24/03/2026 ssofidelis.substack.com  18min #308739

Washington accède à la toute-puissance énergétique — et personne n'a l'air de percuter

Par  BettBeat Media &  Richard Medhurst, le 22 mars 2026

Ce n'est pas à une guerre que vous assistez. Ce que vous voyez, ce sont les États-Unis en train de réduire les nations de la planète à l'asservissement énergétique. Analyse de la thèse du "Petro-Gas Dollar" de Richard Medhurst et de la "perspective" qu'il a négligée.

Peu importe la guerre menée par les États-Unis, c'est toujours la même rengaine. Les mêmes voix ânonnent les mêmes propos : les États-Unis sont en pleine débâcle. La guerre est un échec. L'Amérique n'a jamais gagné de guerre. Toujours la même analyse figée dans les schémas de pensée du XX^e siècle, selon laquelle "gagner" suppose un drapeau blanc, une capitulation en règle, une nation vaincue reconstruite à l'image de l'Amérique. Sans surprise, la plupart des commentateurs concernés sont ceux qui évaluent encore la victoire aux critères de 1945.

J'ai déjà dit, et je répète que les États-Unis ne perdent pas de guerres. S'ils en perdaient, ils n'en déclencheraient plus. L'Afghanistan, la Syrie, l'Irak ou la Libye, les États défaillants ne sont pas des échecs de l'Empire. Ils sont ses victoires. Et l'Empire a le vent en poupe.

Aujourd'hui, c'est l'Iran qui est dans le collimateur. À gauche comme à droite, le refrain est le même : ce sera un désastre, l'Amérique va trop loin et l'Iran sera son tombeau. Les mêmes voix. La même cécité. Le même scénario de toujours.

À l'exception d'une voix qui sort du lot. Comme moi, il est mi-Européen occidental, mi-Arabe. Il s'appelle  Richard Medhurst. Peut-être que notre identité atypique nous confère un regard différent, un pied dans l'Empire, l'autre dans ses décombres. D'un côté, sa Grande-Bretagne et mes Pays-Bas ; de l'autre, sa Syrie et mon Algérie. Quelle qu'en soit la raison, je partage son profond scepticisme envers les clichés sur la guerre américaine. Il a aujourd'hui avancé une thèse assez audacieuse pour mériter un examen sérieux.

J'ai écouté  l'analyse peu orthodoxe de Medhurst sur la guerre en Iran, un long direct de trois heures diffusé le 20 mars 2026 qui m'a impressionné. Pas pour les divagations d'un esprit conspirationniste, mais parce que, argument après argument, les données montrent une cohérence que les discours dominants ont soit ignorée, soit écartée. Medhurst affirme que les États-Unis, loin de s'enliser dans un nouveau bourbier désastreux en Asie occidentale, s'emparent délibérément des réserves énergétiques de la planète - et que les guerres contre la Syrie, le Venezuela, l'Ukraine et maintenant l'Iran ne sont pas des événements isolés, mais les étapes successives d'un seul et même plan : la domination énergétique totale. Il invente un terme pour désigner l'aboutissement de ce processus : le "pétro-gaz-dollar" ou le "GNL-dollar". Voyons si ce terme est appelé à durer.

Toutefois, si Medhurst cartographie avec une précision extrême la prison que l'Empire impose au monde, il ne cherche jamais la faille dans le système. Sa thèse comporte un angle mort - et c'est peut-être la partie la plus cruciale de toute l'histoire.

Mais nous y viendrons. Commençons par la prison.

1. Les fondements de la dépendance

Pour bien comprendre ce que la guerre en Iran peut entraîner, il faut d'abord saisir les conséquences de la guerre en Ukraine. En 2021, l'Europe ne recevait que 34 % des exportations totales de gaz naturel liquéfié (GNL) des États-Unis. Suite à l'invasion de l'Ukraine par la Russie,  ce chiffre a doublé pour atteindre 69 % en un an. Ce n'était pas une simple fluctuation des marchés. C'était une réorientation structurelle de l'ordre énergétique mondial.

