
Par Philip Giraldi, le 20 mars 2026
Pete Hegseth a déclaré : "Ça coûte cher de tuer les méchants !"
Je me disais que le gouvernement américain avait touché le fond en matière de bassesse la semaine dernière, lorsque la Commission fédérale des beaux-arts a approuvé une pièce commémorative en or 24 carats pour le 250e anniversaire de la constitution et à l'effigie du président Donald J. Trump, debout derrière son bureau, les poings serrés et l'air renfrogné. Mais c'était avant que le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, n'exige 200 milliards de dollars auprès des contribuables américains pour poursuivre la guerre contre l'Iran, en déclarant : "Ça coûte cher de tuer les méchants !"
L'approbation de la pièce était courue d'avance, puisque c'est Trump qui a nommé tous les membres de la Commission, à l'instar du conseil d'administration du Kennedy Center for the Performing Arts qu'il avait décidé de détruire et de renommer. sa seule préoccupation concerne la taille de la médaille. Le président a invité les commissaires à voir grand, avec des pièces de taille maximale mesurant 7,6 cm de diamètre. On s'attend désormais à ce que le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, un autre fidèle de Trump, ordonne la frappe de la pièce.
Je tiens à souligner qu'un président faisant frapper une pièce à son effigie n'est pas particulièrement une tradition gouvernementale américaine. La plupart des Américains pourraient même y voir un signe de mégalomanie, voire de folie, compte tenu des déclarations et du comportement de Trump. La semaine dernière, alors qu'il rencontrait à la Maison Blanche la Première ministre japonaise Sanae Takaichi, Trump a fait une blague en réponse à la question d'un journaliste sur sa décision de "surprendre" l'Iran en l'attaquant :
"Qui connaît mieux les surprises que le Japon ? Hein ? Pourquoi ne me parlez-vous pas de Pearl Harbor ? Hein ?"
Mme Takaichi était clairement choquée.
En début de semaine, Trump a été également au top de sa forme en matière de propos déplacés, déclarant être prêt à déployer des "troupes terrestres" en Iran, opération qui coûterait la vie à de nombreux militaires américains sans aucun avantage pour les intérêts ou les besoins des États-Unis. Il a également menacé de démanteler l'OTAN si les États membres ne se rallient pas à l'effort américain contre l'Iran et pour l'ouverture du détroit d'Ormuz. Il a inévitablement qualifié de "lâches" ceux qui ne sont pas disposés à se battre.
L'OTAN, qui a certes fait son temps, reconnaît à juste titre que la guerre contre l'Iran est celle de Trump et d'Israël et non celle de l'Europe. L'Espagne a clairement signifié à Trump qu'il peut aller se faire voir et a refusé l'utilisation des bases de l'OTAN par les avions militaires américains soutenant la guerre. La Suède, quant à elle, a déclaré courageusement la NÉCESSITÉ d'ISOLER et d'EXPULSER Israël des institutions internationales telles que l'ONU et l'UE, en raison de l'escalade du génocide à Gaza et des annexions en Cisjordanie. Les dirigeants suédois qualifient la violence des colons, l'interdiction des ONG et l'arrêt de l'aide humanitaire de l'aide humanitaire de "catastrophiques", et appellent à des sanctions contre les ministres israéliens "extrémistes" ainsi qu'à un gel des échanges commerciaux. Plusieurs autres nations ont également déclaré leur intention d'arrêter Netanyahu, s'il est encore en vie, en vertu du mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale, si jamais il venait à se rendre dans l'un de leurs pays. Ils ont également refusé l'accès à leur espace aérien à tout avion israélien transportant Netanyahu, compliquant ainsi les déplacements du Premier ministre hors d'Israël. Le général français trois étoiles Michel Yakovleff, qui a autrefois commandé la Légion étrangère, a récemment affirmé que la participation à la guerre de Trump et d'Israël contre l'Iran revient à "acheter des billets 3è classe pour le Titanic" - après l'impact avec l'iceberg.
Et attendez, ce n'est pas tout ! Trump menace de révoquer les licences des chaînes de télévision américaines qui diffusent des reportages sur l'attaque contre l'Iran ne correspondant pas au discours officiel de la Maison Blanche et des ministères de la Défense et des Affaires étrangères. La Maison Blanche qualifie ces reportages de "fake news".
Si elle est approuvée, cette mesure subordonnerait la liberté d'expression des médias d'information à leur conformité avec l'identité et les orientations politiques du président, constituant ainsi un coup potentiellement fatal au Premier Amendement. Selon certaines informations, le ministère de la Justice mènerait également une enquête et s'en prendrait aux critiques conservateurs de la guerre, notamment Tucker Carlson, qui serait accusé d'"avoir agi en tant qu'agent d'une puissance étrangère". Un membre du Congrès, proche de l'AIPAC, exige qu'il soit poursuivi pour trahison, le seul crime passible de la peine de mort prévu par la Constitution des États-Unis.
