La Commission européenne a appelé dimanche les États-Unis à respecter leur accord commercial avec l'Union européenne (UE), alors que le président américain, Donald Trump, a annoncé son intention d'augmenter les droits de douane après le revers infligé à sa politique commerciale agressive par la Cour suprême.
"Un accord est un accord. En tant que premier partenaire commercial des États-Unis, l'UE attend de ces derniers qu'ils respectent les engagements pris dans la déclaration commune, tout comme l'UE respecte les siens", a déclaré la Commission européenne dans un communiqué.
Elle a également exigé des éclaircissements complets sur les mesures que les États-Unis envisagent de prendre à la suite de la décision de la Cour suprême.
Samedi, Donald Trump a annoncé sur son réseau Truth Social qu'il portait "avec effet immédiat" le niveau de ses nouveaux droits de douane mondiaux de 10 % à 15 %, soit "au niveau pleinement autorisé", selon ses termes. Cette décision intervient au lendemain d'un arrêt rendu par la Cour suprême des États-Unis invalidant une large partie de sa politique commerciale.
Par six voix contre trois, la plus haute juridiction américaine a jugé vendredi que le président ne pouvait justifier l'instauration de ces surtaxes par la seule invocation d'une "urgence économique". Selon le président de la Cour, John Roberts, le chef de l'exécutif doit disposer d'une "autorisation claire du Congrès" pour mettre en place de nouveaux droits de douane.
Les droits de douane, taxes appliquées aux importations, constituent un instrument de politique commerciale visant à renchérir le coût des produits étrangers. Donald Trump avait instauré ces surtaxes en s'appuyant sur une loi de 1977 permettant théoriquement à l'exécutif d'agir sans validation préalable du Congrès en cas d'urgence nationale.
La nouvelle hausse annoncée s'applique aux pays ou blocs ayant conclu des accords commerciaux avec Washington, notamment l'Union européenne, le Japon et la Corée du Sud.
Selon la Maison Blanche, la surtaxe de 10 %, annoncée initialement, devait entrer en vigueur le 24 février pour une durée de 150 jours. Des exemptions sectorielles étaient prévues, notamment pour l'industrie pharmaceutique ainsi que pour les biens circulant dans le cadre de l'accord États-Unis-Mexique-Canada.
Les droits de douane visés par la décision de la Cour suprême ont rapporté plus de 130 milliards de dollars en 2025, selon des analystes. L'arrêt ouvre la voie à d'éventuelles demandes de remboursement de la part des entreprises ayant acquitté ces surtaxes.
Interrogé vendredi sur cette question, Donald Trump a estimé que le sujet n'avait "pas été abordé" par la Cour et qu'il pourrait donner lieu à des contentieux pendant plusieurs années.
L'escalade tarifaire intervient alors que les relations commerciales transatlantiques restent marquées par des tensions récurrentes concernant les règles du commerce international et le recours à des mesures unilatérales.
