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Sidi Ould Tah, président de la Banque africaine de développement (BAD)
Le Mauritanien Sidi Ould Tah a préconisé une nouvelle architecture financière, axée sur quatre piliers, pour concrétiser les visées de développement du continent africain.
Lors du déjeuner annuel des ambassadeurs, organisé par la Banque africaine de développement (BAD), à Abidjan, en Côte d'Ivoire, le 5 février, le président du groupe de la BAD, Sidi Ould Tah, a exposé sa vision stratégique dans un environnement international « parmi les plus complexes et les plus agités », pour répondre au défi du financement du développement du continent africain, estimé à plus de 400 milliards de dollars par an, un montant colossal que les seules ressources de la banque demeurent insuffisantes pour couvrir.
Pour répondre à cette situation, Sidi Ould Tah entend mettre en place une nouvelle approche financière axée sur « quatre points cardinaux » pour mobiliser des ressources aptes à couvrir les besoins de financement du développement africain.
Quatre axes prioritaires
Le premier pilier repose sur la mobilisation à grande échelle des financements, grâce notamment à des partenariats avec le secteur privé et au recours à l'épargne africaine. Cette volonté d'attirer et de mobiliser des capitaux vise clairement à élargir les capacités d'intervention de la BAD.
Le deuxième pilier concerne la mise en place d'une nouvelle architecture financière. Sidi Ould Tah estime que « l'Afrique ne manque pas de ressources », mais souffre d'une mauvaise allocation. Il rappelle que les actifs cumulés des fonds souverains, fonds de pension et investisseurs institutionnels africains sont évalués à près de 1 000 milliards de dollars, plaidant pour leur orientation vers des investissements productifs plutôt que vers des placements passifs.
Le troisième pilier vise la création d'emplois à travers le renforcement des PME, la formalisation progressive de l'économie informelle et la refonte des systèmes éducatifs. Le quatrième met l'accent sur la consolidation d'une approche « gagnant-gagnant » avec les institutions financières.
Un rôle de « chef d'orchestre »
Selon Sidi Ould Tah, la nouvelle réforme ambitionne de mieux coordonner les institutions financières africaines, souvent fragmentées, en organisant son architecture sur trois niveaux (continental, régional et national). Dans ce schéma, la BAD jouerait un rôle de « chef d'orchestre » chargé de fédérer les acteurs et de mobiliser des ressources conséquentes pour financer le développement du continent.
Des concertations ont déjà été engagées avec des banques de développement et des fonds souverains, tandis que des discussions avec les banques centrales sont prévues prochainement.