08/02/2026 ssofidelis.substack.com  11min #304229

Les journalistes occidentaux, ou l'imposture perpétuelle

Par  Nate Bear, le 7 février 2026

Nous disposons d'un accès sans précédent à l'information.

Nous pouvons désormais cartographier les réseaux de pouvoir avec une précision inégalée.

Nous venons d'avoir accès à une masse de fichiers documentant le fonctionnement interne d'une mafia criminelle internationale.

Nous devrions vivre l'âge d'or du journalisme.

Mais voilà, nous n'avons droit qu'à l'imposture. Une soupe coloniale aux relents impérialistes.

Les reportages sur Epstein ne font que confirmer la régression des médias occidentaux qui sombrent dans la honte et la vénalité. Ils trahissent l'essence même de cette noble profession.

J'ai déjà écrit sur les tentatives des médias de  minimiser l'affaire Epstein, une affaire concernant un État fantôme opérant via des circuits de corruption, de criminalité, de pouvoir et d'abus, pour la réduire à une intrigue de palais digne d'un tabloïd.

Mais aujourd'hui, voir les médias ignorer les liens étroits d'Epstein avec Israël et tenter de réduire l'affaire Epstein à des intrigues russes, c'est vraiment le comble.

Epstein était le  meilleur ami d'Ehud Barak, l'ancien Premier ministre d'Israël. Il était impliqué dans de nombreux complots en faveur du gouvernement et des entreprises israéliennes. Il portait un sweat à capuche de l'armée israélienne et a écrit dans un e-mail à Steve Bannon que "tous les chemins mènent à Tel Aviv".

L'actuel président d'Israël, Isaac Herzog, a été  cité par Epstein dans un e-mail dans lequel il énumérait les prochains visiteurs de son île.

L'actuel président d'Israël fréquentait l'île pédophile d'Epstein.

Est-ce que l'information a été rapportée quelque part ?

Bien sûr que non.

Parce que les journalistes occidentaux sont les scribes de l'impérialisme et œuvrent à préserver le discours impérialiste. Ainsi, au lieu de se concentrer sur Herzog, ils se concentrent sur Poutine. Au lieu de parler du président qui a réellement visité l'île d'Epstein, ils inventent un scénario complotiste sans la moindre preuve concernant celui qui ne l'a pas fait. Pourquoi ? Parce qu'Israël est le joyau de la couronne de l'empire occidental, et la Russie l'ennemi officiel.

Epstein, Israël et le sionisme

Il faudrait un livre, voire plusieurs, pour documenter l'ensemble des liens d'Epstein avec Israël. Des liens sont si étroits et si nombreux qu'il existe  suffisamment de preuves pour affirmer qu'il était un agent des services secrets israéliens dirigeant un réseau de chantage et piégeant des personnalités politiques et des décideurs clés pour le compte d'Israël.  Un e-mail du FBI datant de 2020 contenu dans les dossiers indique qu'Ehud Barak a formé Epstein pour qu'il devienne l'espion d'Israël.

Les dossiers Epstein surprennent non seulement par la documentation qu'ils fournissent sur les liens d'Epstein avec Israël, mais aussi par les informations sur le réseau sioniste, en grande partie juif, qui gravitait autour du pédophile.

On y découvre notamment son amitié intime avec Peter Mandelson, homme politique travailliste aujourd'hui discrédité et ancien ambassadeur du Royaume-Uni aux États-Unis, qui pourrait faire tomber le gouvernement de Starmer. Mandelson, un fervent sioniste juif qui s'est rendu pour la première fois en Israël dans les années 1970, sollicitait constamment les conseils d'Epstein sur toute une série de sujets liés à Israël. En 2013, Epstein a déclaré à Barak, alors Premier ministre d'Israël, que  Mandelson devrait être recruté pour gérer la vente de Paz Oil, la plus grande compagnie pétrolière du pays.

