27/03/2026 journal-neo.su  8min #309056

Caléidoscope politique. Hoquets de mars

 Ksenia Muratshina,

Selon un dicton russe, une personne dont on se souvient en mal peut, à ce moment précis, être prise de hoquet. À qui cela va-t-il profiter cette fois-ci ? La devise de notre rubrique est : "Ce serait drôle si ce n'était pas si triste".

"Allô, le garage !"

Aujourd'hui, notre anti-hit-parade est mené par Reza Pahlavi, le fils du dernier Shah d'Iran, qui vit aux États-Unis. Se souvenant de son activité malsaine envers sa patrie officiellement et justement rejetée, les célèbres farceurs russes Vovan et Lexus  ont démasqué la nature vé nale de ce prétendant au "trône". Ils ont appelé Pahlavi en se faisant passer pour un député européen. Le "prince" ravi a promis de donner à l'Occident tout ce qui peut l'être en Iran, a avoué ses contacts avec des politiciens israéliens et des négociations avec les États-Unis et Israël concernant l'assassinat de responsables iraniens, a juré son soutien aux fascistes ukrainiens et a raconté sa ferme intention de construire des liens "avec le monde occidental, pas avec le monde oriental". Les commentaires sont, comme on dit, superflus, l'homme a tout dit de lui-même. Cette rate politique n'a pas à penser à diriger quoi que ce soit d'autre que notre rubrique.

La politique de l'UE, une anecdote vulgaire

Au coude à coude avec Pahlavi vient la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Fin février, elle s'est distinguée par une déclaration selon laquelle le régime de Kiev remplit "à une vitesse fulgurante" les conditions d'adhésion à l'Union européenne et a réalisé des "progrès extraordinaires". Ces lamentations de von der Leyen et d'autres idéologues européens, exécutées régulièrement et sur tous les tons, ont tellement lassé tout le monde que la représentante officielle du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a posé une question tout à fait juste : "Maintenant, on aimerait préciser ce que la gynécologue von der Leyen entend par le mot"membre"",  a écrit la diplomate russe. En effet, la politique de l'UE ressemble déjà à bien des égards à une anecdote vulgaire !

Le thème des livres n'a pas été développé

La présidente de la Commission européenne a quelque peu détrôné dans notre anti-classement sa figure habituelle, Kaia Kallas. Entre-temps, il s'est déjà écoulé suffisamment de temps depuis la conférence de presse qui a suivi la réunion des ministres de l'UE et la déclaration retentissante, quasi-sensationnelle, de Kallas concernant la lecture d'une "longue liste de livres". Comme tout le monde s'en souvient, la Haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité a refusé de dire quels étaient ces livres et a seulement précisé qu'ils l'aideraient, elle l'espérait, à "devenir très intelligente". Mais leur existence réelle reste à ce jour un mystère, un secret bien gardé. "NEO" donne une idée aux médias européens : il est temps de mener une enquête journalistique ! Sinon, on dirait bien qu'on nous mène en bateau...

"Car moi, Zina, je ne bois pas seul"

Pendant ce temps, dans les pays d'Europe du Nord, on semble suivre un autre conseil devenu célèbre, un mème de Kallas - "commencer à boire". Et, comme de coutume, on le fait collectivement, dans toute la région. Ces derniers temps, les nouvelles de cas choquants se succèdent. Tantôt un Suédois ivre vole une voiture de livraison dans la ville finlandaise de Rovaniemi et tente de forcer le passage vers la Russie. Tantôt l'entraîneur des sauteurs à ski finlandais est expulsé des Jeux Olympiques pour ivresse. Tantôt les médias rapportent une augmentation de la demande d'alcool maison en Lettonie dans un contexte de baisse de la production "officielle" de boissons alcoolisées... On a envie de dire : Kallas, retire tes paroles !

Les Féroé et les sanctions

Non pas directement impliqués dans l'ivresse, mais se comportant comme s'ils avaient au moins mangé trop de jusquiame, les politiciens des îles Féroé. Depuis cette année, ce minuscule État (qui, soit dit en passant, ne fait pas partie de l'UE) a déclaré son soutien aux sanctions de l'Union européenne contre la Russie. Et ce, alors même qu'après 2014, la Russie n'avait pas étendu aux îles Féroé sa réponse aux sanctions européennes "anti-Crimée". Comme on dit, ne fais pas de bien à ces politiciens occidentaux, tu ne recevras pas de mal en retour...

