21/03/2026 reseauinternational.net  4min #308423

Le général Erich Vad dans la série « La Troisième Guerre mondiale » : pas de victoire militaire pour l'Ukraine

par Claudio Grass

Le général en retraite Erich Vad livre une analyse lucide et sans concession du rôle de l'Europe dans la guerre en Ukraine : des dirigeants déconnectés de leurs populations, qui entraînent le continent dans un conflit qu'ils ne maîtrisent ni ne comprennent.

L'un des aspects les plus marquants de la guerre en Ukraine est le fossé grandissant entre les objectifs politiques des dirigeants et la volonté d'une population qui, bien qu'elle ne participe pas directement à ce conflit, est néanmoins contrainte d'en payer le prix. Il devient de plus en plus évident - et cela représente un défi grandissant pour les responsables politiques - que le récit officiel imposé aux opinions publiques européennes pour justifier le conflit ukrainien et le rôle de l'Europe dans celui-ci trouve de moins en moins d'écho auprès des populations.

C'est l'un des sujets les moins abordés dans les médias officiels que met en lumière Erich Vad dans l'entretien qui suit. Vad, général de brigade à la retraite des forces armées allemandes, qui a également occupé le poste de conseiller politico-militaire de la chancelière Angela Merkel de 2006 à 2013, apporte un regard critique sur la guerre en cours et l'architecture de sécurité européenne au sens large. Comme il le souligne : "Nous avons en Europe des politiciens de gauche et"verts"qui n'ont jamais eu aucune expérience de la guerre et n'ont jamais servi dans les forces armées. Ils n'ont jamais porté de casque. Ils sont comme des enfants et ne savent pas ce que signifie vraiment la guerre. Je pense qu'ils ont besoin de l'expérience de la guerre. Nous aurions dû les envoyer en Ukraine".

En réalité, ce n'est pas seulement leur manque d'expérience militaire qui les rend incapables de diriger leurs nations. De nombreux pays européens, sinon la plupart, sont dirigés par des gouvernements faibles et impopulaires qui semblent incapables de s'attaquer aux problèmes les plus urgents qui affligent leurs propres citoyens. Les populations du Royaume-Uni, de France, d'Allemagne et d'ailleurs ne veulent pas de guerre avec la Russie. Elles veulent que leur économie soit redressée, que le problème de l'immigration clandestine soit résolu et que le reste de leurs problèmes socio-économiques nationaux soit géré avec compétence. Il est clair que le fait de maintenir le conflit ukrainien et de pointer du doigt les "méchants Russes" a peut-être servi de diversion pendant les deux premières années, mais cela ne fonctionnera pas éternellement.

Le général Vad soulève également un autre point intéressant qui est souvent négligé dans les débats sur la guerre. La détérioration des relations russo-européennes au cours des dernières décennies et le rôle que les États-Unis y ont joué. Vad soutient que si l'alliance de l'OTAN est essentielle, l'Europe (et l'Allemagne en particulier) doit développer sa propre autonomie stratégique. Il souligne que les intérêts européens (notamment la stabilité sur le continent, la sécurité énergétique et la paix à long terme) ne coïncident pas toujours avec les intérêts géopolitiques américains, et que l'Europe devrait jouer un rôle plus actif en tant que puissance médiatrice. Il déplore : "Les décisions concernant la guerre ou la paix sont prises à Washington et à Moscou, pas à Bruxelles, Berlin, Londres ou Paris... Les Européens sont complètement hors jeu".

Regardez l'intégralité de l'entretien du général Erich Vad ci-dessous et aidez-nous à diffuser le message essentiel porté par le  documentaire "La Troisième Guerre mondiale". Partagez ce film avec toutes les personnes que vous connaissez - qu'elles partagent déjà ces inquiétudes ou, surtout, qu'elles n'en aient pas encore conscience.

source :  Forum Geopolitica

 reseauinternational.net