Aujourd'hui, les États-Unis sont le premier exportateur mondial de GNL, devant l'Australie et le Qatar, avec des exportations qui sont passées de  15 millions de mètres cubes par jour en 2016 à 425 millions de mètres cubes par jour en 2025. L'ampleur de cet essor est ahurissante. Selon l'Institute for Energy Economics and Financial Analysis, les importations européennes de GNL américain  ont bondi de près de moitié au cours des six premiers mois de 2025 seulement, confortant la position de Washington en tant que fournisseur dominant du continent

Le Centre for Eastern Studies de Varsovie - un think tank affilié au gouvernement polonais, et non une organisation anti-américaine - a publié en février 2026 un rapport dont le titre en dit long :  "Une dépendance excessive ?" Le rapport révèle que le GNL américain représente désormais environ les trois cinquièmes du gaz liquéfié acheté par l'Europe, et que cette part  atteindra probablement 70 % d'ici deux ans, conséquence de l'obstination de l'UE à rompre tout lien avec l'énergie russe et sa course aux alternatives.

Autrement dit, l'Europe n'a pas réussi à se libérer de sa dépendance au gaz russe. Elle a simplement reporté le problème. Comme l'a reconnu ouvertement l'Atlantic Council, la tentative de diversification de l'Europe pour s'affranchir du gaz russe a été "partiellement oblitérée par la dépendance au GNL américain et les négociations associées" - soit  un simple transfert de dépendance. Les analystes mettent depuis longtemps en garde contre ce schéma de dépendance.

Selon Medhurst, ces évolutions ont été orchestrées - via un coup d'État en Ukraine, une manœuvre de l'OTAN, le sabotage de Nord Stream et une avalanche de sanctions - une théorie pas réfutable stricto sensu. Mais le constat est indéniable.

2. Escalade à South Pars

Le 18 mars 2026, Israël a attaqué le gisement de gaz iranien de South Pars, un gisement assez vaste pour  alimenter la planète entière pendant des années. Partagé entre l'Iran et le Qatar, ce gisement sous-marin est situé dans le golfe Persique. La riposte a été immédiate. Selon Al Jazeera, l'Iran a lancé des missiles sur des installations qataries,  provoquant des incendies massifs et et de graves dégâts structurels ayant pris des décennies à être achevées.

Selon Trump, les États-Unis auraient été informés de la frappe israélienne a posteriori. Pourtant, un haut responsable israélien  a déclarée contraire à  CNN, à savoir que l'opération aurait été coordonnée avec Washington. Cette contradiction vient conforter le rejet par Medhurst du schéma du "bon et du mauvais flic".

Les conséquences correspondent exactement aux prédictions de Medhurst. Selon Bloomberg, les représailles iraniennes ont dévasté le complexe de Ras Laffan, le centre névralgique de l'empire du gaz naturel liquéfié (GNL) du Qatar -  réduisant environ d'un cinquième la capacité d'exportation du pays et nécessitant, selon QatarEnergy, cinq ans de reconstruction.

C'est là tout l'argument de Medhurst. Le Qatar est le seul rival sérieux des États-Unis sur les marchés mondiaux du GNL et les experts de Wood Mackenzie  alertent sur l'impact durable que ces évènements auront sur l'approvisionnement mondial en gaz. Medhurst soutient que les États-Unis ont délibérément provoqué cette escalade en sachant que l'Iran finirait par frapper le Qatar, éliminant ainsi le principal concurrent des États-Unis dans la production de GNL.

Appelez cela de la prescience ou un heureux alignement des intérêts impériaux et du chaos géopolitique, la conclusion est la même : nous assistons à une brillante démonstration de réflexion stratégique de la part des manipulateurs coloniaux, tandis que le reste du monde exécute docilement le scénario prévu.

3. La ruée vers le dollar

L'une des affirmations les plus étonnantes de Medhurst concerne la chute vertigineuse des cours de l'or et de l'argent, qu'il attribue à la ruée mondiale vers la vente d'actifs contre des dollars pour acheter du GNL américain. Une affirmation que l'on pourrait qualifier d'exagérée, jusqu'à ce que les données parlent d'elles-mêmes.

