publié le 25/02/2026 Par Paul Fernandez-Mateo
Dernier né de l'imagination du président Trump, fertile dès qu'il est question d'étendre son influence, le fameux Board of Peace, ou Conseil de (la) Paix, proposé par la Maison-Blanche fait déjà des vagues à peine après avoir émergé du néant.
Il faut bien le reconnaître : sur la scène internationale, Donald Trump n'a pas l'habitude de rester oisif bien longtemps. Après une année 2025 menée au pas de charge, entre hyperactivité diplomatique, fébrilité sur les droits de douane et interventionnisme constant, l'année 2026 s'annonce sous des auspices similaires. La fondation officielle du Board of Peace, ou Conseil de Paix, le 22 janvier dernier, représente une nouvelle étape dans l'affirmation de cette nouvelle politique étrangère "à la Trump", qui s'écarte des usages diplomatiques classiques et où le pouvoir réel est concentré entre les mains du seul président américain, à la merci de ses fréquents caprices.
Conçu à l'origine pour traiter le problème spécifique de la transition pacifique de la bande de Gaza après le cessez-le-feu consenti entre Israël et le Hamas à la suite de la guerre ayant résulté des événements du 7 octobre 2023 - cessez-le-feu dont le respect demeure tristement à géométrie variable -, le Board of Peace, avant même sa création, avait déjà muté. Désormais envisagé par la Maison-Blanche comme une réunion d'États volontaires autour de Donald Trump - qui s'est érigé en président à vie de cette institution - visant à produire des initiatives diplomatiques pour résoudre les problèmes rencontrés par ses membres, il n'a plus grand-chose à voir avec le simple organe subsidiaire du Conseil de sécurité des Nations unies, dont la résolution 2803 du 17 novembre 2025 avait ordonné la création. Et au vu de la façon dont l'institution semble être structurée, il y a fort à parier qu'elle servira tout simplement de relais aux intérêts de Washington, sans qu'il y ait beaucoup de place pour ceux des autres.