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Défilé militaire du Hezbollah.
Les négociations irano-américaines ne se limiteront pas au nucléaire mais incluront le Hezbollah et le Hamas. Washington exige des concessions sur les capacités militaires des alliés de l'Iran dans la région. La Turquie, le Qatar et l'Arabie saoudite tentent d'éviter une guerre régionale par un accord élargi.
Le processus de négociations entre Washington et Téhéran est officiellement enclenché, avec une réunion annoncée probablement en Turquie entre l'émissaire américain Steve Witkoff et le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi. En coulisses, la Turquie, le Qatar et l'Arabie saoudite jouent un rôle central de facilitateurs.
Leur objectif est clair : réunir les conditions d'un accord durable qui dépasse le seul dossier nucléaire pour inclure les principaux foyers de tension régionale, au premier rang desquels figurent le Hezbollah libanais et le Hamas palestinien.
À Téhéran, les débats internes traduisent l'ampleur des enjeux. Trois lignes s'affrontent : une approche globale favorable à des concessions élargies, une position intermédiaire souhaitant limiter les discussions au nucléaire, et un courant radical hostile à toute négociation directe avec les États-Unis.
La pression israélienne
Malgré ces résistances, la tendance dominante penche aujourd'hui pour la diplomatie. Sous l'autorité du secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, Ali Larijani, une logique pragmatique s'impose : accepter des compromis ciblés pour éviter une guerre régionale et préserver l'architecture du gouvernement.
Sur le nucléaire, un terrain d'entente semble envisageable. Les États-Unis ont assoupli leur exigence initiale d'un abandon total de l'enrichissement, tandis que l'Iran pourrait accepter de transférer son uranium enrichi à haut niveau hors de son territoire, sous supervision internationale ou russe. En échange, Téhéran réclame une levée progressive mais tangible des sanctions.
Cependant l'essentiel des discussions à venir portera sur les acteurs armés alliés de l'Iran. Washington entend placer explicitement le Hezbollah et le Hamas au cœur des négociations. Les États-Unis, appuyés par Israël, exigent des garanties sur la limitation, le gel ou la restitution des capacités militaires stratégiques du Hezbollah, notamment ses missiles de longue portée et de précision.
La Turquie et le Qatar travaillent parallèlement à obtenir une coopération iranienne sur le Hamas, y compris sur la question de son désarmement ou de la mise sous contrôle de ses arsenaux.
L'Iran se montre extrêmement méfiant sur la question des garanties, rappelant les engagements non tenus sur le cessez-le-feu au Liban et la poursuite des frappes israéliennes. Téhéran exige que tout accord conclu avec Donald Trump soit juridiquement et politiquement irréversible. De son côté, Riyad soutient largement cette dynamique diplomatique afin d'éviter une escalade régionale, message transmis directement à Washington comme à Téhéran.
Informés de cette médiation régionale, les Israéliens poussent pour que la question du Hezbollah soit traitée comme une priorité absolue, ouvrant la voie à une implication turque dans le dossier libanais. Ces négociations pourraient ainsi redéfinir en profondeur les équilibres sécuritaires du Moyen-Orient.