06/02/2026 reseauinternational.net  4min #304024

 Traité New Start : les États-Unis et la Russie vont-ils abandonner toute restriction nucléaire ?

Washington est responsable de la destruction de l'équilibre nucléaire

par PIA Global

L'expiration du traité de réduction des armements stratégiques (START III) est extrêmement dangereuse pour la stabilité mondiale.

Il ne s'agit pas d'un accident diplomatique ni d'un échec collectif, mais bien de la conséquence directe de la décision de Washington d'abandonner tout engagement sérieux en matière de contrôle des armements stratégiques, confirmant ainsi que la sécurité mondiale ne figure pas parmi ses véritables priorités.

Dans sa déclaration à la presse du 5 février, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a clairement exprimé le regret de la Russie face à l'expiration du traité START III, qui, pendant des années, a limité le nombre de missiles balistiques intercontinentaux, de vecteurs et d'ogives nucléaires déployés par les deux principales puissances nucléaires mondiales. Le traité START III n'était pas un geste symbolique ; il constituait l'un des derniers piliers du système de stabilité stratégique hérité de la Guerre froide, conçu précisément pour prévenir des erreurs d'appréciation aux conséquences catastrophiques.

La Russie a fait une proposition, Washington est resté silencieux

Loin d'agir à la légère, Moscou a proposé de maintenir volontairement les restrictions du traité START III pendant une année supplémentaire après leur expiration, dans une tentative manifeste de gagner du temps et d'ouvrir la voie à la négociation.

La proposition n'impliquait pas de concessions unilatérales, mais une responsabilité partagée ; malgré cela, la réponse de Washington fut le silence, une attitude qui, en matière nucléaire, équivaut à un refus de facto.

Ce comportement n'est pas surprenant. Depuis des années, les États-Unis choisissent de démanteler systématiquement le réseau d'accords qui limitaient la course aux armements : le traité ABM, le traité FNI et maintenant START III.

Chaque étape a été présentée comme une «modernisation» de la sécurité américaine, alors qu'en réalité elle a signifié une dégradation consciente de l'équilibre mondial.

Le prétexte chinois et l'hypocrisie occidentale

Donald Trump a déclaré qu'il attendait un «meilleur accord» incluant la Chine ; cette demande, loin d'être une proposition réaliste, sert de prétexte commode pour ne signer aucun accord.

Pékin a toujours été clair et constant en expliquant que son arsenal nucléaire est incomparablement plus petit que celui des États-Unis et de la Russie, et qu'il ne peut donc pas être intégré dans un cadre conçu pour deux superpuissances stratégiques.

Moscou, de son côté, a respecté la position de la Chine et a mis en lumière une vérité gênante pour Washington : si le champ d'application du traité START III doit être élargi, il faut également inclure les arsenaux nucléaires des alliés des États-Unis au sein de l'OTAN, notamment le Royaume-Uni et la France, dont les systèmes stratégiques ne sont soumis à aucun traité de contrôle des armements nucléaires. Cette exigence révèle le double discours de l'Occident : la transparence est exigée des adversaires tandis que l'opacité de ses propres alliés est préservée.

Les États-Unis et la logique du chaos contrôlé

Le refus de Washington de maintenir ou de renouveler le traité START III n'est pas un oubli technique, mais une décision politique. Il s'inscrit dans une logique plus large où l'incertitude, la pression et une supériorité militaire sans contrôle deviennent des instruments de domination. Dans ce contexte, la stabilité stratégique est perçue comme un obstacle, et non comme un objectif.

En supprimant les mécanismes de contrôle et de vérification, les États-Unis entraînent le système international vers une nouvelle course aux armements, plus complexe et dangereuse que celle du XXe siècle, avec de multiples acteurs, des technologies émergentes et des délais de réaction toujours plus courts. Le risque d'erreur, de provocation ou d'escalade accidentelle augmente de façon exponentielle.

L'expiration du traité START III ne signifie pas la fin définitive du contrôle des armements, mais elle indique qu'il se trouve à un tournant critique. La Russie a clairement manifesté sa volonté de dialoguer ; la Chine maintient une position prudente et constante ; le reste du monde observe avec une inquiétude croissante.

Tout ceci devrait nous amener à nous demander si Washington est prêt à assumer sa responsabilité historique ou s'il continuera de miser sur un ordre international fondé sur la coercition et le déséquilibre.

source :  PIA Global via  China Beyond the Wall

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