Mandelson est un fanatique pro-génocide et pro-israélien. Après le massacre de milliers d'enfants, il a  a déclaré avec indignation qu'il serait  "ridicule" de demander à Israël de mettre fin aux tueries. Lors d'un voyage en Israël en 2024, au cours duquel il a rencontré Herzog, Mandelson a répété les mensonges justifiant la poursuite du génocide, affirmant que le Hamas, un groupe local qui n'a jamais attaqué en dehors de la Palestine occupée,  constitue  "une menace sécuritaire d'envergure pour l'ensemble du monde occidental".

Epstein et son sweat de l'armée israélienne dans son jet privé.

Le karma - ou la justice - s'accomplirait si un sioniste fanatique venait à faire tomber un gouvernement complice de génocide.

On peut également citer les milliardaires sionistes juifs, comme Leon Black, magnat du capital-investissement et ami et financier clé d'Isaac Herzog, ou encore  le conseiller financier personnel d'Epstein, ainsi que Glenn Dubin, milliardaire des fonds spéculatifs, et sa femme Eva.

Dans un e-mail de 2010, Eva Dubin écrit qu'Epstein devrait leur rendre visite, car Celina va recevoir cinq amis. Celina est la fille d'Eva et de Glenn Dubin, et avait 15 ans à l'époque.

Mandelson avec Isaac Herzog en 2024.

Mais la dépravation des Dubin ne s'arrête pas là. Selon Virginia Giuffre, Glenn Dubin aurait été la  première personne à qui Epstein et Ghislaine Maxwell l'ont vendue.

Et Dubin, vous l'aurez deviné, est un sioniste juif.

 Vice-président de l'American Jewish Committee, un groupe de pression sioniste, Dubin  a déclaré dans une interview l'année dernière avoir fait don de millions de dollars à Israël depuis le début du génocide. L'AJC  envoie régulièrement des délégations à Tel Aviv, où elles ont rencontré par le passé Netanyahu et Herzog. L'AJC a également joué un rôle clé dans le réseau de groupes de pression sionistes ayant orchestré la répression des manifestations étudiantes pro-palestiniennes.

Ghislaine Maxwell est la fille de Robert Maxwell, magnat britannique de l'édition et probablement espion israélien. Ce dernier a été enterré sur le mont des Oliviers, à Jérusalem, en présence de responsables de l'État israélien et de chefs du Mossad.  Le  Washington Post a décrit les funérailles comme étant "dignes d'un héros national".

Epstein entretenait également des relations privilégiées avec la famille bancaire juive sioniste Rothschild, avec l'ancien secrétaire au Trésor américain Larry Summers et l'avocat et universitaire Alan Dershowitz. Dershowitz,  l'avocat personnel d'Epstein et invité régulier de l'île pédophile,  a déclaré en 2024 qu'il était en train de  "constituer une équipe juridique de rêve" pour défendre Netanyahu et Israël contre les accusations de génocide et d'autres crimes de guerre.

Sans oublier le financement direct par Epstein de la machine génocidaire et d'apartheid israélienne.  Un e-mail de 2006 révèlequ'il a envoyé de l'argent aux Friends of the IDF, un groupe de financement occulte américain qui transmet directement des fonds à l'armée israélienne. L'e-mail révèle également qu'il a financé divers groupes sionistes qui subventionnent les colonies juives en Cisjordanie occupée.

Dans quelle mesure les libéraux suivant la BBC, CNN, le New York Times et le Guardian sont-ils au courant de tout cela ?

Très peu. Beaucoup auront plutôt été convaincus qu'Epstein était un agent russe.

Parce que le journalisme est mort.

Parce que les médias occidentaux renommés sont toujours naïvement considérés par beaucoup comme des sources d'information fiables et impartiales.

Parce que la plupart des médias mainstream occidentaux ne sont là que pour propager la propagande impérialiste.

Et cela ne concerne pas que l'affaire Epstein.

La propagande de changement de régime

La couverture médiatique des manifestations et des émeutes en Iran n'a pas pour but d'informer et clarifier, mais de servir de couverture à un changement de régime,  comme je l'ai récemment écrit.