Le directeur très respecté et médaillé du Centre national antiterroriste américain, Joe Kent, au parcours irréprochable, fait également la une des journaux pour sa démission mardi. Il a invoqué deux raisons pour justifier cette décision. Il a d'abord déclaré que l'argument de l'imminence de la menace iranienne pour les États-Unis n'est qu'un mensonge, avant d'ajouter que cette guerre n'est en réalité menée que pour Israël, et non pour défendre un quelconque intérêt national ou de sécurité américain. Kent a raison sur tous les points, soulignant comment "de hauts responsables israéliens et des membres influents des médias américains" ont orchestré une campagne de désinformation pour déclencher une guerre contre l'Iran, dans l'intérêt de Tel-Aviv et du Premier ministre Benjamin Netanyahu. Et tant eux que Trump et son équipe ont persévéré dans le mensonge, allant même jusqu'à décrire le conflit comme une "balade" plutôt qu'une "guerre" en vue d'obtenir l'adhésion de l'opinion publique. Trump a même menti au sujet du bombardement américain du premier jour de la guerre, qui a tué 170 écolières iraniennes, affirmant à tort que l'Iran en était responsable.
La tentative de discréditer Kent bat son plein. Selon Trump,
"J'ai toujours pensé qu'il était faible en matière de sécurité, très faible. Pas terrible",
une affirmation risible venant de quelqu'un comme le président, compte tenu de son propre bilan. Le FBI enquêterait par ailleurs sur Kent pour "fuites d'informations classifiées", mais la teneur des potentielles divulgations n'a pas été révélée. Trump a également fait preuve d'une grande classe en exploitant la mort de soldats américains pour obtenir des contributions et d'autres soutiens pour ses propres comités d'action politique. Le message, envoyé jeudi et financé par le PAC enregistré par Trump, "Never Surrender Inc.", a fait la promotion d'une nouvelle "adhésion au briefing sur la sécurité nationale" et affiché plusieurs liens vers des pages de dons. On peut y voir Trump, coiffé de sa ridicule casquette de baseball, saluer les cercueils de soldats américains en transit à la base aérienne de Dover. L'indécence manifeste de cette casquette a choqué de nombreux militaires en service ainsi que des vétérans, et moi avec.
Enfin, la petite nouvelle qui fait du bien : les rapports sur les déboires du plus grand navire de guerre au monde, le porte-avions USS Gerald R. Ford, circulent depuis quelques semaines. Tout a commencé avec un dysfonctionnement des toilettes du navire, nécessitant des réparations et de l'entretien. Selon un rapport, ce problème pourrait être dû à une obstruction volontaire des canalisations par des membres d'équipage qui auraient jeté des vêtements et d'autres objets "insoluble" dans les canalisations. Un incendie majeur de 30 heures aurait également éclaté dans la buanderie du navire, nécessitant un retour en Crète pour effectuer des réparations conséquentes. Le Ford a désormais quitté la zone opérationnelle liée à l'Iran.
D'autres informations faisant état de dissensions internes apparaissent également sur des plateformes telles que Facebook, bien que ces informations ne soient pas confirmées. Elles font notamment état de marins refusant d'obéir aux ordres et d'officiers remettant en question la légalité du déploiement de navires pour des opérations de combat contre l'Iran, sans les autorisations constitutionnelles et les pouvoirs de guerre appropriés pour une telle mission. Selon un témoignage, les soldats et marins auraient pris l'habitude de saluer leurs officiers non pas par "Yes, sir !", mais par "Epstein !". Certains affirment qu'une part non négligeable des forces armées se montre "récalcitrante", provoquant un accès de rage du président Donald J. Trump qui reproche aux militaires leur insubordination.
Si ces informations sont exactes, nous devrions tous les encourager, car il est grand temps de se débarrasser d'Israël, de Trump et de cette guerre qui pourrait bien dégénérer en conflit nucléaire que personne ne souhaite, en particulier si Israël commence à subir de lourdes pertes et commence à paniquer.
Donald Trump, le génie autoproclamé, devrait peut-être se préoccuper de la réaction d'Israël si les États-Unis décidaient de limiter la casse et de se retirer de la guerre contre l'Iran. Netanyahu pourrait bien organiser un attentat sous faux drapeau du type 11 septembre pour éliminer un grand nombre d'Américains stationnés au Moyen-Orient, en rejetant la responsabilité sur l'Iran, dans l'espoir de motiver Trump à persévérer. Cette éventualité n'est basée que sur mes soupçons, car Trump semble de plus en plus nerveux quant à cette guerre. N'oublions pas qu'Israël n'a jamais hésité à tuer des Américains par le passé. Ou qui que ce soit d'autre.
Traduit par Spirit of Free Speech
* Philip M. Giraldi est directeur exécutif du Council for the National Interest, une fondation éducative à but non lucratif qui milite pour une politique étrangère américaine au Moyen-Orient plus axée sur l'intérêt national. Son site web est councilforthenationalinterest.org et son adresse e-mail est informcnionline.org