01/03/2026 legrandsoir.info  13min #306315

 Cuba dénonce le «chantage» des États-Unis après la menace d'un blocus pétrolier

Des médecins, et non des bombes : Cuba et la Calabre en lutte pour nos soins de santé doivent faire face à l'ingérence criminelle des États-Unis

Rita Martufi et Salvatore Izzo

QUE LES PAUVRES CRÈVENT, QU'IMPORTE... CONTRE CUBA, TOUT EST BON !

On ignore bien souvent que la guerre des administrations étasuniennes contre la Révolution cubaine depuis maintenant 64 ans (blocus décrété par Kennedy en février 1962) n'est pas qu' "économique, commerciale et financière", selon le libellé de la Résolution que l'Assemblée générale des Nations Unies vote tous les ans à la quasi-unanimité. Elle est absolument tous azimuts. L'un des derniers exemples, pas plus tard qu'hier : l'administration Trump nie les visas à sept membres de la délégation cubaine qui doit participer à ce qu'on appelle le "Classique" de base-ball (une espèce de coupe du monde dans ce sport), ce qui constitue bien entendu un handicap de départ. Mais ça aussi c'est du "classique". Chaque fois qu'une compétition sportive est organisée aux Etats-Unis, le département d'Etat refuse tous les visas ou certains visas. Quand ça se passe à Porto Rico, prétendument "Etat libre associé", c'est du pareil au même. Sans parler de l'impossibilité pour les gagnants d'encaisser les prix monétaires associés...

Mais il est un domaine dans lequel l'administration Trump est au travail depuis quelque temps, surtout depuis la première administration Trump, et les choses ont empiré depuis la seconde : exercer toutes les pressions possibles pour que les gouvernements des pays où des brigades de personnel médical cubaines prêtent service dans le cadre d'accords bilatéraux et dans celui de l'Organisation mondiale de la santé et de l'Organisation panaméricaine de la santé. Et, hélas, elle y parvient : on vient d'apprendre quasiment coup sur coup, durant cette semaine, que le gouvernement du Guatemala résiliait l'accord correspondant, et que le gouvernement d'extrême-droite tout récemment installé résiliait à son tour celui que le gouvernement progressiste de Xiomara Castro avait signé avec Cuba. (Il vaut la peine de préciser le genre de fraude qu'on emploie contre les gouvernements faibles : au dépouillement frauduleux du scrutin, s'ajoutent d'autres ingrédients : alors que les sondages donnaient comme favori la candidate du parti au pouvoir, Trump a fait savoir haut et clair que si son candidat n'était pas élu, des représailles s'en suivraient, dont des menaces sur l'envoi de fonds familiaux, le retrait de crédits, etc. Et son candidat a été "élu", alors qu'il n'avait aucune chance, puisqu'il arrivait en troisième position...)

Mais n'allez pas croire que les gouvernements "forts" sont à l'abri. Les pressions s'exercent sur une région italienne, la Calabre, qui a fait appel aux médecins cubains pour combler les vides qui y existent. On se rappellera que durant la Covid, une brigade cubaine avait exercé pendant plusieurs mois dans une localité proche de Milan (dont j'ai oublié le nom ; je sais juste que sa maire était une Bonaldi), et une autre près de Turin. Si j'en crois la presse qui ne cesse de parler des "déserts médicaux" en France (en France, que l'OMS considérait comme le pays ayant le meilleur système de santé publique au monde !!!!), les brigades cubaines pourraient y donner un coup de pouce...

Bref, pour les gouvernements de droite, l'idéologie est plus importante que la vie des citoyens pauvres, car c'est à ceux-là que les brigades internationalistes cubaines prêtent service.

Jacques-François Bonaldi

(traduction automatique Microsoft depuis l'italien, sauf quelques petites retouches)



Des médecins, et non des bombes : Cuba et la Calabre en lutte pour nos soins de santé doivent faire face à l'ingérence criminelle des États-Unis.

