25/03/2026 francais.rt.com  3min #308888

Dette « cachée » : le Sénégal rejette les accusations et défend sa stratégie financière

© X / Mariama FAYE

Cheikh Diba, ministre sénégalais des Finances

Après des révélations du Financial Times sur des emprunts confidentiels de près de 650 millions d'euros en 2025, le gouvernement sénégalais réfute toute opacité et défend une stratégie financière transparente et maîtrisée.

Accusé d'opacité financière par le Financial Times, le gouvernement sénégalais a fermement rejeté les critiques portant sur des emprunts conclus "en secret" via des "montages opaques" pour un montant d'environ 650 millions d'euros en 2025.

Dans un communiqué cité par la presse sénégalaise, le ministère des Finances et du Budget dénonce une "confusion" et défend une stratégie assumée, fondée sur la diversification des sources de financement, la transparence et la maîtrise des risques.

Une stratégie assumée

Selon les autorités, ces opérations s'inscrivent dans une politique visant à élargir la base des investisseurs, en attirant des capitaux étrangers vers le marché régional. Elles répond également aux exigences des investisseurs internationaux en matière d'accès au change et de rapatriement des revenus.

Le ministère met en avant un coût de financement estimé à environ 7,1 %, inférieur aux conditions observées sur les marchés internationaux.

Des opérations transparentes

Le ministère des Finances a insisté sur la conformité des prêts au cadre juridique et réglementaire en vigueur. Au total, sept financements ont été contractés entre avril et novembre 2025, qui sont d'ailleurs autorisés par les différentes lois de finances de 2025, notamment la loi de finances initiale (LFI) et les lois de finances rectificatives (LFR). Les émissions ont été réalisées par adjudication sur le marché des titres publics, avec une publication systématique des résultats, conformément aux exigences de transparence.

Les instruments financiers utilisés, notamment les Total Return Swaps (TRS), avaient été explicitement mentionnés dans les documents budgétaires et présentés devant l'Assemblée nationale en novembre 2025.

Le FMI informé

Le ministre de l'Hydraulique, Cheikh Tidiane Dieye, a fait valoir que "les instruments utilisés, notamment les Total Return Swaps, ont été portés à la connaissance des partenaires financiers, en particulier du FMI. Des divergences d'appréciation peuvent exister, mais elles ne remettent pas en cause la légitimité des choix opérés". Pour les autorités sénégalaises, le message est clair : si le FMI n'a pas exprimé d'objection, cela signifierait alors que les opérations menées par le gouvernement sont réputées conformes.

Indiquant que l'article du Financial Times est "jugé déséquilibré et confus", Cheikh Tidiane Dieye a rappelé que le "Sénégal a payé, à temps et avec rigueur", indiquant que les critiques du gouvernement "peinent à expliquer la résilience d'un pays qu'ils annonçaient pourtant en faillite, en raison d'une dette héritée du régime précédent".

Les réactions du ministère des Finances et des ministres du gouvernement convergent toutes dans le sens de la volonté de dissiper les doutes engendrés par le papier du quotidien britannique, tout en réaffirmant la cohérence de sa stratégie financière du pays dans la mobilisation des ressources, de manière maîtrisée, transparente et assumée.

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