L'or, généralement considéré comme une valeur refuge en période d'incertitude économique, s'est effondré -  perdant 11 % cette semaine, enregistrant sa plus forte baisse hebdomadaire depuis 1983, et chutant de plus de 14 % depuis le début de la guerre. L'argent a subi le même sort. L'or et l'argent ont été touchés par une vague de ventes massive jeudi, les métaux  perdant respectivement environ 5 % et 10 %.

Le paradoxe identifié par Medhurst - à savoir que les valeurs refuges perdent du terrain en période de guerre - est confirmé par de nombreux analystes. Dan Coatsworth, d'AJ Bell, a déclaré que cette baisse suggère que les investisseurs sont soit en train de liquider des actifs auparavant très rentables, soit en train de réagir à un  nouveau renforcement du dollar américain.

"L'or baisse souvent lorsque le dollar américain prend de la valeur, car le métal coûte alors plus cher à ceux qui achètent avec d'autres devises".

Ce mois-ci, le dollar américain a repris des couleurs, augmentant le prix de l'or pour les investisseurs internationaux - l' indice du dollar a progressé de près de 2 % depuis le début de la guerre en Iran, mettant fin à une baisse de plusieurs mois.

Tel est le mécanisme décrit par Medhurst : un dollar qui se renforce non pas malgré la guerre, mais grâce à elle, car le seul fournisseur de GNL fiable au monde fixe le cours de son énergie en devise américaine.

4. Le Venezuela, et la boucle est bouclée.

Medhurst établit un lien entre le Venezuela et ce dispositif, affirmant que le pays a été attaqué pour servir de "réserve stratégique de pétrole" et pour priver la Chine de ses sources d'énergie.  J'en suis arrivé à une conclusion similaire l'année dernière : la guerre contre le Venezuela n'était qu'un prélude à l'attaque de l'Iran, et la monopolisation de ses réserves énergétiques une condition préalable pour mettre le feu aux usines énergétiques d'Asie occidentale. Les preuves sont accablantes.

En décembre 2025, les livraisons de pétrole du Venezuela à la Chine, son principal acheteur, s'élevaient en moyenne à plus de 600 000 barils par jour, soit environ 4 % des importations totales de pétrole de la Chine,  selon Reuters. Comme  l'a souligné le magazine  Time, les États-Unis ont pris le contrôle d'un important fournisseur d'énergie de la Chine. Pékin a investi des dizaines de milliards de dollars dans des accords "pétrole contre prêts" afin de s'assurer un approvisionnement ne provenant pas d'une zone contrôlée par les États-Unis - en ce sens, le Venezuela constituait une police d'assurance pour la sécurité énergétique de la Chine. Aujourd'hui, ce marché est entre les mains des Américains.

Le Center on Global Energy Policy de l'université Columbia a confirmé que l'administration Trump a bien annoncé que tout le pétrole entrant et sortant du Venezuela passera par  "les canaux autorisés conformes à la législation américaine et à la sécurité nationale", se positionnant ainsi au premier plan de la commercialisation du pétrole vénézuélien. Le Bureau du contrôle des avoirs étrangers du Trésor a par la suite délivré des licences contenant une  interdiction de participation pour les entités ayant des relations spécifiques avec la Chine, Cuba, l'Iran, la Corée du Nord et la Russie.

Le schéma identifié par Medhurst - coupure du gaz russe, bombardement des installations gazières du Qatar, saisie du pétrole vénézuélien, champs pétroliers iraniens en flammes - revient à l'élimination systématique de toutes les sources d'énergie non américaines accessibles à l'Europe, à la Chine et aux pays du Sud.

5. Le Plan d'action maritime : construire la flotte de l'empire

L'affirmation la moins relayée de Medhurst concerne le  Plan d'action maritime, publié le 13 février 2026 - exactement deux semaines avant le début de la guerre contre l'Iran. Ce plan représente la tentative la plus agressive de Washington depuis près d'un siècle pour  reconstituer la flotte commerciale américaine et la capacité des chantiers navals, en associant la relance industrielle à l'expansion de la main-d'œuvre et à de nouvelles réglementations radicales visant à forcer le transport de marchandises sur des navires de construction américaine.

