
par Paolo Hamidouche
Le gouvernement russe prépare un blocage à grande échelle de la messagerie Telegram au cours du printemps 2026, avec une mise en application possible dès avril. Divergence Politique vous en explique les véritables raisons.
Selon The Moscow Times, des sources proches des autorités, cette décision s'inscrit dans une série de mesures visant à renforcer le contrôle étatique du paysage numérique et à réduire l'influence des plateformes étrangères de messagerie et des réseaux sociaux, déjà fortement restreints ou bloqués en Russie depuis le début de l'opération militaire spéciale en Ukraine.
Accusations de sécurité, terrorisme et criminalité
Les autorités russes, notamment les services de sécurité (FSB), ont ouvert selon WebProNews une enquête pénale visant le fondateur de Telegram, Pavel Durov, l'accusant d'"aide à l'activité terroriste" et d'avoir refusé de coopérer avec les demandes de retrait de contenu jugé illégal.
D'après les publications des médias étatiques russes, Telegram aurait refusé de fournir des clés de chiffrement ou de supprimer des contenus sollicités par le régulateur Internet russe, Roskomnadzor, entraînant selon eux une propagation non contrôlée de contenus associés à des crimes, du sabotage ou des actes considérés comme terroristes.
Le FSB affirme que des agences étrangères, notamment de pays de l'OTAN et de l'Ukraine, utilisent Telegram comme outil dans ce qu'il appelle des opérations d'"hybrid warfare" (guerre hybride) contre la Russie, en encourageant des actions illégales et des troubles sociaux.
Non-coopération avec les autorités russes
Roskomnadzor et d'autres organes de l'État ont affirmé que Telegram n'a pas respecté plusieurs centaines de milliers de demandes officielles pour supprimer ou bloquer des chaînes, bots, groupes ou contenus jugés en violation de la loi russe, notamment autour de la sécurité et de l'ordre public.
Selon les autorités, l'absence de coopération accroît leur incapacité à surveiller et prévenir l'utilisation du service pour des activités qu'ils qualifient de dangereuses ou criminelles d'autant que le pays est en guerre et ne peut se permettre de laisser passer ce genre de choses même si "la liberté d'expression" doit être mise de côté.
Orientation vers un service contrôlé par l'État !
La Fédération de Russie développe parallèlement un service de messagerie national, souvent présenté dans les médias russes comme une alternative plus sûre et conforme aux lois locales. L'objectif affiché par certains responsables est de favoriser une plateforme que l'État pourrait réguler plus directement, tout en limitant l'influence des réseaux étrangers non conformes aux exigences locales.
Certains responsables gouvernementaux ont indiqué que même si Telegram est bloqué pour le grand public, son accès pourrait être maintenu dans des zones spécifiques, comme les lignes de front en Ukraine, où il est utilisé pour les communications des militaires notamment.
Contexte plus large des restrictions numériques !
Ce projet de blocage s'inscrit dans un contexte plus large : depuis 2022, la Russie a restreint ou interdit l'accès à plusieurs grandes plateformes numériques développées à l'étranger, dont Facebook, Instagram, X (anciennement Twitter) et WhatsApp. Ces mesures s'accompagnent de lois et d'infrastructures techniques permettant à l'État de filtrer, ralentir ou bloquer l'accès à des services en ligne jugés non conformes.
source : Divergence politique
