la violence, elle en est imprégnée, elle s'en repaît et s'en nourrit.

Pretti n'est que sa dernière victime en date.

Et tant que les États-Unis ne se libéreront pas de leur oligarchie bipartite, tant que l'empire et l'impérialisme demeureront leurs valeurs fondamentales, les victimes continueront de tomber.

Car la violence américaine et l'État militaro-sécuritaire qu'elle engendre s'inscrivent dans un projet politique commun.

Traduit par  Spirit of Free Speech

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