11/02/2026 reseauinternational.net  4min #304491

Gaza : Crime contre l'humanité en temps réel, Quand le monde regarde, silencieux, l'effacement d'un peuple

par Laala Bechetoula

«La destruction d'un peuple est un crime contre l'humanité tout entière». ~ Raoul Wallenberg

Ces mots, prononcés il y a près d'un siècle, résonnent aujourd'hui avec une sinistre actualité. À Gaza, sous nos yeux, se déroule un crime méthodique, précis, médiatisé. Ce n'est pas une guerre. C'est une entreprise d'effacement, une destruction planifiée, une négation de l'humanité elle-même.

L'industrialisation de la mort

Dans l'enclave assiégée, la violence a été rationalisée, automatisée, rendue efficace. Des drones programmés ciblent des ambulances. Des bombes guidées par satellite frappent des écoles remplies d'enfants. Des restrictions alimentaires sont calculées à la calorie près pour affaiblir, sans tout à fait tuer - du moins pas tout de suite. Gaza est devenue un laboratoire à ciel ouvert où l'on teste jusqu'où peut aller l'impunité, jusqu'où peut s'étendre l'indifférence.

La novlangue du génocide

Pour rendre acceptable l'inacceptable, on a forgé une langue nouvelle : - «Dommages collatéraux» pour désigner des familles entières pulvérisées - «Réponse proportionnelle» pour justifier cent morts palestiniens contre une roquette - «Mesures de sécurité» pour légitimer l'emprisonnement de deux millions d'êtres humains

Cette manipulation du langage vise à anesthésier les consciences, à transformer l'horreur en débat technique, le crime en politique.

Les complices en costume-cravate

Aucun crime de cette ampleur ne pourrait se perpétrer sans complicités actives. - Les États qui continuent de vendre des armes tout en appelant à la modération - Les médias qui parlent de «conflit» plutôt que de massacre - Les institutions internationales qui adoptent des résolutions sans les faire appliquer - Les opinions publiques distraites par d'autres crises, d'autres indignations.

Cette chaîne de complicité donne à l'agresseur la certitude que tout lui est permis.

L'échec civilisationnel

Gaza met en lumière l'échec de notre ordre international, de nos valeurs proclamées, de notre humanité partagée. Le droit international se révèle un chiffon de papier lorsque les puissants décident de l'ignorer. Les droits humains s'arrêtent où commencent les intérêts géostratégiques. Les leçons de l'histoire - «Plus jamais ça» - n'ont visiblement pas été comprises.

La résistance de la vie

Pourtant, au cœur de l'enfer, la vie persiste. Des mères chantent encore des berceuses sous les bombes. Des médecins opèrent à la lumière des téléphones portables. Des enseignants donnent cours dans les décombres. Des enfants dessinent des cerfs-volants sur les murs de leur maison détruite. Cette obstination à vivre, à préserver sa dignité, constitue la plus profonde défaite des bourreaux.

Notre responsabilité historique

Gaza nous place devant un choix simple : être du côté des victimes ou des bourreaux, des témoins ou des complices, de la vie ou de la mort. Rester silencieux aujourd'hui, c'est accepter que demain, d'autres peuples subissent le même sort. Détourner le regard, c'est devenir complice par omission.

L'histoire jugera sévèrement ceux qui, aujourd'hui, ont choisi le confort du silence face à l'évidence du crime. Les générations futures ne comprendront pas comment le monde a pu regarder mourir un peuple en direct, sans intervenir.

Un cessez-le-feu dont Israël n'a gardé que le feu

Les trêves éphémères n'ont été que des pauses tactiques, des moments pour recharger les armes avant de reprendre la destruction. Les bombardements ont toujours recommencé, plus intenses, plus meurtriers. Les tanks n'ont jamais vraiment reculé, les drones n'ont jamais quitté le ciel, le blocus n'a jamais été levé.

Le cessez-le-feu n'était qu'un leurre, une parenthèse dans le livre déjà écrit de l'éradication méthodique d'un peuple. Le feu, lui, est resté. Il couve, il attend, il revient. Et chaque retour est plus brutal que le précédent.

Le monde regarde, impuissant ou complice, cette reprise des frappes comme si elle était inévitable. Comme si le feu devait toujours l'emporter sur le «cesser». Comme si, pour Israël, le seul langage restant était celui de la destruction totale.

Le cessez-le-feu n'a été qu'un écran de fumée. Le feu, lui, consume tout - sauf la résistance d'un peuple qui refuse de disparaître.

 Laala Bechetoula

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