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Des policiers montent la garde à l'angle de la rue où ils ont déjoué une tentative d'enlèvement dans le quartier de Delmas à Port-au-Prince, en Haïti, le 23 février 2026.
Le Tchad prévoit d'envoyer cette année 800 policiers et gendarmes en Haïti dans le cadre d'une force internationale soutenue par l'ONU. Objectif : appuyer les autorités haïtiennes face à la montée en puissance des groupes armés.
Le Tchad envisage de déployer 800 membres de ses forces de sécurité en Haïti d'ici cette année afin de participer à une mission internationale destinée à soutenir la police haïtienne dans sa lutte contre les gangs armés, a indiqué le 20 mars un haut responsable policier tchadien à Reuters.
Selon cette source, les policiers et gendarmes devraient être opérationnels dès le mois de juin, après avoir suivi des formations assurées par des partenaires européens et américains. L'information n'a toutefois pas été confirmée officiellement, le responsable ayant requis l'anonymat.
Ce déploiement s'inscrit dans le cadre de la future force internationale de suppression des gangs, soutenue par les Nations unies, qui doit atteindre un effectif de 5 500 hommes d'ici octobre, selon le ministre des Affaires étrangères de la République dominicaine Roberto Álvarez.
Ce dernier a également évoqué un retrait progressif des policiers kényans actuellement déployés en Haïti dans le cadre de la mission multinationale de soutien à la sécurité, prédécesseur du nouveau dispositif.
Une formation américaine non confirmée
Des divergences subsistent toutefois sur les modalités de préparation des troupes tchadiennes. Si Roberto Álvarez a affirmé qu'elles étaient formées aux États-Unis, un porte-parole du département d'État américain a démenti cette information, tout en saluant la contribution annoncée du Tchad.
Lancée pour renforcer la réponse internationale face à l'insécurité croissante en Haïti, la nouvelle force peine encore à se concrétiser. Depuis son approbation en septembre dernier, aucun déploiement majeur n'a été enregistré, en dehors de contingents principalement kényans et de contributions limitées de pays d'Amérique centrale et des Caraïbes.
Dès octobre 2023, le Tchad avait informé les Nations unies de sa volonté de participer à la mission, sans en préciser les contours. D'autres pays, comme le Bénin et le Bangladesh, avaient également exprimé leur disponibilité, sans qu'aucun déploiement n'ait, à ce stade, été concrétisé.