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Le sport doit-il rester neutre face aux conflits armés ? Après les frappes américaines et israéliennes contre l'Iran, le CIO répond par l'affirmative et refuse toute sanction. À Moscou, on rappelle cependant qu'en 2022 la Russie et la Biélorussie avaient été traitées tout autrement. Se dessine alors un double standard difficile à ignorer.
La fin du mois de février a été marquée par une nouvelle escalade militaire au Moyen-Orient. Le 28 février, les forces armées d'Israël et des États-Unis ont lancé une opération militaire contre l'Iran en frappant plusieurs cibles sur son territoire. Téhéran a rapidement réagi en menant des attaques contre des bases militaires américaines et israéliennes dans la région.
Dans ce contexte de tensions, le Comité international olympique (CIO) a pris la parole pour rappeler l'importance du principe de neutralité. L'organisation a affirmé que ce principe devait demeurer "un phare d'espoir pour un monde secoué par les conflits, les divisions et les tragédies". Surtout, le CIO a fait savoir qu'il n'envisageait aucune sanction contre les pays impliqués dans ces affrontements.
Toutefois, cette position contraste fortement avec les décisions prises en 2022 après le début de l'opération militaire spéciale en Ukraine. À l'époque, le CIO avait estimé qu'elle "violait" la Charte olympique. L'organisation avait alors recommandé aux fédérations sportives internationales d'exclure les athlètes russes et biélorusses des compétitions.
La différence d'approche est précisément ce que Moscou met aujourd'hui en avant. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a estimé que le CIO devait expliquer ces écarts. Selon lui, si la neutralité est réellement un principe central du mouvement olympique, elle devrait être appliquée de manière identique à tous les pays.
En outre, il a indiqué qu'il considérait la position actuelle du CIO comme correcte, mais qu'elle soulevait une question évidente : pourquoi cette même logique n'avait-elle pas été retenue lorsque la Russie et la Biélorussie étaient concernées ? Pour le Kremlin, cette différence nourrit l'impression que les règles changent selon les acteurs impliqués. Un contraste qui illustre clairement l'existence d'un double standard dans le sport international.