Entretien avec Vasapollo (Rita Martufi et Salvatore Izzo) 25/02/2026

Notre pays est également attaqué par les États-Unis, qui veulent nous contraindre à ne plus collaborer avec Cuba d'aucune manière. Pourtant, la Calabre, l'une des régions les plus pauvres d'Italie, lutte depuis des années contre la pénurie chronique de médecins, avec des hôpitaux et des urgences menacés de fermeture et des communautés entières qui resteraient privées de soins essentiels sans le soutien des blouses blanches venues de loin. Ces dernières années, des centaines de médecins cubains ont été appelés à combler ce vide, en sauvant les services et en garantissant une assistance dans les territoires où le système de santé est menacé de s'effondrer. Le gouverneur Roberto Occhiuto (membre de Forza Italia, l'un des possibles nouveaux dirigeants des anciens Berlusconiens) a souligné à plusieurs reprises que ces professionnels sont "toujours nécessaires" pour maintenir ouverts les services de santé fondamentaux de la région et que les près de 500 médecins déjà en activité doivent rester, même si, pour répondre aux pressions extérieures, des médecins d'autres pays seront sollicités afin de ne pas interrompre l'assistance.

Et tout comme notre système de santé régional tente de survivre, une bataille dure et insupportable se déroule, cette fois de nature géopolitique, impliquant la santé publique et la souveraineté de nos services de santé. Les États-Unis ont qualifié Cuba de "menace inhabituelle et extraordinaire" et ont accusé leurs missions médicales internationales d'être en réalité des formes de traite des êtres humains, allant jusqu'à imposer des sanctions et des restrictions de visa aux responsables impliqués dans ces programmes. Ces accusations sont fermement rejetées par Cuba et les autorités italiennes qui collaborent avec les brigades médicales, mais elles reflètent une stratégie évidente de pression politique et diplomatique.

Derrière ce récit agressif des États-Unis se cache une longue histoire de sanctions et de blocus économiques qui ont dévasté la vie quotidienne des Cubains. Les sanctions américaines, en vigueur depuis plus de 60 ans, ont isolé l'économie de l'île, réduisant l'accès aux biens essentiels, à la nourriture et aux médicaments. Le résultat est une souffrance croissante parmi la population, avec de graves difficultés à accéder aux ressources de base, des conditions que beaucoup qualifient de véritable crime contre le peuple cubain. Ces mesures n'affectent pas seulement le gouvernement, comme on le propage souvent, mais dévastent des secteurs entiers de la société, y compris le système de santé qui a également pu former des milliers de médecins et les envoyer à l'étranger pour aider d'autres pays.

Une histoire d'amour pour la vie

La coopération cubaine en matière de santé est née dans les premières années de la Révolution. Dès 1963, quelques années après 1959, un premier contingent de médecins partit pour l'Algérie indépendante. Depuis lors, des brigades internationalistes ont opéré dans des dizaines de pays d'Amérique latine, d'Afrique et d'Asie, intervenant dans des contextes de pauvreté structurelle, de tremblements de terre, d'épidémies et de guerres.

En 2005, après que l'ouragan Katrina a dévasté La Nouvelle-Orléans, Cuba a officiellement créé la Brigade Henry Reeve, spécialisée dans les catastrophes et les épidémies majeures. Les États-Unis ont refusé l'aide, mais la brigade a continué à opérer ailleurs : contre le choléra en Haïti, contre Ebola en Afrique de l'Ouest, jusqu'à l'urgence Covid-19 en Europe. En Italie, pendant la pandémie, des médecins et infirmières cubains sont arrivés en Lombardie puis en Calabre, à une époque où notre système de santé était à bout de souffle.

Les accusations fausses et diffamatoires

Les États-Unis accusent Cuba de traite des êtres humains dans le cadre de leurs missions médicales. "Ces accusations", explique notre chroniqueur, Luciano Vasapollo, doyen historique de l'économie à l'Université Sapienza et conseiller de Fidel Castro et Chavez, "sont diffamatoires et sans fondement. Ce sont des outils de propagande politique visant à discréditer un modèle de coopération qui place la vie des gens au centre et non les intérêts économiques. Le récit occidental dominant cherche à transformer la solidarité en exploitation, ignorant le fait que Cuba a envoyé des dizaines de milliers de médecins dans des dizaines de pays pour répondre aux urgences sanitaires et aux besoins réels de populations oubliées. Critiquer un pays pour aider les autres, tout en exportant des armes et alimentant les conflits, est un double standard inacceptable.

