22/03/2026 francais.rt.com  4min #308566

Le président brésilien Lula dénonce le retour d'une logique coloniale en Amérique latine

Source: Gettyimages.ru

Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva au 10e sommet des chefs d'État de la CELAC, organisé dans le cadre du Forum de haut niveau CELAC-Afrique, à Bogota, en Colombie, le 21 mars 2026.

Au sommet de la CELAC à Bogota, Luiz Inácio Lula da Silva a mis en garde contre le retour des ingérences extérieures en Amérique latine. Le président brésilien a dénoncé la pression exercée contre Cuba et le Venezuela, tout en appelant les pays de la région à défendre leur souveraineté politique, économique et territoriale.

Réunis à Bogota à l'occasion du sommet de la Communauté des États latino-américains et caribéens (CELAC) ce 21 mars, les dirigeants de la région ont entendu Luiz Inácio Lula da Silva tenir un discours sur la souveraineté. Le président brésilien a dénoncé une attitude qu'il juge inacceptable, affirmant qu'"il n'est pas possible que quelqu'un pense être propriétaire d'autres pays". Évoquant la situation de Cuba et du Venezuela, il a demandé si de telles pratiques pouvaient réellement être qualifiées de démocratiques.

À travers cette prise de parole, Lula a voulu rappeler une idée centrale : l'Amérique latine ne peut pas redevenir un territoire soumis aux intérêts d'une puissance étrangère. Il a dénoncé le retour d'une approche coloniale à l'égard des pays en développement, en rappelant que la région a déjà été dépouillée de ses richesses, qu'il s'agisse de l'or, de l'argent, des diamants ou des minerais. Selon lui, après avoir pris les ressources du passé, les mêmes ambitions se tournent désormais vers les minerais critiques et les terres rares. Son avertissement est sans ambiguïté : "Ils veulent nous coloniser à nouveau."

Cuba, le Venezuela et la pression sur la région

Le discours du président brésilien s'inscrit dans un contexte de fortes tensions régionales. Lula a dénoncé la politique menée contre Cuba, alors que l'île traverse une crise énergétique majeure, aggravée par le blocus pétrolier. Une nouvelle panne électrique nationale a d'ailleurs touché le pays ce 22 mars, privant plus de dix millions de personnes d'électricité sur fond de pénuries.

Le Venezuela est lui aussi au cœur de cette séquence. La référence à l'enlèvement de Nicolás Maduro le 3 janvier illustre, dans la lecture défendue par Brasilia, une montée de la pression contre Caracas. Pour Lula, ces actions dépassent le simple cadre diplomatique. Elles traduisent une volonté plus large de peser sur l'avenir politique et économique de l'ensemble de la région.

Le président brésilien replace cette situation dans une perspective historique plus large. En évoquant la doctrine Monroe de 1823, il renvoie à une vision longtemps dénoncée en Amérique latine, selon laquelle le continent serait une zone d'influence réservée à Washington. Son message est clair : les États de la région ne doivent tolérer ni atteinte à leur intégrité territoriale ni emprise extérieure sur leurs ressources stratégiques.

Un appel à l'unité et à la souveraineté

Cette prise de position a trouvé un écho immédiat en Colombie. Le président Gustavo Petro a lui aussi défendu l'idée que l''Amérique latine n'est pas une "terre à conquérir" et qu'aucune logique impériale ne peut être imposée durablement à la région. Dans le prolongement de cette ligne, Lula dénonce une nouvelle phase d'ingérence visant des pays déjà marqués par une longue histoire de domination extérieure.

Le chef de l'État brésilien a enfin élargi sa critique à l'ordre international, qu'il juge incapable d'empêcher les guerres et de garantir réellement la souveraineté des nations. Mais sur le plan régional, son message reste simple et lisible : face aux pressions politiques, économiques et stratégiques, l'Amérique latine veut s'affirmer comme un bloc souverain, et non comme un espace à reprendre en main.

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