Combien savent que les États-Unis se vantent d'avoir délibérément fait s'effondrer l'économie iranienne pour provoquer un soulèvement ? La semaine dernière, Trump a déclaré avec fierté que les États-Unis ont  mis le pays "à genoux". Le mois dernier, et à deux reprises,  lors d'une audience au Sénat et à Davos , le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a déclaré que les États-Unis ont délibérément créé une pénurie de dollars en Iran pour déstabiliser l'économie. Il a qualifié cette stratégie de grand succès.

Qui sait que l'ancien directeur de la CIA, Mike Pompeo, a déclaré que des agents du Mossad sillonnaient les rues d'Iran pendant les émeutes ?

Ces informations n'ont pas été relayées.

L'unique information relayée concerne le nombre de 30 000 morts, répété ad nauseam, qui  semble provenir d'un blogueur de mode indien, lié à des monarchistes iraniens en exil, et payé par le Guardian pour rédiger des articles anti-iraniens.

La couverture de l'Iran par le Guardian a été l'une des plus virulentes, truffée de mensonges et d'analyses destinées à préparer les lecteurs à un changement de régime.

Cette semaine, Patrick Wintour, rédacteur en chef de la rubrique diplomatique du Guardian, a écrit un article fustigeant l'Iran pour avoir  maintenu des exigences  "maximalistes" dans les négociations avec les États-Unis, alors que le pays est plus faible qu'il y a un an.

Tout d'abord, Wintour n'explique jamais au lecteur que ces exigences maximalistes, qui incluent la poursuite du raffinage de l'uranium, n'ont en réalité pas grand-chose à voir avec les armes nucléaires.

L'Iran est l'un des principaux producteurs mondiaux de produits radiopharmaceutiques utilisés dans le diagnostic et le traitement du cancer. Pour produire ces substances, des isotopes médicaux sont indispensables. Or, on ne peut fabriquer d'isotopes médicaux qu'en enrichissant l'uranium. L'Iran figure parmi les cinq premiers exportateurs mondiaux de médicaments radioactifs et fournit des médicaments nucléaires à quinze pays. Exiger l'abandon total de l'enrichissement d'uranium revient à exiger de l'Iran qu'il renonce à la médecine moderne et détruise une industrie essentielle.

Wintour, comme tous les journalistes occidentaux, ne mentionne jamais cette réalité lorsqu'il fait référence au "programme nucléaire iranien". Il n'explique pas non plus que l'unique raison pour laquelle l'Iran n'a pas été de nouveau bombardé tient à l'efficacité démontrée de ses missiles longue portée en juin dernier. Les États-Unis et Israël exigent désormais que l'Iran renonce à cette force de dissuasion, ce que l'Iran refuse bien évidemment. Wintour qualifie cette exigence de "maximaliste" sans expliquer pourquoi l'Iran serait dans l'incapacité de se défendre contre une agression israélienne ou américaine.

Même si l'Iran souhaitait développer des armes nucléaires, Wintour et ses acolytes n'expliquent jamais pourquoi Israël serait habilité à en posséder, mais pas l'Iran.

Parce qu'ils devraient alors expliquer le concept d'empire.

Wintour est tellement imbibé du concept d'empire qu'il ne se demande pas pourquoi l'Iran, qui a survécu à des émeutes destinées à renverser le régime, et qui a mis en évidence une dissuasion militaire efficace, pourrait s'avérer plus puissant que jamais. Sa vision impérialiste l'amène à qualifier les exigences iraniennes d'arrogantes et insensées, au lieu de les percevoir comme résultant plutôt d'un calcul stratégique avisé.

Propagande sans fin, déformation des faits, occultation du contexte, fabrique du consentement.

Les médias occidentaux sont les porte-parole de l'empire.

Epstein serait un atout russe et non israélien.

Un spectacle de clowns, un cirque médiatique fatigant.

Pour le lecteur occasionnel, cette propagande grotesque passe inaperçue et s'impose d'elle-même.

Voilà pourquoi je continuerai à dénoncer cette manipulation, dans l'espoir vain qu'un jour, peut-être, nous pourrons renverser la tendance.

Traduit par  Spirit of Free Speech

¡Do Not Panic!

Western Journalists Continue To Disgrace Themselves

We have unprecedented access to information...

a day ago · 43 likes · 6 comments · Nate Bear

 ssofidelis.substack.com