Le mythe de La fin de l'histoire de Fukuyama a ravi les arrogantes et mégalomaniaques élites occidentales quand son livre est sorti en 1992, tant il comblait leurs rêves suprémacistes les plus fous. Fukuyama s'était « inspiré des thèses d' Alexandre Kojève sur la « fin de l'histoire », pour affirmer que la fin de la guerre froide marque la victoire idéologique de la démocratie et du libéralisme (concept de démocratie libérale) sur les autres idéologies politiques » (wikipedia).
Mais sa théorie a fait long feu, avec notamment l'avènement des BRICS, et le Grand capital, que j'appellerai le Corporate power dans cet article pour qu'on n'oublie pas qu'il est principalement anglo-saxon (la City et Wall Street), et ses serviles laquais occidentaux doivent maintenant faire face au déclin accéléré de leur puissance, jusque-là incontestée, et au mécontentement des populations.
Le Corporate Powe. Illustration par Andrzej Krauze. Source : The Guardian
Le Corporate power, acculé, a donc décidé d'employer les grands moyens et de s'attaquer aux pays récalcitrants à coup de bombes, et aux populations récalcitrantes en suivant le conseil ironique de Bertolt Brecht : « Puisque le peuple vote contre le Gouvernement, dissolvons le peuple ».
Cette tentative totalitaire de dissoudre le peuple a pris toutes sortes de formes :
L'immigration galopante qui remplace la population locale par une population moins exigeante qui fait plus d'enfants, la contraception, l'avortement, l'opération Covid avec ses morts par Rivotril ou manque de soins et ses effets secondaires, l'euthanasie, la pédophilie, la pauvreté, l'insécurité, la drogue, le désespoir...
La fin de l'humanité
Et la dernière en date et peut-être la pire car elle pourrait sceller la fin de l'humanité, selon Alexandre Douguine, c'est l'IA :
« La question de l'IA n'est pas simplement—ou même principalement—une affaire technique. C'est un problème philosophique et conceptuel. Elle remet en question la rationalité elle-même, la capacité humaine de penser () Parce que nous sommes l'espèce Homo sapiens—l'être rationnel—ce développement remet en cause l'humanité dans son ensemble (...) Elle implique le remplacement de l'humanité en tant que telle par l'intelligence artificielle.
Le sujet de l'intelligence artificielle est, avant tout, philosophique. Adapter l'IA à une civilisation-État souveraine - comme la Russie - nécessite un effort philosophique supplémentaire. Pourtant, nous faisons souvent preuve d'un mépris pathologique pour la réflexion. Lorsque nous nous précipitons vers des solutions purement techniques, nous commençons lentement à prendre du retard, même là, parce que la technologie est nourrie par la science, et la science, à son tour, par la philosophie.
Aristote a défini la philosophie dans ces termes exacts : c'est ce qui pense à propos de la pensée, de la façon dont nous pensons. La dimension philosophique est donc indispensable. Pourtant, aujourd'hui, elle est presque totalement absente de notre société ».
Et pourquoi ? Parce que le capitalisme ne s'intéresse pas à la qualité mais seulement à la quantité, et ignore royalement tout ce qui ne peut pas être chiffré, quantifié, accumulé... Tant que le capitalisme dominera la planète, il n'y aura ni pensée, ni spiritualité, ni liberté, ni moralité, ni qualité de vie, ni rien d'autre qu'un morne esclavage au profit du Corporate power.
Mais ce Corporate power ne signe-t-il pas son propre arrêt de mort « en se précipitant vers des solutions purement techniques », qui nous font « prendre du retard » dans la compétition technologique internationale ?
Si c'est le cas, soit il n'en a pas conscience, soit il n'en a cure, tant il se sent supérieur et à l'abri du sort commun de l'humanité qu'il méprise. Dans la pure tradition du toujours plus de la même chose de Paul Watzlawick, le Corporate power poursuit sa seule et unique obsession, les profits, encore les profits, toujours les profits, quoiqu'il en coûte, comme dirait notre leader maximo.
Tout ce que nos dirigeants font a été planifié par le Corporate power
Brian Berletic nous l'explique très bien dans sa vidéo du 4 mars 2026 « JOUR 5 : Trump évoque son soutien aux militants en Iran et n'exclut pas l'envoi de troupes américaines sur le terrain », qui analyse l'agression US/Israël contre l'Iran.
« Les États-Unis évoquent désormais la possibilité de soutenir une invasion armée de l'Iran par des milices (kurdes et djihadistes) ; Les États-Unis n'excluent pas non plus l'envoi de troupes au sol en Iran. Ces deux options ont été présentées en détail dans un document de Brookings de 2009 intitulé « Which Path to Persia » (Quelle voie vers la Perse), tout comme le soutien au terrorisme en Iran et l'utilisation d'Israël pour attaquer l'Iran par procuration ».
Attaque du consulat iranien de Damas en Syrie le 1er avril 2024. Source : Al Haram
Tout, depuis l'attaque du consulat iranien de Damas le 1er avril 2024, le lancement d'une vaste campagne aérienne américaine contre l'Iran en juin 2025 (la guerre des 12 jours), la révolution de couleur fomentée par la CIA and Co et l'attaque US/Israel actuelle, « tout absolument tout est détaillé exactement comme cela s'est produit dans ce document de Brookings ». Brookings est un célèbre think tank américain, financé par la fine fleur du Corporate power. Il est chargé d'établir la feuille de route qui sera ensuite remise aux dirigeants que le Corporate power a fait élire pour servir ses intérêts.Toutes les attaques étasuniennes contre l'Irak, la Libye, la Syrie, la Palestine, le Liban, la Russie, la Chine, la Somalie, le Venezuela et j'en passe, ont toutes été préparées à l'avance par les Etats-Unis, le bras armé du Corporate power, Républicains et Démocrates confondus. Les politiciens américains sont chargés de les vendre au public « de manière fragmentaire afin de donner l'impression que les développements sont « organiques » plutôt que prémédités ».
