30/01/2026 francais.rt.com  4min #303370

Mélenchon appelle à remettre en route Nord Stream et à «ramener la Russie dans le concert européen»

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Jean-Luc Mélenchon, fondateur de La France insoumise, à Paris le 30 juin 2024. [Photo d'illustration]

Lors d'une intervention de plus d'une heure et demie le 28 janvier, Jean-Luc Mélenchon a plaidé pour que la Russie retrouve sa place «dans le concert européen» et que le gazoduc Nord Stream soit remis en fonctionnement, notamment afin d'éviter une dépendance vis-à-vis des hydrocarbures nord-américains.

« Nous n'acceptons pas l'idée que la Russie soit expulsée de l'Europe »,  a déclaré Jean-Luc Mélenchon le 28 janvier, à l'occasion d'une conférence de presse de plus d'une heure et demie sur la nouvelle donne internationale. « Nous pensons que nous sommes partisans de l'Europe de l'Atlantique à l'Oural et, par conséquent, notre tâche politique serait de réintégrer la Russie dans le concert européen », a-t-il poursuivi.

« Évidemment, on ne peut réintégrer rien du tout si la guerre d'Ukraine ne finit pas », a ajouté le fondateur de La France insoumise (LFI), après avoir évoqué des « garanties mutuelles que nous demandons » afin de mettre un terme au conflit. « Nous, les Français, nous avons une règle : les populations votent ! Vous ne vous partagez pas les gens sans leur demander leur avis », a-t-il insisté, évoquant un « point cardinal ». « On doit voter dans le Donbass, on doit voter dans la zone sud de l'Ukraine pour que l'on sache ce que veulent les populations », a-t-il insisté, semblant ignorer que ce fut le cas  dès l'automne 2022 à l'occasion de référendums dont les résultats furent rejetés par les Occidentaux, alliés de Kiev.

Parmi les « garanties » avancées par Mélenchon figurent le déminage de la mer Noire, la protection des centrales nucléaires et la relance d'un « débat » autour des missiles de moyenne portée, renvoyant à la crise des euromissiles des années 80. Une problématique qui, selon le leader insoumis, Emmanuel Macron aurait « enfin compris de quoi on parle » et serait d'accord pour la « remettre sur la table ».

« Donc cela veut dire que plus personne n'a de missile sur son territoire qui porte à 1 500 kilomètres, ni les uns, ni les autres, et donc on peut espérer avoir un espace de paix », a poursuivi Jean-Luc Mélenchon, avant d'ajouter : « Ce qui veut dire qu'on désarme les stations antimissiles qui ont été installées en Pologne et qui menacent directement 75 % des installations de défense de la Russie. »

Les saboteurs de Nord Stream doivent être « chopés et punis »

« Ramener la Russie dans le concert européen, c'est utile aussi parce qu'on ne voit pas pour quelle raison on déciderait qu'ils ne seraient amis qu'avec les Chinois. Ils pourraient aussi être amis avec nous », a également plaidé Jean-Luc Mélenchon, alors que la Russie a, depuis l'éclatement du conflit en Ukraine et la multitude de trains de sanctions de l'UE, entrepris de réorienter ses exportations vers d'autres marchés, notamment vers la Chine.

Mélenchon a dénoncé la dépendance européenne croissante au gaz et au pétrole nord-américains. Il a appelé à rétablir les infrastructures énergétiques entre la Russie et l'Europe, concédant que ce point allait « donner de l'urticaire à quelques-uns ». Parmi eux figure, sans surprise, l'eurodéputé et figure médiatique du Parti socialiste Raphaël Glucksmann, ex-mari d'une ministre de l'ex-président géorgien Mikheil Saakashvili, dont la présidence fut marquée par la provocation d'un conflit avec la Russie. « Nous voulons la résistance à Poutine, ils veulent la capitulation des démocraties »,  a notamment lancé Glucksmann sur X, au milieu d'autres boniments.

« Et donc il faut remettre en route Nord Stream et que ceux qui les ont sabotés - au regard du droit international - soient chopés et punis ! », a de son côté poursuivi Jean-Luc Mélenchon, soulignant que le rétablissement de cette ligne d'approvisionnement directe entre la Russie et l'Allemagne via la Baltique « veut dire d'un seul coup faire baisser le prix de l'énergie en Europe », soulignant notamment la récession que traverse « depuis trois ans » la première puissance industrielle européenne.

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