
Par l' Agence Média Palestine, le 17 mars 2026
Comme chaque semaine, l'Agence Média Palestine vous propose un bilan hebdomadaire de la situation en Cisjordanie occupée. Si la situation ne cesse de se dégrader, elle a atteint durant la semaine qui vient de s'écouler les sommets de l'horreur.
Les forces israéliennes assassinent deux enfants et leurs parents et frappent les enfants survivants
Une famille a été décimée alors qu'elle rentrait de courses pour la fête de l'Aïd samedi 14 mars. Les forces d'occupation israéliennes dont les agents circulaient en civils ont criblé de balles la voiture de la famille Bani Odeh, tuant les parents et deux de leurs enfants dont l'un était non voyant. Ali, 37 ans, Waad, 35 ans, et leurs enfants, Mohammad et Othman, âgés respectivement de cinq et sept ans, ont été tués d'une balle dans la tête. Seuls Mustafa, huit ans, et Khaled, douze ans, ont survécu. Tous deux sont blessés au visage et à la tête par des éclats d'obus.
Selon Middle East Eye, les forces israéliennes, qui circulaient dans une voiture civile, ont ouvert le feu dès que le véhicule d'Ali a atteint la partie ouest de Tammoun située dans le nord de la Cisjordanie occupée.
"Nous sommes arrivés près du restaurant Tubasi lorsque des soldats ont commencé à nous tirer dessus",
a raconté Mustafa, 8 ans, cité par Mondoweiss. Après avoir tiré sur la famille dans la voiture, les soldats
"nous ont sortis du véhicule et nous ont battus. Puis on nous a emmenés dans l'ambulance",
a ajouté le jeune garçon. Le journaliste israélien Barak Ravid rapporte quant à lui que les soldats ont dit aux enfants survivants qu'ils avaient "tué des chiens".
Le maire de Tammoun, Samir Bisharat, cité par Mondoweiss, explique qu'Ali, le père, était ouvrier du bâtiment en Israël et menait une vie normale avec sa famille.
"Ils n'ont jamais eu de problèmes avec l'occupation ni avec qui que ce soit d'autre", dit-il. "Ali était connu et respecté dans la communauté, et sa femme, Waad, était très douce".
Le massacre de Tammoun a porté à dix le nombre de Palestiniens tués en Cisjordanie cette semaine. Un peu plus tôt dans la journée du 14 mars, un Palestinien de 28 ans, Amir Moatasem Odeh était tué par des tirs de colons à Qusra, au sud de Naplouse. Selon le maire de la commune, un nouvel avant-poste de colons a été installé il y a environ deux mois et demi à proximité du village. Ces avant-postes sont des implantations illégales, même au regard du droit israélien, destinées à créer des faits accomplis sur le terrain.
"Il s'agit d'une tente où un colon est installé avec ses moutons (et) où, chaque jour, des groupes de colons se rassemblent et mènent des attaques contre les habitations voisines",
a affirmé le maire. C'est ainsi que le 14 mars, ces colons ont attaqué une zone située à l'ouest du village et ont ouvert le feu sur les habitants, dont Amir, qui tentaient de défendre leurs maisons.
Des colons israéliens mènent un raid ultra violent et agressent sexuellement un Palestinien devant ses enfants
Les colons juifs multiplient les attaques contre les Palestiniens dans toute la Cisjordanie semant terreur et épouvante. Des témoins d'un raid de colons perpétré dans la nuit du 14 au 15 mars vers 1 heure du matin contre la communauté pastorale de Khirbet Humsa située dans le nord de la vallée du Jourdain décrivent un véritable cauchemar. Cités par le journal Haaretz, ils racontent que les colons venus par dizaines, masqués, ont violemment battu et humilié l'ensemble de la communauté, hommes, femmes, enfants, et personnes âgés, ont agressé sexuellement un homme devant sa famille, ont volé les objets de valeur et ont lâché les troupeaux. Les colons ont également battu des jeunes filles et des adolescentes de la communauté, et l'un d'eux a menacé de tuer les enfants et de violer les femmes.
