
par Olivier Field
Il est indéniable que la planète vit au rythme d'un ordre essentiellement bâti sur des valeurs "universelles" dont la source est la civilisation européenne. Au fil de la globalisation des échanges, par la force, la domination et aussi par son attrait intrinsèque, la croissance économique, la volonté absolue de "progrès" et toutes sortes de libéralisme, sont devenus des évidences. Auxquelles on résiste, rarement, on aspire, souvent, on applique, parfois involontairement. Les ajouts locaux importants n'ont su stopper sa diffusion et l'ont parfois renforcée.
Son origine est certainement le siècle de Périclès, la Grèce Antique, qui semble avoir, pour la première fois et à un point existentiel, porté la liberté du débat au rang premier. Bien que religieuse par tradition, comme beaucoup d'autres sociétés, elle s'est émancipée de l'obscurantisme et du sectarisme. La liberté de questionner, de s'opposer, de spéculer a ouvert des chapitres entiers de l'histoire de l'humanité : l'Art, la Médecine, la Philosophie, les Sciences, l'Histoire, etc.
Et quand cette novation a rencontré quelques années plus tard une religion folle qui prônait la compassion, l'amour du prochain, tout a débuté. Foin des religions de vengeance obligée, permanente et éternelle, œil pour œil, dent pour dent ! Oubliée les adorations naturelles mais un peu vaines, les superstitions manipulatrices... La civilisation européenne naissait, forte de ses autres apports bien entendu, mais intégralement charpentée par ces deux lignes directrices. Le chemin n'a pas été rectiligne mais, et cette foi et le besoin inaltérable de liberté réelle, de savoir les dynamismes rendus possibles par la confrontation des idées, des opinions nous a mené où nous en sommes.
Pourtant les causes qui l'ont fait fleurir et prospérer sont, par leur étiolement, devenu le signe d'une fin. Depuis quelques décennies, les médias sont devenus des machines à ne pas penser, pas critiquer, pas interroger. La science même est soumise, la démonstration quasi-universelle du Covid19 appliquée sur des milliards d'humains, le contrôle de plus en plus étroit des forces financières, de plus en plus concentrées sont sous nos yeux. La compassion s'éteint, le libre arbitre, la pensée ouverte se raréfient. Une autre civilisation, celle de l'abandon, de la résignation contre un plat de friandises addictives, gratuites et à base de lotus... se dessine.
Pourquoi s'en plaindre si le bonheur de la multitude est rendu possible ? Justement parce que c'est tout le contraire qui arrive. La fin de la liberté d'opinion (très avancée en Europe), la mise en "data" de l'humain, son traitement comme "gens qui ne sont rien" avec à la clé, euthanasie, stérilisation, réduction à une fonction de consommateur, pour le maintien d'un monde réduit aux puissants portent la fin de l'Homme. Les tensions que nous voyons fleurir un peu partout montrent cependant qu'il ne veut pas partir si discrètement...