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Des soldats français, dans le cadre de l'exercice conjoint Xaritoo 2023 organisé entre la France et le Sénégal [Photo d'illustration].
Bien que de nombreuses chancelleries africaines aient demandé le départ des troupes françaises de leur sol, Paris, via la Direction de la Coopération de sécurité et de défense, mènerait chaque année des missions dans "près de vingt pays" africains, selon le média Rybar qui s'est penché sur cette "diplomatie militaire" menée par la France.
Au-delà d'une présence militaire - qui s'est nettement réduite sous l'ère Macron - la France maintient un pied en Afrique en matière de sécurité, a souligné dans un post publié le 21 février sur sa chaîne Telegram, le média russe Rybar. Ce dernier s'est penché sur les missions menées par la "discrète" direction de la Coopération de sécurité et de défense (DCSD), rattachée au Quai d'Orsay, et dont "l'influence sur les pays africains est loin d'être négligeable".
"Un dernier lien, mais non des moindres", estime le média, qui dans une infographie, a pointé seize pays africains. Au-delà des "zones d'interventions traditionnelles", en premier lieu desquelles l'Ouest et le Centre du continent africain, on retrouve l'ancienne colonie française Madagascar - d'où, notamment, avait été exfiltré l'ex-président Rajoelina en octobre dernier - mais également l'Éthiopie ou encore l'Afrique du Sud anglophone.
En effet les formations prodiguées via la DCSD sont à destination des pays "francophones et non francophones", comme précisé dans un numéro de Partenaires Sécurité Défense, le quadrimestriel de la DCSD. Dans celui-ci, l'" influence" est clairement présentée comme l'objectif de cette direction du ministère français des Affaires étrangères et la "formation d'officiers des diverses forces de sécurité dans les écoles françaises" est élevée au rang de "priorité".
"La France finance chaque année la scolarité de plus de 3 000 stagiaires dans ses établissements sur le sol français ou dans le réseau d'écoles nationales à vocation régionale en Afrique, mis en place par la DCSD", peut-on lire. Autres dimensions de ce coup de pouce apporté par Paris aux chancelleries africaines "partenaires" : le conseil, via l'affectation de "coopérants militaires ou d'assistants techniques auprès des hautes autorités" ou encore une aide pour "restructurer et reconstruire" les forces armées et de sécurité de ces pays.
© Rybar / Telegram
Des missions, est-il souligné, "guidées par les priorités politiques du moment, définies au plus haut niveau, telles que la lutte contre le terrorisme et l'aide à la stabilisation des pays en crise ou en sortie de crise, le renforcement des capacités des pays partenaires en matière de sécurité et de défense, afin de favoriser le développement économique et la stabilité politique dans le respect de la règle de droit".
Sur la cartographie de Rybar, on trouve la République démocratique du Congo - où Paris a récemment confirmé mener une mission de formation à la demande des autorités, dans la ville de Kisangani ciblée par les rebelles de l'AFC/M23 -, mais également la Côte d'Ivoire ou encore le Tchad. Deux pays qui ont demandé fin 2024 le départ des forces françaises de leur sol. On notera d'ailleurs le rapprochement récent entre Paris et N'Djaména.
Une "diplomatie militaire", a de son côté conclu Rybar, qui "présente l'avantage de transformer des coûts relativement faibles en loyauté future de personnes clés responsables de la sécurité et de la défense" et d'enfoncer le clou : "c'est précisément cette élite, comme chacun sait, qui se plaît à orchestrer des coups d'État en Afrique".