Une citoyenne étasunienne, volontaire aux côtés des Palestiniens en Cisjordanie, a assisté à l'agression sexuelle du Palestinien mais celui-ci, confirmant le témoignage auprès de Haaretz, a demandé à ce que les détails ne soient pas divulgués.
"Ils ont baissé le pantalon du Palestinien, l'ont aspergé d'eau et l'ont roué de coups jusqu'à ce qu'il tombe à terre", a raconté la volontaire. "Il ne pouvait que se recroqueviller en position fœtale et hurler sous leurs coups de bâton [...] C'était l'une des pires choses que j'aie jamais vues", a-t-elle ajouté.
Les témoins ont expliqué que les enfants de la communauté ont aussi été battus et forcés d'assister à toutes les scènes. Ils ont en outre constaté des violences contre des jeunes filles devant leurs parents ligotés, ainsi que le pillage de bétail et de bijoux.
"Je me suis réveillée au son des cris des colons. Ils m'ont giflée, nous ont traînées dehors, nous ont ligotées, m'ont arraché mon voile et ont déchiré certains de mes vêtements", a témoigné une femme du village, citée par le journal. "Ils ont sorti les filles et les ont battues, même les plus petites. Ils se moquaient de nous et se réjouissaient de notre humiliation", a-t-elle ajouté.
L'homme le plus âgé de la famille, âgé de 74 ans, a décrit comment quatre colons sont entrés dans sa tente :
"Trois d'entre eux m'ont roué de coups à la tête, aux mains et au ventre. Le quatrième a cassé les caméras de sécurité, le routeur et les lumières [...] J'ai commencé à perdre connaissance. Ils m'ont aspergé d'eau, et pendant ce temps, un colon m'a volé ma montre".
Israël maintiendra la fermeture de la mosquée Al-Aqsa pendant l'Aïd
Fermée par Israël depuis le déclenchement de la guerre contre l'Iran, la mosquée Al-Aqsa restera fermée pendant toute la fête musulmane de l'Aïd el-Fitr et au-delà, selon les informations recueillies par Middle East Eye.
Selon ces informations, les autorités israéliennes ont informé le Waqf islamique, l'organisme chargé de la gestion du site, de cette décision ces derniers jours. Cette fermeture sans précédent, notamment pendant le mois de Ramadan, a été condamnée par les Palestiniens comme une nouvelle tentative d'Israël d'exploiter les tensions sécuritaires pour imposer de nouvelles restrictions et consolider son contrôle sur Al-Aqsa.
Depuis l'occupation de Jérusalem-Est par Israël en 1967, c'est le premier Ramadan durant lequel les Palestiniens n'ont pas pu accomplir leurs prières à la mosquée d'Al Aqsa, un des lieux les plus importants de l'islam.
36 000 Palestiniens déplacés en un an
L'expansion des colonies israéliennes a entraîné le déplacement forcé de plus de 36 000 Palestiniens en un an, ce qui "soulève des inquiétudes quant à un nettoyage ethnique" selon le Haut Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme. Ce 17 mars, l'ONU a, à nouveau, appelé Israël à cesser immédiatement l'expansion des colonies en Cisjordanie.
Selon un nouveau rapport, couvrant la période allant de novembre 2024 à la fin octobre 2025,
"le déplacement de plus de 36 000 Palestiniens en Cisjordanie occupée constitue une expulsion massive de Palestiniens d'une ampleur inédite".
Le Haut-Commissariat souligne que les déplacements en Cisjordanie occupée, qui coïncident avec le déplacement massif de Palestiniens à Gaza "semblent indiquer une politique israélienne concertée de transfert forcé massif" sur l'ensemble des territoires occupés. Le 19 février, il avait déjà indiqué craindre un nettoyage ethnique dans les territoires palestiniens occupés, en pointant du doigt une série d'actions israéliennes.
Khaled a perdu son père, sa mère et deux de ses frères, tués par des tirs de l'armée israélienne sur la voiture familiale, dans la nuit de samedi à dimanche, dans le Nord de la Cisjordanie. Il décrit une scène d'horreur et demande justice.