07/03/2026 reseauinternational.net  4min #306934

Mandat d'arrêt contre Tariq Ramadan en France : Sa défense quitte le procès et dénonce une « parodie de justice »

par Feiza Ben Mohamed

Ses avocats ont décidé de quitter les bancs de la défense pour protester contre "un déni de justice" après que la cour a décidé de poursuivre le procès en l'absence de l'islamologue, a appris Anadolu auprès de Me Ouadie Elhamamouchi

La justice française a émis, vendredi, un mandat d'arrêt international à l'encontre de l'islamologue Tariq Ramadan, qui n'avait pas pu se présenter à l'ouverture de son procès le 2 mars dernier.

Hospitalisé à Genève depuis le 27 février et atteint d'une sclérose en plaques sujette à "des complications", Tariq Ramadan sollicitait, depuis le début de la semaine, le renvoi de son procès prévu pour durer quatre semaines.

"Tariq Ramadan est sorti de l'hôpital jeudi mais n'est pas en état de comparaître selon son neurologue médecin traitant" explique Me Ouadie Elhamamouchi dans un entretien accordé à Anadolu.

Il assure que son client "a transmis tous les éléments médicaux alors qu'il n'y était pas obligé" et pointe principalement le choix de l'expert mandaté par la cour criminelle départementale de Paris pour déterminer si Tariq Ramadan, était en capacité de comparaître immédiatement.

En effet, si l'avis de l'expert a conclu à un état de santé compatible avec sa présence devant la justice, sa défense rappelle avoir "alerté sur le choix de l'expert judiciaire qui était en conflit ouvert avec Tariq Ramadan depuis 2018, comme il l'avait déjà écrit dans son livre Devoir de Vérité".

"C'est une parodie de justice, les droits de la défense sont bafoués, tout le monde est perdant et surtout la justice. Décidément on n'aura rien épargné à Tariq Ramadan" grince Me Elhamamouchi pour qui la décision rendue par l'expert est clairement entachée de partialité au vu des antécédents entre les deux hommes.

De ce fait, les quatre avocats qui défendent Tariq Ramadan dans cette procédure tentaculaire, ont pris la décision de quitter les bancs de la défense, pointant "un déni de justice".

Et de poursuivre : "La règle est que l'accusé a le droit d'assister à son procès. Nous avons sollicité un report de quelques semaines le temps que la santé de Tariq Ramadan aille mieux. Cela nous a été refusé malgré les nombreux justificatifs. La Cour a décidé de passer outre la présence de Tariq Ramadan. La défense en tire toutes les conséquences".

L'avocat de l'islamologue explique par ailleurs qu'il n'a jamais été question pour son client de se soustraire à la justice et que celui-ci souhaite simplement pouvoir "assister à son propre procès dans des conditions médicales sereines, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui".

Pour rappel, Tariq Ramadan devait comparaître depuis le 2 mars devant la cour criminelle départementale de Paris pour répondre aux accusations de viols formulées par trois femmes dont au moins deux sont réputées proches des milieux identitaires d'extrême-droite.

Acquitté en première instance en Suisse, il avait finalement été condamné en appel, mais réclame désormais une révision du procès suisse, ainsi qu'un complément d'information concernant la procédure en France.

"J'ai parfois eu l'impression que ce n'est pas un homme que l'on a à juger, mais bien ce qu'il représente. C'est Tariq Ramadan l'islamologue, l'intellectuel, qui est accusé", expliquait-il récemment dans un entretien exclusif accordé à Anadolu.

Lors de son premier procès en Suisse, il relatait avoir exhorté le tribunal devant lequel il comparaissait à le "juger comme un citoyen suisse en oubliant (son) nom" et assurait avoir "la certitude que (s'il) ne s'appelait pas Tariq Ramadan", cette affaire "n'aurait jamais existé".

L'enseignant de 62 ans pointait à cet effet "ceux qui, au nom de la détestation d'un homme", ont plongé tête baissée dans un lynchage médiatique visant à "le couper de sa base".

Tariq Ramadan considère en outre que, dans cette affaire, il était question de le "viser en tant que figure musulmane qui revendique la présence des Européens de confession musulmane".

source :  Agence Anadolu

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