Ce plan prévoit notamment une taxe sur chaque navire étranger accostant dans un port américain, ainsi qu'une redevance au kilogramme sur les marchandises importées. Même si cette redevance n'est qu'une fraction de centime, elle pourrait  générer des dizaines de milliards de dollars au cours de la prochaine décennie. Medhurst parle de "double imposition" : les États-Unis ne se contentent pas de vendre le gaz, mais exigent qu'il soit transporté sur des navires américains, sous peine de taxation.

gCaptain, l'une des publications les plus réputées du secteur maritime, a qualifié cette initiative de  "la plus ambitieuse initiative de ce secteur depuis l'ère Roosevelt". Et le moment choisi n'est pas anodin. Actuellement, les États-Unis construisent une part négligeable des navires commerciaux mondiaux - la quasi-totalité de leur commerce maritime se fait sous pavillon étranger, sur des bâtiments étrangers, avec des équipages étrangers. Ce plan ambitionne de renverser complètement cette tendance, précisément au moment où les États-Unis deviennent le fournisseur d'énergie incontournable de la planète.

L'Iran, c'est l'heure de vérité. Soit l'Amérique asservit le monde pour un siècle supplémentaire, soit le monde parvient à se libérer.

6. Le navire russe détruit

Le 3 mars 2026, le méthanier battant pavillon russe Arctic Metagaz a été détruit en mer Méditerranée. Selon Moscou, le navire  a été la cible d'une attaque de drone - vraisemblablement ukrainien - en haute mer, entre Malte et la côte italienne, alors qu'il transportait une importante cargaison de diesel et des dizaines de milliers de tonnes de gaz naturel liquéfié. En l'espace de quelques jours, les méthaniers russes soumis à des sanctions  ont abandonné la navigation en Méditerranée.

Medhurst y voit l'élimination du dernier fournisseur alternatif de GNL capable d'atteindre les marchés méditerranéens. Reste à savoir si l'Ukraine a agi de sa propre initiative ou avec l'accord tacite de Washington, une question que la presse grand public n'a pas jugé utile de soulever. Si cette information se confirme, l'Arctic Metagaz serait le  premier méthanier détruit par agression - un seuil franchi en toute impunité.

7. L'Europe en otage, la Chine dans le viseur.

Le think tank Bruegel, basé à Bruxelles, a exposé la situation délicate de l'Europe avec une transparence inhabituelle : la vulnérabilité du continent aux chocs géopolitiques perdurera tant qu'il restera  structurellement dépendant des hydrocarbures importés. Seul un véritable virage vers une énergie propre produite localement pourra briser ce cycle.

Les répercussions financières sont déjà asymétriques. Depuis le début de la guerre, les marchés boursiers européens ont  chuté près de trois fois plus que leurs homologues américains, car les États-Unis, en tant que premier producteur mondial de pétrole et principal exportateur de gaz, tirent profit de la crise qui saigne l'Europe à blanc. Goldman Sachs estime que près d' un cinquième de la capacité mondiale de production de GNL a été interrompue.

The National Interest, qui n'est pourtant pas une publication anti-impérialiste, a publié ce qui est peut-être l'analyse la plus accablante sur le plan structurel : il ne s'agit pas simplement d'un choc énergétique de plus, mais d'une crise qui  vient s'ajouter à des années de précarité cumulée - guerre à la frontière orientale, séquelles de 2022, déclin industriel, fracture politique et marge de manœuvre budgétaire réduite. La publication avertit que l'Europe risque de devenir un continent importateur de tout - carburant, technologie, capacités stratégiques - et, ce faisant, d'atteindre  dépendance permanente vis-à-vis des technologies importées..

C'est précisément la désindustrialisation décrite par Medhurst. Elle se produit en temps réel.

8. Le talon d'Achille de Medhurst : les énergies alternatives.

C'est là que l'analyse de Medhurst, bien que structurellement solide, montre ses limites - et que l'espoir refait surface.

