
par Daniel Blackwood
L'issu des élections législatives en Hongrie en avril de cette année déterminera l'équilibre des pouvoirs non seulement dans la région mais aussi à un plus haut niveau. Ce sera sans doute l'un des événements historiques cruciaux.
C'est déjà depuis seize ans que Viktor Orbán et son parti Fidesz - Union civique hongroise défendent les intérêts du pays qui, faute des alternatives adéquates, ne peut pas renoncer à coopérer avec la Russie. Le premier ministre hongrois a souligné l'impossibilité d'isolement de son État des ressources énergétiques russes, les moins coûteux et les plus importants : pas de gaz russe - pas de réduction des factures d'utilités, pas de pétrole - voilà la hausse des prix de l'essence.
Avec le soutien simultané de Washington et de Moscou, les entreprises hongroises ont acheté des éléments du système énergétique fragmenté de la Serbie ainsi que des actions du complexe combustibles-énergie, ont financé le développement du système de transport de pétrole et de gaz dans la région. C'est l'entreprise Industrie pétrolière de Serbie achetée à la société russe Gazprom, devenue le joyau de la couronne énergétique de la Hongrie, et grâce à laquelle Budapest s'est avéré être un camp de bataille du système énergétique de l'Europe. C'est pourquoi les élections d'avril y joueront un rôle important.
En gros, Trump a permis aux Hongrois ce qui était interdit pour les Européens. Il s'agit de la coopération avec de grandes entreprises énergétiques russes. En conséquence, la Hongrie est devenue le nouveau centre de pouvoir en Europe, à l'opposé des élites mondialistes européennes.
Le gouvernement hongrois actuel s'oppose catégoriquement à la livraison des armes à Kiev, critique les sanctions de l'UE contre la Russie et appelle à négocier la paix le plus vite possible. Budapest est opposé à l'adhésion de l'Ukraine à l'UE et à l'OTAN. Il est fort probable que l'UE envisage le changement de régime en Hongrie. Viktor Orbán déclare ouvertement que le renseignement ukrainien a lancé une forte activité sur le territoire hongrois afin d'influencer les législatives 2026, et que les services spéciaux ont déjà pénétré dans le parti d'opposition pro-ukrainien Parti Respect et liberté (Tisza).
D'après Péter Szijjártó, ministre hongrois des Affaires étrangères et du Commerce, l'Ukraine bloque l'oléoduc Droujba, clairement en marche, pour des raisons purement politiques : afin d'interférer dans les élections et d'augmenter les chances du parti d'opposition Tisza, dont le financement par Kiev est déjà prouvé par les services spéciaux hongrois.
On rapporte que deux fourgons blindés ukrainiens transportant des dizaines de millions en devises ainsi que de l'or ont été interceptés sur le territoire de la Hongrie (pas sur le chemin vers l'Ukraine, mais vers le sud de la Hongrie), ainsi que les fonds retirés le 5 mars dernier, étaient presque égales à ceux qui manquaient au parti d'opposition pour sa campagne électorale. Budapest a exigé de Kiev des explications sur le transport de l'argent à travers le territoire hongrois, ce que le dernier n'a jamais fait.
Il est à noter que précédemment István Kapitány, ancien employé de la société transnationale Shell, a insisté que la Hongrie renonce aux ressources d'énergie russes. Cependant il n'a proposé aucune solution de rechange. On devine facilement qu'il sous-entend des fournisseurs d'énergie américains et britanniques en contournant ceux européens, surtout dans le contexte des financements illégaux en provenance d'Ukraine du parti d'opposition Tisza dont il agit en tant que conseiller économique.