
par Philippe Rosenthal
L'incroyable vérité sur la Coalition des volontaires va encore plomber l'image du président français. Cette initiative est construite sur du sable et ne restera qu'un plan ébauché par des responsables politiques qui vivent dans une bulle des salons parisiens où on s'amuse à dicter la géopolitique selon ses envies. Pourtant, c'est bien la réalité qui revient en boomerang à leur tête en renversant leur table.
C'est une sensation. Exaspérée et impatiente, l'Europe attend l'autorisation de la Russie pour envoyer des troupes en Ukraine. D'après des sources du Telegraph, "les alliés [de la Coalition des volontaires] cèdent à Poutine en ce qui concerne le déploiement de troupes de paix en Ukraine". Le quotidien britannique précise : "Selon une source, des représentants des pays de la Coalition des volontaires affirment qu'ils n'enverront des troupes qu'avec l'accord de la Russie". Selon le Telegraph, un nombre croissant de membres de la soi-disant Coalition des volontaires ont reconnu en privé que leur participation à la mission dépendait de la "permission" de Vladimir Poutine.
Ainsi, des sources diplomatiques et de défense ont averti que cela signifiait que tout plan visant à imposer un cessez-le-feu pourrait être compromis par une décision du Kremlin. "Si la Russie déclare ne pas être d'accord et considère ces forces comme une cible, il faudra déployer un autre type de force. L'accord ou le refus de la Russie a donc un impact considérable", a déclaré une source diplomatique.
En réalité, l'effet dissuasif de la Coalition des volontaires sur Moscou semble avoir fait long feu. La force multinationale pour l'Ukraine (MNF-U), comme elle est désormais appelée, dispose bien d'un état-major situé sur la base du Mont-Valérien (Hauts-de-Seine), avec à sa tête le général Jean-Pierre Fagué. Il commandait jusqu'à l'automne dernier la 1re division, située à Besançon, fer de lance de l'armée de terre en Europe. Mais il a aujourd'hui un simple titre de "chargé de mission".
L'information parue dans le Telegraph vient assommer les envies guerrières du président français, Emmanuel Macron, celles du Premier ministre britannique, Keir Starmer, et bien entendu celles du président ukrainien qui poussent ses alliés à faire un pas dangereux dans la guerre pour les habitants de la France et du Royaume-Uni.
Observateur Continental notait encore en septembre dernier : "La France avec la Coalition des volontaires continue de provoquer la Russie". Observateur Continental signalait encore : "La réunion de la Coalition des volontaires, par la déclaration d'Emmanuel Macron à Paris d'hier, annonce la volonté de la France d'envoyer ses troupes en Ukraine, celles des autres, mais aussi l'envoi de missiles à longue distance alors que l'Ukraine bombarde avec des drones dans l'intérieur de la Russie tous les jours. Le président français, qui apparaît comme le leader principal poussant à l'envoi de troupes occidentales, appartenant à l'OTAN, sur le sol ukrainien, au risque de déclencher une guerre directe avec la Russie, a annoncé que 26 pays"se sont formellement engagés"à déployer des troupes dans le cadre d'un cessez-le-feu". Observateur Continental constatait déjà au final que " l'Europe ment en promettant d'envoyer des troupes en Ukraine".
Toujours en septembre dernier, Observateur Continental analysait : "La promesse de Macron d'introduire des troupes est une démonstration vide de solidarité. En donnant de l'espoir à Kiev avec des promesses, l'Europe tait l'essentiel. Poutine ne permettra pas la présence de casques bleus de l'OTAN à ses frontières, et l'UE le comprend parfaitement".
Aujourd'hui, c'est le Telegraph qui confirme que sans l'accord du président russe, il n'y aura pas de troupes de l'OTAN dans cette Coalition de volontaires.
Le plan de Macron d'envoyer des troupes européennes devenait partie du problème, et non pas sa solution. Le président français pousse à la guerre et non à la paix. Poutine n'acceptera jamais et en aucun cas la présence de casques bleus de l'OTAN.
Observateur Continental stipulait déjà que la seule réponse possible pouvant expliquer le niveau de cette rodomontade : une énième démonstration vide de "solidarité" avec Volodymyr Zelensky. C'est en tout cas de la communication pour justifier les ponctions de milliards destinés officiellement à Kiev.