Lors du Sommet sur la croissance verte à Bruxelles, Simon Stiell, responsable du climat à l'ONU, a déclaré sans détour que miser davantage sur les combustibles fossiles est  "parfaitement illusoire" et que "cette crise des combustibles fossiles se reproduira encore et encore". Le président sud-coréen a quant à lui qualifié la crise d' "excellente opportunité" de passer plus rapidement aux énergies renouvelables.

Ils ont raison. Mais ils ne nomment pas le bénéficiaire. Cette guerre pourrait bien, involontairement,  consacrer l'ère de la Chine - en poussant le monde à adopter la transition vers les énergies alternatives que Pékin maîtrise déjà. C'est une thèse que j'ai  récemment explorée et que l'approche théorique de Medhurst ne fait que conforter.

Une lutte entre l'ancien et le nouveau. L'empire pétrolier cherche à reconquérir son hégémonie face à la superpuissance de l'énergie verte qui développe de nouvelles technologies. Les États-Unis sont peut-être en train de se cramponner à un monde qui s'apprête déjà à se passer d'eux.

Et ces chiffres n'ont rien d'abstrait. L'Agence internationale pour les énergies renouvelables a en effet constaté que la  grande majorité des nouveaux projets d'énergies renouvelables mis en service en 2024 sont déjà moins chers que les combustibles fossiles. Les pays qui ont rapidement investi dans le solaire et l'éolien décentralisés s'aperçoivent qu'ils disposent de mécanismes d'amortissement dont leurs voisins sont dépourvus. La campagne d'électrification massive menée par la Chine a déjà sensiblement  réduit son exposition au type même de perturbation de l'approvisionnement en cours actuellement.

Le "pétro-gaz-dollar" décrit par Medhurst est bien réel. Son influence est manifeste. Ses conséquences sont quantifiables. Mais il n'est pas invincible. Il repose sur le postulat que le monde demeure dépendant de substances qui transitent par des points de passage contrôlés par les États-Unis, à bord de navires construits par les États-Unis, et dont le prix est fixé dans une monnaie émise par les États-Unis.

Autrement dit, l'empire américain, et peut-être même les Palestiniens qui ont déclenché l'attaque du 7 octobre, pourraient bien être les principaux artisans de la transition mondiale vers les énergies propres. Et, par extension, du déclin de l'empire américain.

9. Verdict

Medhurst a-t-il raison ? Pas sur tous les points. Il confond parfois corrélation et causalité et attribue à une intention délibérée ce qui pourrait n'être qu'une exploitation opportuniste des événements. Les États-Unis n'avaient pas nécessairement prévu qu'Israël frapperait South Pars, ni que l'Iran riposterait en frappant Ras Laffan. Mais cela n'a guère d'importance. Les empires n'ont pas besoin d'omniscience, mais de positionnement. Grâce aux sanctions contre l'Ukraine, à la prise de contrôle du Venezuela, au Plan d'action maritime et maintenant à la guerre contre l'Iran, les États-Unis sont désormais en mesure de contrôler une part significative de l'approvisionnement énergétique mondial, ce qui ne s'était pas produit depuis l'accord initial sur le pétrodollar conclu avec l'Arabie saoudite en 1974.

Les chiffres ne mentent pas. Les États-Unis sont le premier exportateur mondial de GNL. Ils représentent environ 60 % des importations européennes de GNL, et cette part est en hausse. L'or s'effondre à mesure que le dollar se renforce. La production du Qatar est à l'arrêt depuis des années. Les navires russes sont coulés en Méditerranée. Le pétrole vénézuélien transite désormais par des canaux sous licence américaine. Enfin, le Plan d'action maritime impose la construction des navires de l'empire dans des chantiers navals américains

Medhurst parle de l'avènement du pétro-gaz-dollar. Que ce concept entre ou non dans le discours courant, le phénomène qu'il décrit est déjà une réalité.

L'Iran, c'est l'heure de vérité. Soit l'Amérique asservit le monde pour un siècle supplémentaire, soit le monde parvient à se libérer.

Le seul antidote que l'empire ne peut monopoliser, c'est l'énergie venue du ciel.

Et comme  je l'ai écrit il y a quelques jours, la Chine l'a probablement compris, du moins espérons-le.

Traduit par  Spirit of Free Speech

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