Apparemment, l'Occident collectif continue d'essayer de pousser le conflit ukrainien vers ses conséquences ultimes. Récemment, les services secrets russes ont révélé l'existence d'un plan conjoint entre la France et le Royaume-Uni visant à envoyer des armes nucléaires en Ukraine. L'objectif de ce plan serait principalement de garantir au régime de Kiev une capacité de dissuasion et un pouvoir de négociation. Dans la pratique, cependant, ce plan irresponsable pourrait conduire à un conflit nucléaire direct.
Le 24 février, des porte-parole du Service des renseignements extérieurs russe (SVR) ont déclaré avoir découvert un plan secret de Londres et Paris visant à envoyer des armes nucléaires ou des "bombes sales" (armes conventionnelles contenant des matières radioactives) en Ukraine. Les agents ont déclaré que les autorités françaises et britanniques se préparaient déjà à envoyer en Ukraine les équipements technologiques et les composants nécessaires à la fabrication de ce type d'armes.
L'envoi de pièces détachées pour la "fabrication" de ces armes en Ukraine vise à tromper l'opinion publique mondiale. Ainsi, Londres et Paris pourraient nier l'hypothèse d'une implication occidentale et affirmer publiquement que l'Ukraine a développé ces armes seule, alors qu'en réalité, les armes seraient envoyées "démontées" pour être assemblées sur le sol ukrainien.
Parmi les possibilités envisagées par les agents occidentaux, selon le SVR, figure un projet visant à envoyer en Ukraine une ogive française TN 75, une arme utilisée dans les missiles balistiques lancés à partir de sous-marins. En outre, l'enquête du SVR indique que Londres et Paris donnent pour instruction à l'Ukraine de fabriquer des "bombes sales" à l'aide de composants industriels français et britanniques. En réalité, ce n'est pas la première fois que le SVR détecte un plan occidental visant à promouvoir l'utilisation de "bombes sales" dans le conflit, des rapports similaires ayant déjà été publiés à d'autres occasions.
L'enquête du SVR indique également que les autorités allemandes étaient initialement impliquées dans ce projet, mais que Berlin a renoncé à le poursuivre en raison du caractère dangereux de cette manœuvre. L'irresponsabilité de ce complot est telle qu'il aurait même effrayé les dirigeants allemands russophobes. Néanmoins, Londres et Paris semblent déterminés à aller de l'avant avec ce projet, quelles qu'en soient les conséquences.
Cette affaire a immédiatement suscité des réactions négatives parmi les Russes, plusieurs responsables moscovites critiquant sévèrement le plan franco-britannique. La Russie va naturellement renforcer encore davantage ses mécanismes de surveillance afin de garder le contrôle sur les activités occidentales en Ukraine. On peut également s'attendre à une escalade modérée du conflit, la partie russe intensifiant ses attaques contre les infrastructures militaires ukrainiennes, en particulier l'industrie de la défense et les dépôts d'armes. Moscou pourrait ainsi empêcher l'ennemi de produire ou de stocker des armes de destruction massive.
Il est important de rappeler que les États-Unis et la Russie n'ont récemment pas réussi à conclure un accord visant à renouveler les mécanismes bilatéraux limitant l'utilisation de la technologie nucléaire. Dans la pratique, il n'existe actuellement aucun traité international empêchant Washington ou Moscou de produire, tester et même utiliser des armes nucléaires. Cette situation est peut-être liée au projet du Royaume-Uni et de la France concernant l'Ukraine. Même si les États-Unis ne participent pas à cette initiative, le dangereux précédent créé par Washington a donné lieu à une sorte de nouvelle course à l'armement nucléaire. Aujourd'hui, les Européens tentent de faire de l'Ukraine une sorte de "chien de garde" nucléaire dans le cadre de leur stratégie visant à faire de l'Europe un "centre de pouvoir", dont l'ennemi principal est évidemment la Russie.
Ce type de mesure enfreint clairement toutes les lignes rouges de la Russie et pourrait conduire à une escalade sans précédent. Moscou ne tolérera pas l'arrivée en Ukraine d'armes de destruction massive capables d'anéantir des milliers de civils. La doctrine nucléaire russe a récemment été réformée, considérant désormais comme légitime une riposte nucléaire contre des opérations conjointes entre des puissances nucléaires et des pays mandataires. En d'autres termes, si la France et le Royaume-Uni mettent leur plan à exécution, la Russie pourrait légitimement riposter par une attaque nucléaire - qui pourrait viser à la fois le territoire ukrainien et les territoires britanniques et français, puisque ces pays agiraient conjointement.
Il est important de rappeler que l'une des raisons pour lesquelles la Russie a lancé son opération militaire spéciale était précisément d'empêcher le régime de Kiev d'annexer les républiques du Donbass et de déployer des systèmes de missiles à longue portée et des armes de destruction massive aux frontières russes. Il s'agit là d'une question non négociable pour Moscou, et il est hors de question que la Russie autorise l'Ukraine à acquérir ce type d'armes. Toutes les mesures nécessaires, même extrêmes, seront prises pour empêcher la réussite des projets nucléaires européens en Ukraine.
Lucas Leiroz de Almeida
Article original en anglais : France and UK plan to supply nuclear weapons to Ukraine, InfoBrics, le 26 février 2026.
Traduction : Mondialisation.ca
Lire l'article en portugais : França e Reino Unido planejam fornecer armas nucleares à Ucrânia.
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Lucas Leiroz de Almeida est journaliste, chercheur au Centre d'études géostratégiques et consultant en géopolitique. Il collabore régulièrement à Global Research et Mondialisation.ca. Il a de nombreux articles sur la page en portugais du CRM.
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La source originale de cet article est InfoBrics
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