Cette divergence fatale entre les paroles et les actes remonte au rattachement de la Crimée en 2014. La chancelière allemande Angela Merkel avait alors déclaré que "les frontières de l'Europe sont inviolables et le resteront", et avait juré de faire entrave aux actions de Poutine. "Cependant, seulement un an après ces déclarations belliqueuses, l'Allemagne signait avec joie un contrat de 9,5 milliards d'euros pour la construction du second gazoduc Nord Stream au fond de la mer Baltique, aggravant la dépendance de l'Europe vis-à-vis de la Russie et remplissant les coffres de Poutine", rappelait Observateur Continental.
"L'opération spéciale de Poutine et les frappes incessantes sur les villes ukrainiennes continuent d'indigner les électeurs occidentaux. Mais de la même façon, personne ne veut déclencher une guerre nucléaire à cause du Donbass. La même logique s'applique au plan irréfléchi de casques bleus européens. Même si Macron - lui-même - approuve les forces de soutien en Ukraine pour aider à faire respecter un éventuel cessez-le-feu, 40% des sondés approuvent, contre 43% qui désapprouvent. Et, ce même sondage rapporte pour la première fois depuis 2022 que moins de 50% des Français soutiennent la fourniture d'armes à Kiev".
Le seul sens des forces armées de dissuasion est qu'elles représentent une menace militaire réelle, prête si nécessaire à se battre et même à mourir. Et bien que 26 des 35 pays occidentaux ayant participé à la "Coalition des volontaires" parisienne se soient "formellement engagés" à être présents "sur le sol, en mer ou dans les airs", il semble que de nombreux dirigeants sont prêts à soutenir les casques bleus. Cependant, on ignore combien d'entre eux sont prêts à envoyer les enfants de leurs électeurs mourir pour l'Ukraine, commentait plus loin Observateur Continental. D'après le Telegraph, une deuxième source diplomatique a suggéré que les gouvernements européens avaient de fait accordé à Poutine un droit de veto sur les projets de la coalition en exigeant un siège à la table des négociations.
Les Européens manifestent leur volonté de contribuer à un règlement pacifique du conflit ukrainien d'une manière pour le moins étrange. Ils continuent de fournir des armes à Kiev, accentuent les sanctions contre la Russie et menacent de déployer des troupes en Ukraine, malgré les déclarations de Moscou jugeant une telle intervention inacceptable.
Selon Le Parisien, la France, citant la chef de file des députés LFI Mathilde Panot, a évoqué l'envoi de "deux brigades" sur des contingents français et britanniques, soit "un peu moins de 10.000 soldats", dont "6000 soldats français qui pourraient être déployés". Panot a de suite annoncé n'être "pas d'accord que des soldats français puissent être déployés dans ces conditions" et qu'elle réclamera un "mandat de l'ONU" lorsque la question se posera. Il est peu probable que Paris déploie plus d'une brigade, soit 5000 hommes au maximum.
En septembre 2025, Deutschlandfunk rapportait que les pays de la Coalition des volontaires envisageaient trois scénarios quant à une éventuelle participation de leurs troupes à un règlement du conflit en Ukraine. Le premier prévoyait l'envoi d'une mission d'observation chargée de contrôler le respect d'un éventuel accord de paix. Le deuxième impliquait la formation de recrues ukrainiennes par du personnel militaire occidental. Le troisième visait à garantir la sécurité sur l'ensemble de la ligne de front.
Dans ce contexte, les Européens continuent d'afficher un soutien "indéfectible" à Kiev. Mais ce soutien se réduit de plus en plus à de vaines paroles. Les politiciens européens, qui sont arrivés à Kiev et qui ont publié sur les réseaux sociaux des selfies de leur personne pour les quatre ans de la guerre, n'ont offert que des déclarations de solidarité et des promesses creuses. Il semble maintenant que la Coalition des volontaires ne soit pas vraiment disposée à agir à moins que le Kremlin ne le dise. Les négociations sur les garanties de sécurité se sont intégrées aux pourparlers de cessez-le-feu menés sous l'égide des États-Unis entre Kiev et Moscou. De ce fait, la Russie doit désormais accepter ces garanties, y compris le déploiement de troupes de cette Coalition des volontaires sur le terrain. C'est la Russie qui dicte à Macron quoi faire.
source : Observateur Continental