20/02/2026 voltairenet.org  6min #305462

Chronologie géostratégique des neuf prochains mois de l'échiquier tripolaire du Xxie siècle

par Alfredo Jalife-Rahme

Que nous le voulions ou non, l'ordre mondial, qui se structure désormais, sera dominé par la Chine, les États-Unis et la Russie. Certes, il sera multipolaire, mais les trois grands y disposeront de sphères d'influences qu'il ne sera pas possible de nier. La mise en place de ce système, et ses ajustements, suivront un calendrier dont les principales étapes sont déjà connues.

Dans cette "phase Epstein" que traverse le monde occidental hédoniste, le concept de "stabilité stratégique" prôné par les États-Unis, la Russie et la Chine est mis à rude épreuve, car les réalités de la dynamique concurrentielle entre ces trois superpuissances vont se préciser au cours des neuf prochains mois. Nul n'ignore que Trump cherche à fragiliser l'alliance du G2 entre la Russie et la Chine [1].

Compte tenu de la "confusion géostratégique" apparente - qui, à mon avis, n'existe pas - entre les trois principaux acteurs de la planète - auxquels l'Inde s'ajoutera bientôt -, je propose un "calendrier stratégique" allant jusqu'au 3 novembre qui reflétera la dynamique des résultats et les décisions inévitables :

1. 17 février : Deux réunions simultanées du duo Kushner/Witkoff à Genève : l'une le matin, à l'ambassade d'Oman où, selon le Wall Street Journal [2], l'Iran a fait preuve de flexibilité dans le domaine nucléaire afin d'éviter une guerre triangulaire de Netanyahou, tandis que Téhéran menait des exercices militaires en direct dans le détroit d'Ormuz ; l'après-midi, une réunion tripartite Russie/Ukraine/États-Unis, dont l'issue est pratiquement déjà définie par la défaite du comédien khazar Zelensky.

2. La première semaine d'avril : la visite de Trump en Chine, visite qui n'a pas été annulée par Xi Jinping, malgré les difficultés rencontrées par Pékin en raison de la nouvelle doctrine Monroe - car Trump a porté de lourds coups à la Chine au Venezuela, au canal de Panama et au Mexique -.

3. Élections parlementaires cruciales le 12 avril en Hongrie : les deux cosmogonies antagonistes s'affronteront, celle du Khazar hongrois/américain György Schwartz, alias George Soros, et celle qu'incarne Viktor Orbán, soutenu par Trump et maintenant par Marco Rubio à la Conférence de Munich sur la sécurité (MSC).

4. Le 4 octobre, élections au Brésil [3] : elles définiront le destin de l'Amérique latine continentale et influenceront le vote hispanique aux États-Unis et l'avenir des BRICS.

5. Le 3 novembre, élections de mi-mandat états-uniennes : un enjeu crucial. Dans le contexte des dynamiques complexes qui animent les trois superpuissances - États-Unis, Russie et Chine - sans oublier l'Inde, une "dualité stratégique" se dessine aujourd'hui pour Trump et Poutine. Du côté de Trump, cette dualité semble transparaître dans les positions adoptées à la CSM au cours de l'année écoulée par le vice-président J.D. Vance et le secrétaire d'État Marco Rubio [4]. Le géostratège et philosophe russe Alexandre Douguine interprète ces positions - avec un certain pessimisme [5] - comme un glissement vers un "nouvel atlantisme".

Dans le même temps, Russia Today [6] affirme que - reflet de la "politique à deux vitesses" de Washington : dialogue sur le papier, pression dans la pratique - à Moscou, cette contradiction s'est cristallisée en une division du travail : un groupe de responsables continue de vivre un engagement transactionnel avec Washington (incarné par Kirill Dmitriev) et un autre a commencé à suggérer ouvertement que cela n'est pas possible (représenté par le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov [7]).

À mon avis, une troisième option existe avec l'ancien président Medvedev, plus impliqué dans le conflit ukrainien. Ce n'est pas un hasard si deux proches collaborateurs du mondialiste woke George Soros, son collègue de parti Zelensky et la très controversée Alexandria Ocasio-Cortez - celle qui a orchestré la victoire du chiite Zohran Mamdani à New York - s'accordent sur l'allégation d'un accord secret entre Trump et Poutine visant à se partager le monde [8].

Zelensky, habituellement mythomane, a dévoilé un "ensemble cadastral de terrains Dmitriev", faisant allusion à un prétendu accord américano-russe de 12 billions de dollars (trillions en anglais) promu par Kirill Dmitriev, responsable des fonds souverains russes [9]

Aujourd'hui, la réalité est incarnée par le triomphe de la Russie en Ukraine et la victoire des États-Unis au Venezuela, tandis que la Chine s'inquiète de la remilitarisation nucléaire du Japon avec la montée en puissance de Takaichi, grande alliée de Trump [10].

 Alfredo Jalife-Rahme

Traduction
 Maria Poumier

Source
 La Jornada (Mexique)
Le plus important quotidien en langue espagnole au monde.

[1] " Campaign 2024 : Former President Trump Campaigns with Tucker Carlson in Glendale, Arizona", Cspan, October 31, 2024. "'STUDENT OF HISTORY' : Trump 'knows' what happens when Russia and China get together ", Fox News, March 2025.

[2] " Vance Says Iran Is Ignoring Core U.S. Demands in Talks", Laurence Norman & Benoit Faucon, Wall Street Journal, February 17, 2026.

[3] " Brasil en año electoral : ¿cómo un Lula octogenario y un bolsonarismo (sin Bolsonaro) miden fuerzas ?", Valeria Saccone, France24, 25 de enero de 2026.

[4] " Marco Rubio VS JD Vance en Múnich, según Dugin ¿A quien le Irá Trump ?", Alfredo Jalife, Geopolítica, YouTube, 17 de febrero de 2026.

[5] " The New Atlanticism of Marco Rubio. What Rubio Revealed in Munich", Alexander Dugin, Multipolar Press, February 16, 2026.

[6] " One-on-one diplomacy meets double-track reality in US-Russia ties", Russia Today, February 11, 2026.

[7] " Lavrov affirme que Trump cherche à contrôler l'énergie mondiale et ses corridors géoéconomiques", par Alfredo Jalife-Rahme, Traduction Maria Poumier, Maria Neumann, La Jornada (Mexique), Réseau Voltaire, 16 février 2026.

[8] " AOC accuses Trump of trying to usher in 'age of authoritarianism' at Munich conference", Andrew Roth, The Guardian, February 13, 2026.

[9] " U.S. gave Ukraine and Russia June deadline to reach peace agreement, Zelenskyy says", The Associated Press, February 8, 2026.

[10] " Japan's reaction to China's fact-based warning over militarism at Munich Security Conference shows unease, lacks diplomatic decorum : expert", Zhao Yusha, Global Times, February 16, 2026.

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