Selon Vasapollo, "les sanctions imposées par les États-Unis ne sont pas de simples mesures économiques : ce sont des armes qui affectent la vie quotidienne des Cubains. Ils restreignent l'accès aux biens essentiels, aux médicaments, aux technologies et à la nourriture. C'est un blocus qui dure depuis plus de six décennies et a appauvri des générations entières. Parler d'une "menace" tout en affamant un peuple entier est un crime moral. La souffrance dont nous parlons n'est pas abstraite : elle est réelle, palpable, et découle de politiques qui n'ont rien à voir avec la protection des droits de l'homme et tout à voir avec l'imposition d'un modèle de domination économique et politique".

Derrière le récit agressif des États-Unis se cache une longue histoire de sanctions et de blocus économiques qui ont dévasté la vie quotidienne des Cubains. Les sanctions américaines, en vigueur depuis plus de 60 ans, ont isolé l'économie de l'île, réduisant l'accès aux biens essentiels, à la nourriture et aux médicaments. Le résultat est une souffrance croissante parmi la population, avec de graves difficultés à accéder aux ressources de base, des conditions que beaucoup qualifient de véritable crime contre le peuple cubain. Ces mesures n'affectent pas seulement le gouvernement, comme on le propage souvent, mais dévastent des secteurs entiers de la société, y compris le système de santé qui a également pu former des milliers de médecins et les envoyer à l'étranger pour aider d'autres pays.

Des médecins, non des bombes

Pour résumer cet esprit, une phrase de Fidel Castro est restée célèbre : "Des médecins, et non des bombes !". "Une devise - explique le Professeur Vasapollo - qui visait à s'opposer à l'investissement dans la santé publique aux dépenses militaires et à la logique de la guerre. Au-delà des lectures idéologiques, cette formule est devenue le symbole d'une diplomatie sanitaire qui a marqué la présence internationale de Cuba pendant plus d'un demi-siècle."

Ces dernières années, plusieurs organisations et personnalités (dont en Italie Vasapollo lui-même, qui a également impliqué le pape François dans cette affaire) ont proposé la candidature des brigades médicales cubaines au prix Nobel de la paix, reconnaissant leur intervention en situation d'urgence mondiale. La proposition a suscité de l'enthousiasme dans les pays bénéficiaires et de vives critiques dans les cercles les plus hostiles de La Havane, ravivant le débat sur la signification politique et humaine de ces missions.

Entretien avec Luciano Vasapollo

Pour de nombreux observateurs critiques des politiques occidentales, le rôle des médecins cubains n'est pas seulement une contribution à la santé, mais un exemple de solidarité internationale et d'humanité. Nous en discutons avec Luciano Vasapollo, économiste, cofondateur de la section italienne du Réseau des artistes et intellectuels en défense de l'humanité (REDH), leader du Réseau des communistes et coordinateur du CESTES, centre d'études de l'USB ainsi que chroniqueur pour FarodiRoma.

Professeur Vasapollo, quelle importance historique accordez-vous à la naissance des brigades médicales cubaines ?

La coopération cubaine en matière de santé est l'un des éléments les plus cohérents et profonds du projet révolutionnaire. Ce n'est pas un choix récent ou opportuniste, mais une ligne qui s'étend sur des décennies. Quand Fidel parlait de "médecins, pas de bombes", il lançait un défi au monde : investir dans les humains, pas dans la destruction. Ce principe a guidé la formation de milliers de professionnels envoyés dans les contextes les plus difficiles de la planète.

Quelle importance ont les médecins cubains pour les services de santé en Italie et dans le monde entier ?

Les médecins cubains sont un exemple extraordinaire d'altruisme et de coopération humanitaire. Les Brigades médicales cubaines ne sont pas une opération commerciale ou idéologique, mais un geste concret de solidarité internationale. En Calabre, par exemple, un contingent de médecins cubains a évité la fermeture de services hospitaliers entiers, garantissant une assistance là où notre système de santé risquait de s'effondrer. De même, en Sardaigne et dans d'autres pays du monde, ils ont souvent opéré dans des conditions extrêmes, apportant des soins là où il manquait d'installations et de personnel.

