20/03/2026 reseauinternational.net  5min #308337

L'armée israélienne menace d'« éliminer » les dirigeants russes qui « souhaitent du mal à Israël »

par Wyatt Reed

La menace voilée d'Israël à l'encontre de Moscou est intervenue juste après que les médias russes eurent averti que les caméras de surveillance routière de Moscou étaient vulnérables aux mêmes failles qu'Israël aurait utilisées pour surveiller la résidence de l'ayatollah Khamenei avant de l'assassiner.

La porte-parole militaire israélienne, Anna Ukolova, a suscité l'indignation à Moscou après avoir menacé d'"éliminer" les autorités russes qui "souhaitent du mal à Israël", tout en suggérant qu'Israël pourrait pirater les caméras de vidéosurveillance russes pour identifier et suivre des cibles.

Interrogée par un journaliste de la radio russe RBC sur l'accès d'Israël aux caméras de circulation russes, Mme Ukolova  a refusé de répondre directement, mais a averti que "l'élimination de Khamenei prouve que nos capacités sont sérieuses" et que "quiconque nous veut du mal ne sera pas épargné".

Elle a ajouté, d'un ton menaçant : "J'espère que Moscou ne souhaite pas de mal à Israël en ce moment - j'aimerais le croire".

En réponse à un  message du philosophe russe Alexandre Douguine, qui affirmait que la porte-parole de Tsahal avait menacé de tuer les autorités russes qui adopteraient une position anti-israélienne, Ukolova a prétendu que Douguine  propageait de fausses informations. Elle a toutefois refusé de préciser en quoi ses propos avaient été mal interprétés.

IDF spokeswoman Anna Ukolova threatens on Russian RBC radio Russian authorities to be killed if they take anti-Israel position in the war. She said that Israel controls all web-cameras in Russia and could hit easily whoever it wants including Putin.  pic.twitter.com/aZmoCt1Hne

- Alexander Dugin (@AGDugin)  March 16, 2026

Les déclarations d'Ukolova interviennent quelques jours seulement après la révélation qu'un grand nombre de caméras de vidéosurveillance russes utilisaient potentiellement BriefCam, un logiciel israélien d'analyse vidéo dont le fonctionnement correspond étroitement à la description d'un programme que le  régime de Netanyahou aurait déployé pour suivre les déplacements des Iraniens aux abords du domicile du Guide suprême iranien avant son assassinat lors de l'attaque surprise du 28 février.

Le 12 mars, le média russe  Mash a révélé que le logiciel israélien BriefCam "est utilisé en Russie par des prestataires privés depuis les années 2010". Développé à l'Université hébraïque d'Israël en 2007, BriefCam utilise l'intelligence artificielle pour permettre aux utilisateurs de "visionner des heures de vidéo en quelques minutes" et de "rendre [leurs] vidéos consultables, exploitables et quantifiables". En 2024, BriefCam a été racheté par Milestone Systems, une filiale néerlandaise du groupe Canon, qui s' engage publiquement à "amplifier les possibilités offertes par la vidéo aux organisations de toutes tailles".

"Notre technologie brevetée VIDEO SYNOPSIS® condense des heures de surveillance en un court résumé en superposant plusieurs événements - chacun horodaté - sur une seule image, vous permettant ainsi de les filtrer par type d'objet et attributs",  clame la page BriefCam de l'entreprise. Une  analyse d'Al-Jazeera a révélé que ces attributs incluent "le sexe, la tranche d'âge, les vêtements, les déplacements et le temps passé dans un lieu donné".

Initialement  déployé par le ministère israélien du Logement et de la Construction pour sécuriser les colonies illégales de Jérusalem-Est occupée, BriefCam a été utilisé par des gouvernements du monde entier,  notamment au Royaume-Uni, en Nouvelle-Zélande, au Pakistan, en Israël, au Mexique, aux Émirats arabes unis, au Canada, en Indonésie, à Singapour, en Thaïlande, au Brésil, en Allemagne, en Afrique du Sud, aux Pays-Bas, en Australie, au Japon, en Inde, en Espagne et à Taïwan. Il a également été déployé aux États-Unis, la police de Hartford (Connecticut) ayant adopté le logiciel en 2022. En 2025, un tribunal français a jugé l'utilisation de BriefCam par le gouvernement américain illégale, invoquant de  multiples violations des lois françaises et européennes sur la protection de la vie privée.

Au moment de la publication, BriefCam semble être intégré à des dizaines de systèmes dits de "vidéosurveillance", y compris le système de surveillance VMS XProtect de Milestone.

Selon le média russe Mash, plusieurs entreprises, institutions et bâtiments moscovites de renom utilisent le système de surveillance VMS XProtect, notamment l'Institut de biophysique théorique et expérimentale de l'Académie des sciences de Russie, le gratte-ciel "Eurasie" (72 étages) et le Centre Zotov, un vaste espace d'exposition. Bien que Milestone ait officiellement cessé ses activités en Russie en 2022, en pleine guerre en Ukraine, Mash rapporte que certains distributeurs de logiciels russes "proposent encore installer le logiciel piraté et le dissimulent dans la documentation".

source :  The Grayzone via  Marie-Claire Tellier

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