26/03/2026 ssofidelis.substack.com  5min #309015

 Brûlures de cigarettes et blessures par clous : un enfant en bas âge torturé à Gaza pour extorquer des aveux à son père

« Brûlé avec des cigarettes » : la mère de Jawad, 22 mois, raconte les tortures infligées à son fils par l'armée israélienne

Par  Palestine Will Be Free, le 25 mars 2026

Encore trop jeune pour formuler des phrases, et encore moins pour comprendre les horreurs qu'il a subies, Jawad n'a pu prononcer que le mot arabe signifiant "sang" lorsqu'on lui a demandé ce qui lui était arrivé.

Dans l'un des cas d'abus les plus poignants d'une liste interminable d'abus atroces, les forces d'occupation israéliennes ont torturé un enfant de 22 mois pour faire pression sur son père afin qu'il fasse de faux aveux, dans le centre de Gaza le 19 mars.

Wa'ad Hani Mohammad Al-Shafie, la mère de Jawad Abu Nassar, un enfant de 22 mois, a raconté son calvaire après que son mari a été enlevé par les Israéliens et que son fils a été soumis à d'horribles sévices avant qu'elle ne le retrouve dix heures plus tard.

Wa'ad a témoigné que les

"soldats israéliens ont fait pression sur lui [son mari, Osama Abu Nassar] en torturant notre jeune fils Jawad, notamment en lui brûlant le corps avec leurs cigarettes, notamment les jambes, et en lui enfonçant des objets pointus dans les jambes".
These are the pants of the child, #Jawad Abu Nasser — who was totured in Gaza by Israeli soldiers, a small piece of fabric that stands as powerful evidence of the crime.

They bear traces of his blood, reflecting the abuse he endured. A visible hole can also be seen, indicating the insertion of a sharp object, resembling a metal rod, into his foot, with a clear exit point through both the foot and the fabric.

The evidence does not end there; there are also marks that appear to be burns, likely caused by cigarettes being extinguished on them.

The pants of a child not yet a year and a half old… yet they tell a story that cannot be justified.

Son témoignage a été publié mardi par l'organisation de défense des droits humains Al-Haq

Témoignage de : Wa'ad Hani Mohammad Al-Shafie

Nom de l'enfant : Jawad Osama Mohammad Abu Nassar (âgé d'un an et dix mois)

Père (détenu) : Osama Mohammad Hosni Abu Nassar, 25 ans

Date de l'incident : 19 mars 2026, vers 10 h

Mon mari, Osama Abu Nassar, 25 ans, est allé acheter des produits de première nécessité pour notre fils unique, Jawad, âgé d'un an et dix mois, dans un magasin près de chez nous, à l'est du camp d'Al-Maghazi.

Mon mari Osama souffre de troubles psychologiques depuis environ deux semaines en raison du stress mental intense causé par les conditions et les horreurs de la guerre à Gaza, ainsi que par la pénurie de vivres et de produits de première nécessité.

En conséquence, Osama est parti vers l'est en direction de la "ligne jaune", à environ 500 mètres de chez nous, vers les zones contrôlées par les forces d'occupation, tout en portant notre jeune fils Jawad.

À ce moment-là, des soldats postés derrière la ligne jaune ont ouvert le feu sur Osama qui portait notre fils.

J'ai entendu les coups de feu. Puis un petit drone quadricoptère a survolé Osama et lui a ordonné par haut-parleur de retirer tous ses vêtements, à l'exception des sous-vêtements. Cela a été confirmé par des témoins voisins et des habitants du quartier. Ils lui ont également ordonné de déshabiller notre jeune enfant. Environ quatre soldats sont alors arrivés, l'ont encerclé sous la menace de leurs armes et lui ont ordonné de poser notre fils Jawad par terre et de s'avancer vers eux.

Après quoi Osama a été arrêté et interrogé sur place. Pendant l'interrogatoire, les soldats ont fait pression sur lui en torturant notre jeune fils Jawad, notamment en lui brûlant le corps avec la braise de leurs cigarettes, en particulier sur les jambes, et en lui enfonçant des objets pointus dans les jambes. Cela nous a été confirmé par les médecins de l'hôpital des Martyrs d'Al-Aqsa à Deir al-Balah, après que notre enfant a été libéré et rendu à sa famille par des représentants de la Croix-Rouge, environ 10 heures après sa détention. Les représentants de la Croix-Rouge nous ont informés que mon mari Osama a été arrêté et qu'ils n'ont pas encore pu lui rendre visite.

Notre fils Jawad souffre toujours et présente des cicatrices aux jambes suite aux tortures infligées. Notre famille n'a pour l'instant aucune information concernant mon mari Osama, toujours détenu.

Trop jeune pour former des mots, et encore moins pour comprendre les horreurs qu'il a subies, Jawad ne peut dire que le mot arabe signifiant "sang" lorsqu'on lui demandait ce qui lui était arrivé.

Selon Middle East Eye:

"Lorsque l'enfant a été ramené chez lui, sa famille a essayé de lui demander ce qui s'était passé, mais il ne pouvait dire que "mam" - une prononciation approximative du mot arabe "dam", qui signifie "sang".

"Nous lui avons demandé :'Qui t'a fait saigner ?' Il n'a pas pu répondre. Quand nous lui avons demandé : 'Où est ton papa ?', il a seulement dit : 'Parti'. C'est tout ce qu'il pouvait dire. Mais quand sa mère l'a serré dans ses bras, il a hurlé et pleuré", a déclaré Muhammed [le grand-père de Jawad].

Au cours du carnage génocidaire qu'ils ont perpétré dans la bande de Gaza depuis octobre 2023, les Israéliens ont tué au moins 20 000 enfants, selon des chiffres très prudents avancés par le ministère de la Santé de cette enclave assiégée et en manque de ressources.

Le nombre d'enfants blessés est estimé à 45 000.

Les Israéliens ont également systématiquement détenu et torturé des enfants palestiniens. Un  rapport publié en novembre dernier inclut les témoignages de trois enfants enlevés dans des sites de distribution  d'aide et torturés sans relâche, au point que l'une des victimes a tenté de se suicider à deux reprises.

Au moins 350 enfants palestiniens sont actuellement détenus dans  des cachots israéliens où ils sont victimes de viols et de tortures, totalement à la merci de leurs ravisseurs. On leur refuse souvent une alimentation suffisante ainsi que les visites de leurs proches et de leurs avocats. On a  recensé au moins un enfant mort de faim et battu à mort dans des cachots israéliens depuis le début du génocide.

Même dans ce déluge de barbarie sans fin diffusé en direct depuis deux ans et demi, les Israéliens démontrent une fois encore leur propension à abaisser le seuil de leur dépravation en torturant un tout-petit qui ne sait pas encore parler.

Traduit par  Spirit of Free Speech

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