En Italie, particulièrement en Calabre, la présence de médecins cubains est décisive. Quelle valeur politique attribuez-vous à cette expérience ?

C'était une démonstration concrète que la coopération Sud-Sud et la solidarité internationale peuvent également renforcer un pays européen. La Calabre, avec des déficiences structurelles et des années de mise en service de la santé, a trouvé une réponse immédiate et compétente chez ces médecins. Les pressions extérieures pour rompre cette collaboration sont préoccupantes. La santé doit être retirée de la logique du pouvoir.

Les États-Unis accusent Cuba de traite des êtres humains dans le cadre de leurs missions médicales. Quelle réponse donnez-vous à ces déclarations ?

Ces accusations sont diffamatoires et infondées. Ce sont des outils de propagande politique visant à discréditer un modèle de coopération qui place la vie des gens au centre et non les intérêts économiques. Le récit occidental dominant cherche à transformer la solidarité en exploitation, ignorant le fait que Cuba a envoyé des dizaines de milliers de médecins dans des dizaines de pays pour répondre aux urgences sanitaires et aux besoins réels de populations oubliées. Critiquer un pays pour aider les autres, tout en exportant des armes et alimentant les conflits, est un double standard inacceptable.

Les accusations fausses et diffamatoires semblent s'inscrire dans une stratégie plus large. Cuba a été qualifiée de "menace inhabituelle et extraordinaire". Comment interprétez-vous cette définition ?

Ce sont des expressions qui doivent être lues dans une stratégie géopolitique. La véritable anomalie n'est pas Cuba, mais le fait qu'un petit pays sous embargo puisse exprimer une telle solidarité internationale. Les brigades sont des accords entre États souverains, transparents, et ont sauvé des vies dans des contextes où personne ne voulait ou ne pouvait intervenir. Transformer la solidarité en crime est un renversement de la réalité.

Que pensez-vous de la proposition d'attribuer le prix Nobel de la paix aux médecins cubains ?

Cela aurait été une reconnaissance équitable. Non pas parce que Cuba a besoin de médailles, mais parce que ce serait un message pour le monde : la paix se construit par la santé, l'éducation, la coopération. Ces femmes et ces hommes ont été confrontés à Ebola, à des tremblements de terre, à des pandémies. Ils opéraient dans des conditions extrêmes. Un prix Nobel pour les brigades serait un prix Nobel pour une idée différente des relations internationales.

Quelle est la situation interne à Cuba aujourd'hui, en raison des sanctions ?

La situation est dramatique. Les sanctions imposées par les États-Unis ne sont pas de simples mesures économiques : ce sont des armes qui affectent la vie quotidienne des Cubains. Ils restreignent l'accès aux biens essentiels, aux médicaments, aux technologies et à la nourriture. C'est un blocus qui dure depuis plus de soixante ans et qui a appauvri des générations entières. Dans certaines régions, les gens souffrent de faim, et cela n'est pas dû à une incapacité interne mais à un système de restrictions qui entrave toute transaction internationale. Parler d'une "menace" tout en affamant un peuple entier est un crime moral. La souffrance dont nous parlons n'est pas abstraite : elle est réelle, palpable, et découle de politiques qui n'ont rien à voir avec la protection des droits de l'homme et tout à voir avec l'imposition d'un modèle de domination économique et politique.

Quelle leçon devrions-nous tirer de cette affaire en Europe ?

Que la santé ne peut pas être un champ de bataille géopolitique. Si un médecin soigne, sauve une vie, réduit la souffrance, c'est déjà de la diplomatie de la paix. L'Europe et l'Italie ont l'opportunité de choisir une voie de respect de la souveraineté et de la coopération, plutôt que de subir l'hégémonie des puissances extérieures. L'arrivée des médecins cubains est une leçon d'humanité qui devrait nous faire réfléchir à ce que signifie vraiment prendre soin des gens, surtout en période de difficulté. La coopération n'est pas une faiblesse, c'est un choix de civilisation.

À une époque marquée par les guerres et les tensions mondiales, l'histoire des brigades cubaines et la controverse qui les entoure ramènent au centre une question simple et radicale : quel modèle de monde voulons-nous soutenir, celui des bombes ou celui des blouses blanches.

Rita Martufi et Salvatore Izzo

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