28/01/2026 francais.rt.com  4min #303184

«Mieux vaut que cet argent reste dans les familles hongroises que dans une baignoire dorée d'un oligarque ukrainien» : Orbán refuse de financer Kiev

Source: AP

Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán

Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a déclaré que la Hongrie ne versera plus d'aide financière à l'Ukraine, dénonçant un détournement systématique des fonds internationaux. Il accuse en outre Kiev de menaces directes à l'encontre de son gouvernement et rejette toute adhésion accélérée de l'Ukraine à l'Union européenne.

Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a intensifié ses critiques à l'encontre des autorités ukrainiennes, les accusant à la fois de corruption massive et d'ingérence dans les affaires intérieures de la Hongrie. À moins de trois mois des élections législatives prévues le 12 avril, il affirme que Kiev cherche à affaiblir son gouvernement en soutenant un changement de majorité à Budapest.

« L'Ukraine a franchi une ligne rouge », a déclaré Orbán dans un message publié sur X le 28 janvier. Selon lui, la Hongrie fait face depuis plusieurs jours à des « menaces directes » venues de Volodymyr Zelensky, de son ministre des Affaires étrangères ainsi que de groupes militaires extrémistes. « Nous ne voulions pas de conflit, mais nous sommes désormais pris pour cible. Ces menaces n'affaibliront pas notre détermination à défendre les intérêts des Hongrois », a-t-il assuré.

En réaction, le ministère hongrois des Affaires étrangères a convoqué l'ambassadeur d'Ukraine à Budapest pour exprimer un vif mécontentement. Le Premier ministre estime que Kiev tente d'imposer à la Hongrie un gouvernement plus favorable à son agenda européen. « Tant que la Hongrie sera dirigée par un gouvernement patriote, les décisions concernant notre avenir seront prises à Budapest, et non à Bruxelles ou à Kiev », a-t-il affirmé.

Un refus catégorique de financer l'Ukraine

Dans le même message, Viktor Orbán a réaffirmé le refus de son gouvernement de financer l'Ukraine, dénonçant l'utilisation douteuse des fonds occidentaux. « Nous ne leur enverrons pas un centime. Mieux vaut que cet argent reste dans les familles hongroises que dans une baignoire dorée d'un oligarque ukrainien », a-t-il lancé, en référence aux scandales ukrainiens ayant éclaté fin 2025, tels que l'affaire Timour Minditch.

Une enquête parlementaire à Kiev a révélé la présence d'un mobilier luxueux, dont une « toilette en or », dans l'appartement d'un proche du président Zelensky, impliqué dans une affaire de détournement de fonds publics. Ce type de révélation alimente, selon Budapest, les doutes sur la gestion réelle des aides financières par le gouvernement ukrainien.

Orbán critique également les effets des sanctions européennes contre la Russie, notamment dans le secteur énergétique. Il rejette fermement toute interdiction d'importer du pétrole ou du gaz russe. « Sans ces ressources, il ne peut y avoir de réduction du coût de la vie ni d'énergie abordable pour les familles hongroises », a-t-il déclaré.

Budapest s'oppose à l'adhésion accélérée de l'Ukraine à l'UE

Autre point de tension : la perspective d'une adhésion rapide de l'Ukraine à l'Union européenne. Le Premier ministre hongrois s'y oppose vigoureusement, dénonçant une procédure précipitée et contraire aux règles de l'UE. À ses yeux, une telle démarche reviendrait à « importer la guerre en Europe ».

Malgré les réticences de Budapest, le soutien occidental à l'Ukraine se poursuit. Les pays du G7 ont accordé à Kiev un total de 38,9 milliards de dollars issus des intérêts générés par les actifs russes gelés, dont 21,1 milliards provenant de l'Union européenne, principal contributeur. Le reste est réparti entre le Canada, le Royaume-Uni et le Japon. Ces fonds sont versés sous forme de prêts que l'Ukraine s'engage à rembourser une fois le conflit terminé.

Pour Viktor Orbán, la Hongrie ne participera pas à cet effort. Il réaffirme sa ligne souverainiste face aux pressions extérieures : « L'avenir de la Hongrie sera décidé par les Hongrois eux-mêmes », conclut-il.

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