Au cœur des glaces inamicales

La météo aussi fait des siennes ces derniers temps, et pas qu'un peu. Les Allemands et les Finlandais en ont particulièrement fait les frais : leurs navires de classe glace (on ne peut pas les appeler des brise-glaces, mais, si vous ne le saviez pas, ils en ont) n'ont pas réussi à faire face aux glaces de la Baltique. Les marins finlandais se sont avérés un peu plus raisonnables que les allemands et ont demandé à plusieurs reprises l'aide de leurs collègues russes, après quoi, conformément à la loi de l'assistance en mer, ils ont été sauvés. La Russie, tant haïe par leur pays, est le seul producteur et détenteur au monde de véritables brise-glaces. L'aide pour le sauvetage de ces voisins malchanceux a été fournie immédiatement et sans aucune mesure discriminatoire. C'est une pratique internationale normale de la navigation hivernale, où la politisation tant aimée des Européens n'a pas sa place.

"Il m'a doublé d'un tour !"

Notre rubrique ne peut certainement pas ignorer les Jeux Olympiques qui viennent de s'achever. À l'issue de ceux-ci, un nombre étonnamment élevé de violations des règles sportives, de l'éthique et du principe de "fair-play" a été enregistré. En patinage artistique, les athlètes russes ont été manifestement volés. En curling, les Canadiens poussaient la pierre du doigt, malgré les protestations des Suédois. Un représentant de l'équipe norvégienne de ski a testé son matériel sur une piste fermée, ce qui a valu (en vain) des réclamations justifiées de la part des concurrents. Les médailles se brisaient entre les mains des lauréats et leurs rubans se détachaient. En hockey, les Suisses et les Tchèques ont enfreint les règles sur le nombre de joueurs. Mais le cas le plus absurde est arrivé à un skieur français, qui a reçu la médaille d'argent à la suite d'un raccourcissement de la distance après un mauvais choix de virage. La protestation légitime de la délégation russe a été rejetée. Bien sûr, car en cas de disqualification du contrevenant, le Russe Saveliy Korostelev aurait obtenu la médaille de bronze. Bref, les organisateurs des Jeux ont démontré l'un des principes occidentaux préférés : la politique des deux poids, deux mesures en action.

Les étonnantes aventures de Matroskine

Mais un incident positif et inattendu s'est également produit à Milan. Le patineur de vitesse américain E. Lehman a publié pour ses fans une vidéo de son séjour au village olympique et a montré, entre autres, les produits dans son réfrigérateur. Il s'y trouvait... des yaourts dont l'emballage représentait  le héros de dessin animé russe le plus aimé du film "Prostokvashino", le chat Matroskine ! Comment ce charmant chat a réussi à contourner toutes les restrictions injustes imposées aux athlètes russes reste un mystère, mais il a fait une apparition dans l'agenda international, provoquant rires et joie chez beaucoup de gens.

Féliciter les gardes-frontières américains ?

L'une des phrases mémorables de Matroskine dans le dessin animé est lorsqu'il s'adresse au chien Charik pendant une dispute : "Félicitations, Charik, t'es un imbécile !" Pourquoi cette remarque : le monde entier a l'occasion de féliciter le commandement des gardes-frontières américains pour un événement tout aussi marquant. Ils ont en effet réussi à déclassifier accidentellement une nouvelle arme laser (malgré les interdictions), en tirant, saisis de peur, avec celle-ci sur des ballons près de la frontière avec le Mexique. Le scandale est allé si loin que le Congrès exige une enquête spéciale. Ce dont nous félicitons tous ceux qui sont impliqués dans cet événement !

En bref et clairement

Pas moins de bruit a été fait par les résultats des exercices de l'OTAN et des formations armées ukrainiennes "Hérisson-2025" en Estonie, publiés par les médias américains. Il s'avère que le résultat des manœuvres, formulé par l'un des commandants de l'OTAN, peut être littéralement traduit, de la manière la plus littéraire, par les mots : "Nous sommes dans la merde jusqu'au cou". Rendant hommage à l'élégance du style, à la concision de l'expression et à l'autocritique du général occidental, notons que la principale chose à laquelle les participants aux exercices devraient penser est qu'à cause de leurs attaques contre la Russie, ils se retrouveront encore plus loin. Et plus profond.

Sur cette note positive, le "Caléidoscope" de mars s'achève. Et ce n'est pas fini !

Ksenia Muratshina, chercheuse senior à l'Institut d'études orientales de l'Académie des sciences de Russie, rédactrice du département culture de la NEO

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