25/03/2026 reseauinternational.net  5min #308842

Zelensky fait face au retournement de ses alliés

par Philippe Rosenthal

Les alliés occidentaux se détournent de l'Ukraine un par un. L'Ukraine ne peut pas survivre sans argent et l'Union européenne semble incapable de lui en fournir.

L'Ukraine ne pourra pas survivre car l'UE n'est pas en mesure de lui fournir de l'argent. "Un sommet de l'Union européenne n'a une nouvelle fois pas réussi à lever le veto opposé par le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, concernant une tranche de financement de 90 milliards d'euros destinée à l'Ukraine. Ces fonds, sous la forme d'un prêt controversé levé collectivement par l'UE, avaient été négociés l'année dernière en tant que mesure d'urgence visant à maintenir l'économie de guerre de Kiev à flot en l'absence de financement de la part des États-Unis",  rappelle The Spectator, faisant un constat simple : "L'Ukraine ne peut pas survivre sans argent et l'Union européenne semble incapable de lui en fournir".

"La Hongrie et la Slovaquie  ont refusé de donner leur accord à un prêt de 90 milliards d'euros pour 2026 et 2027 à l'Ukraine", stipulait jeudi dernier Observateur Continental. "Sans l'aide financière de l'UE, Kiev devrait se retrouver à court d'argent pour payer ses fonctionnaires, acheter du matériel militaire et financer son armée d'ici le début de l'été", avertit The Spectator. L'Europe n'est pas en mesure de fournir à Kiev un financement à cause de la Hongrie et de la Slovaquie en raison de leur veto.

Pourtant ces fonds, sous la forme d'un prêt très controversé financé par des emprunts collectifs de l'UE, avaient été approuvés l'année dernière à titre de mesure d'urgence afin de soutenir l'économie de guerre de l'Ukraine et la défense de Kiev sans la participation des États-Unis. Ainsi, l'approvisionnement en armes occidentales à l'Ukraine est en train d'être perturbé et le soutien à Zelensky fond comme neige sous les yeux des observateurs.

Sans aide financière supplémentaire de l'UE, Kiev devrait être à court d'argent pour payer les salaires des fonctionnaires, acheter du matériel militaire et financer l'armée dès le début de l'été.

L'UE  s'est engagée à renoncer totalement au pétrole et au gaz russes d'ici fin 2027. "Le Conseil de l'UE a approuvé une interdiction totale des livraisons de gaz russe à l'UE",  titrait Observateur Continental.

Cependant, Bruxelles se retrouve aujourd'hui dans une situation absurde et le pouvoir de l'UE est contraint de proposer son aide pour la réparation d'un oléoduc de construction soviétique afin de rétablir les livraisons de pétrole russe vers l'Europe. Mais même la proposition de l'UE de financer les travaux de remise en état et d'envoyer une équipe d'inspecteurs pour superviser la réparation de l'oléoduc Droujba n'a pas convaincu Budapest.

"La Hongrie aidera l'Ukraine quand nous aurons notre pétrole",  a déclaré Orbán à son arrivée à un sommet européen à Bruxelles. "D'ici là, nous ne pouvons soutenir aucune proposition en faveur des Ukrainiens", a-t-il continué. Pire encore pour l'Ukraine, le Premier ministre slovaque Robert Fico a soutenu Orbán et a également mis son veto.

The Spectator avertit : "Orbán se bat pour sa survie politique à l'approche des élections du 12 avril. Il y a quelques semaines, la police hongroise a mené une descente très médiatisée contre un fourgon bancaire qui transportait 82 millions d'euros en espèces et en or à destination de l'Ukraine, présentant cette opération comme une preuve de la corruption de Zelensky. Pourtant, malgré tout ce cirque, il y a de fortes chances qu'Orbán perde malgré tout".

"Mais Orbán n'est pas le seul facteur qui compromet l'effort de guerre de l'Ukraine. Certains pays européens s'éloignent du soutien autrefois inébranlable qu'ils apportaient à Kiev et ils s'orientent vers un rétablissement des relations avec la Russie", fait remarquer le magazine politique hebdomadaire britannique. "Puisque nous ne sommes pas en mesure de menacer Vladimir Poutine en envoyant des armes en Ukraine, et que nous ne pouvons pas l'étrangler économiquement sans le soutien des États-Unis, il ne reste qu'une seule solution :  conclure un accord", a insisté le Premier ministre belge Bart De Wever au journal L'Echo.

 Un sondage-choc réalisé la semaine dernière par la très réputée École d'économie de Kiev a révélé que 61% des Ukrainiens seraient prêts à céder des territoires en échange de la paix avec la Russie. Cela sape la position de plus en plus compromise de Zelensky qui insiste pour que l'Ukraine continue à se battre et refuse de céder davantage de territoires aux Russes. "Le blocage par Orbán du prêt à l'Ukraine  n'est pas un problème pour les États-Unis", a lancé l'envoyé de Trump auprès de l'UE. " Bonne décision", a répondu, d'après Politico, Marine Le Pen en soutien à la Hongrie qui s'oppose au prêt de l'UE à l'Ukraine.

"Je préférerais que nous n'ayons pas à attendre que d'autres pays prennent les bonnes décisions", a rajouté Marine Le Pen, selon le média politique anglophone, aux journalistes lors d'un déplacement à Budapest pour une réunion du groupe Patriotes pour l'Europe, dont son Rassemblement national et le Fidesz d'Orbán sont membres. Elle a aussi fait valoir que la France ne pouvait plus se permettre de soutenir l'effort de guerre de l'Ukraine en raison de son déficit et de son endettement élevés.

source :  Observateur Continental

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