Les deux franco-israéliennes Nili Kupfer-Naouri et Rachel Touitou, qui se sont vantées publiquement d'avoir bloqué les camions d'aide humanitaire destinée à Gaza, sont visées par un « mandat d'amener » délivré par la justice française.
Cette mesure judiciaire intervient dans le sillage de deux plaintes pour complicité de génocide déposées en novembre 2024 par EuroPalestine et l'AJPO (Avocats pour la Justice au Proche-Orient) d'une part, l'Union Juive Française pour la Paix (UJFP) d'autre part, rejointes dans leur démarche par trois ONG palestiniennes (al-Haq, al-Mizan, PCHR) de défense des droits humains.
Il y a deux semaines, (voir vidéo ci-dessous), Nili Kupfer-Naouri a déclaré dans une interview qu'elle n'avait pas l'intention de mettre les pieds en France où elle serait arrêtée et placée en garde à vue, pour commencer. De fait, les deux femmes ont manifestement été informées, en violation du secret de l'instruction, de la décision judiciaire les concernant, prise au cours de l'été 2025. Ce qui leur a permis de se tenir à distance de l'hexagone.
Nili Kupfer-Naouri, visée en France par une plainte pour complicité de #génocide et crimes contre l'humanité, après sa participation à des actions visant à bloquer des camions humanitaires à destination de #Gaza, dénonce la procédure comme un précédent judiciaire "antisémite". pic.twitter.com/heKeButmLa- Nouvelle Aube - Yeni Şafak Français (@nouvelleaubefr) January 19, 2026
Le mandat d'amener impose de faire comparaître les personnes concernées directement devant un magistrat, quand elles ont pu être arrêtées évidemment. Il peut être délivré directement par un juge d'instruction, sans avoir besoin de l'aval du Parquet National Antiterroriste (PNAT), à l'origine de l'ouverture d'une information judiciaire en juin dernier.
Le PNAT a notamment estimé qu'il existe, s'agissant de Kupfer-Naouri et Touitou, « des indices graves et concordants d'avoir, sur le territoire d'Israël, d'Egypte et de Gaza, notamment aux postes-frontières de Nitzana et de Kerem Shalom, entre le 1er janvier 2024 et mai 2024, commis des faits de complicité de génocide, de provocation publique et directe au génocide suivie d'effet et de complicité de crimes de guerre ».

«C'est la première fois qu'une juridiction nationale se prononce sur des faits de complicité de génocide, à travers le blocage de l'aide humanitaire», s'est félicitée lundi auprès de l'AFP l'avocate représentant les 3 ONG palestiniennes parties civiles.
Les deux mises en cause fuyant leurs responsabilités, la justice française va-t-elle maintenant être cohérente avec elle-même, et lancer les mandats d'arrêt internationaux qui s'imposent ?
CAPJPO-EuroPalestine