Beaucoup d'analystes réputés comme Alexander Mercouris et John J. Mearsheimer s'arrachent les cheveux parce qu'ils ne comprennent pas le but stratégique de ces guerres dont le seul résultat apparent est d'appauvrir l'Occident et de semer le chaos. Cela leur semble terriblement irrationnel, idiot même, dit le professeur Michael Scheuer , car les Etats-Unis sont sûrs de perdre cette guerre comme les précédentes...
Moi ce qui m'étonne, c'est que ces grands analystes n'aient pas encore compris ce que mon petit-fils de 16 ans sait depuis longtemps : perdre ou gagner la guerre n'a de l'importance que pour les nations et leurs populations, pour le Corporate power, cela n'a aucune espèce d'importance, tant qu'ils s'enrichissent. Détruire, trafiquer, piller, tuer (les croque-morts ukrainiens font des affaires formidables !), sanctionner, reconstruire, prêter à taux d'usure, tout cela rapporte également ! Plus la guerre est barbare, plus elle s'étend et plus elle dure, plus le Corporate power se frotte les mains, il ne faut pas chercher plus loin.Et cela restera la triste réalité, en Occident, tant que le Corporate power nous possèdera. La Russie a réussi à s'en débarrasser grâce à Poutine, la Chine a appris à s'en protéger depuis la guerre de l'Opium. Mais nos dirigeants le servent cyniquement. Tant que la paix en Europe lui profitait, on a eu la paix, mais maintenant qu'elle ne rapporte plus assez, l'Europe est entrée dans la guerre.
Et, sachez-le, si le Corporate power estime que larguer une bombe atomique lui rapportera, il trouvera facilement un dirigeant occidental pour le faire...
La fin du Corporate Power nécessite la dissolution des Etats-Unis
Dans un article du 1er mars 2026, intitulé : « L'Amérique survivra-t-elle en 2026 », Philippe Grasset cite un article de Chris Hedge de 2010 qui portait sur le chef du mouvement néo-sécessionniste du Vermont, Thomas Naylor :
« Le mouvement [néo-sécessionniste de Naylor] considère à juste titre le Corporate Power comme une force qui a tellement corrompu l'économie ainsi que le processus électoral et judiciaire qu'elle ne peut plus être vaincue par les voies traditionnelles. Il sait que le Corporate Power, qui considère le monde naturel et les êtres humains comme des marchandises à exploiter jusqu'à épuisement ou effondrement, cannibalise rapidement la nation et pousse la planète vers une crise irrévocable. Il soutient que le Corporate Power ne peut être démantelé que par des formes radicales de révolte non-violentes et la dissolution des États-Unis. En tant qu'acte de révolte, il a de nombreux avantages.
» "La seule façon d'arrêter ces guerres est de cesser de les financer", m'a dit Naylor. "Le Vermont contribue pour environ $1,5 milliard au budget du Pentagone. Voulons-nous continuer à soutenir ces guerres ? Non ? alors arrêtons de payer. Nous avons deux objectifs. Le premier est de rendre au Vermont son statut de république indépendante. Le second est la dissolution pacifique de l'empire. Je considère que ces deux objectifs se complètent mutuellement (...) Il y a trois ou quatre scénarios possibles de l'effondrement de l'empire. Une possibilité est une guerre contre l'Iran"»
Conclusion

Je pense qu'il serait trop douloureux pour eux d'admettre que ce qu'ils considéraient comme la magnifique, prospère et exemplaire civilisation chrétienne occidentale, qui a découvert l'Amérique, civilisé pour certains ou colonisé pour d'autres le monde entier, mené à bien la révolution industrielle et atteint la suprématie technologique, inventé la démocratie et les droits de l'homme, soit devenue un égout putride ou la génération Epstein [Photo à gauche : Epstein et Trump], comme dit le professeur iranien Mohammad Marandi , dévaste à tour de bras et s'adonne ouvertement à toutes les perversions et à tous les crimes possibles et imaginables, de la pédophilie débridée au génocide tout aussi débridé, tout en donnant des leçons de morale au monde entier. Une génération de dégénérés qui mènent délibérément l'humanité à sa perte pour gagner quelques sous de plus et/ou quelques minutes de pouvoir de plus...
Rien n'est plus dur, pour ceux qui ont cru en cette civilisation, l'ont servie et/ou soutenue consciemment ou inconsciemment, que de se retourner sur les champs de ruines et de cadavres qu'elle a laissés derrière elle dans sa lutte impitoyable pour l'hégémonie...
Tant que les mots pardon et réparation n'auront pas été prononcés, il n'y aura pas de rédemption ni de résurrection...
Dominique Muselet
Image en vedette : Capture d'écran. Attaque contre l'Iran. Source : rollingstone.fr
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Dominique Muselet auteure et traductrice, Paris, France. Elle est associée de recherche au Centre de recherche sur la Mondialisation.
La source originale de cet article est Mondialisation.ca
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