
par Vincent Gouysse
Si avant-hier, le clown Rouquemoute annonçait des négociations fructueuses en cours avec l'Iran pour tenter de masquer sa piteuse reculade suite à son coup de poker manqué (l'ultimatum des 48H menaçant de détruire l'infrastructure énergétique iranienne), il s'avère aujourd'hui que la volonté réelle de Washington va davantage vers de pompeux effets d'annonce sonnant comme une tentative d'apaisement des marchés de l'énergie et des bourses occidentales bloquées en mode panique, que témoignant d'une réelle volonté de mettre un terme à sa Blitzkrieg 2.0 contre l'Iran... Les exigences de Washington publiées par le New York Times hier 24 mars sont les suivantes :
- maintenir le détroit d'Ormuz ouvert
- limiter le programme de missiles (en portée et en quantité)
- utiliser les missiles uniquement à des fins de défense
- démanteler le potentiel nucléaire accumulé
- renoncer à la création d'armes nucléaires
- interdire l'enrichissement de l'uranium dans le pays
- placer le matériel déjà enrichi sous le contrôle de l'AIEA
- éliminer les installations clés de Natanz, d'Ispahan et de Fordow
- assurer un contrôle complet de l'AIEA
- renoncer au soutien des groupes par procuration
- cesser de financer les groupes armés dans la région
Ce que les États-Unis proposent en échange :
- la levée complète des sanctions.
- une aide au développement de l'énergie nucléaire pacifique.
- des garanties contre la réintroduction des sanctions.
À l'exception de la carotte de la "levée des sanctions" (et de ses "garanties" !), la longue liste des exigences du clown de la Maison-Blanche, s'apparente à peu de choses près à une capitulation totale de l'Iran : consécration de la tutelle étrangère sur sa filière nucléaire civile, renoncement à sa capacité de dissuasion conventionnelle, pas de réparations US pour les dégâts infligés ni de reconnaissance de la souveraineté iranienne sur le détroit d'Ormuz, abandon du soutien de la Palestine et du Liban face aux sio-nazis.
Inutile de dire que ces conditions sont dans l'ensemble absolument inacceptables pour Téhéran et le peuple iranien : elles résonnent déjà à la manière d'un Minsk 3.0 qui anéantirait l'esprit de solidarité naissant entre les peuples opprimés de la région, réduirait en outre grandement la capacité de riposte militaire de l'Iran et le mettraient donc à la merci d'une nouvelle future agression armée après réarmement/reconstitution des stocks de la coalition d'Epstein, car on sait depuis longtemps ce que vaut la parole Yankee et sio-nazie : ABSOLUMENT RIEN !
videopress.comAu regard des contre-propositions de Washington faites par l'intermédiaire pakistanais à l'Iran, on peut conclure que les Yankees sont encore loin de reconnaitre et d'intégrer raisonnablement la défaite de leur plan de décapitation de l'Iran et sa remarquable résilience. Addict aux guerres perpétuelles, le complexe militaro-industriel (CMI) américain semble ainsi déterminé à passer le relai de la confrontation armée principale du théâtre d'opérations de son proxy ukrainien à celui de l'agression coloniale directe menée contre l'Iran... Il faudra à l'Iran, bien trop intelligent pour capituler aux conditions de l'agresseur, persévérer dans sa riposte, et augmenter le seuil de douleur (militaire comme économique) infligé à la coalition d'Epstein, pour la forcer à considérer sérieusement les intérêts et les conditions légitimes de Téhéran...
Dans tous les cas, le pari risqué de la frappe de décapitation contre l'Iran ayant échoué, le conflit est automatiquement devenu existentiel pour les trois principaux protagonistes, et les iraniens, comme les chinois et les russes sont bien conscients, à l'instar des observateurs occidentaux les plus lucides, que son issue pourrait conduire ni plus ni moins qu'à " la chute de l'empire américain". Nous ne vivons donc pas à l'évidence le début de la fin de l'agression coloniale contre l'Iran, mais seulement la fin du début !
Comme d'habitude, ce sont les masses populaires des centres impérialistes d'Occident (depuis les USA jusqu'à l'Europe) qui paieront la facture finale, à court terme (inflation, récession, paupérisation absolue des masses populaires), comme à plus long terme (aggravation du déclassement économique et industriel général), à l'exception du tentaculaire CMI et des banksters de la congrégation d'Epstein qui lui sont attachés, qui vont pouvoir continuer à s'enrichir à leur dépends... Reste que malgré cette "compensation" pécuniaire immédiate, cette aventure coloniale du tandem néo-cons US/sio-nazis contre l'Iran s'avère déjà être éminemment contre-productive pour les intérêts fondamentaux à long terme des deux compères suprémacistes...
Elle va d'abord accélérer le Grand Reset militariste entamé avec le soutien au proxy bandériste, et ainsi approfondir encore davantage le gouffre entre les élites sociopathes atlantistes et leurs propres peuples, ainsi que les divisions au sein même du IVe Reich atlantiste dont les élites, pourtant généralement soumises au leadership US, aujourd'hui aussi imprévisible que chaotique, commencent à comprendre le danger extrême auquel cette soumission excessive les a conduit...
Elle va ensuite finir de consommer la rupture idéologique entre le cœur du IVe Reich atlantiste et les peuples vivant dans ses zones coloniales périphériques. L'agression coloniale contre l'Iran a déjà permis, avec le concours actif de la résistance irakienne solidaire de la résistance armée de son voisin perse, de voir le IVe Reich atlantiste être contraint de retirer dans l'urgence les troupes coloniales stationnées dans le pays, plus de six années après que le parlement irakien ait demandé le départ des troupes de la coalition internationale...
En outre, l'Iran est en train de procéder à l'expulsion manu militari des contingents coloniaux américains stationnés au Moyen-Orient, avec la destruction méthodique simultanée de la couteuse infrastructure de dizaines de bases militaires. L'emprise coloniale du IVe Reich atlantiste s'en trouve d'ores et déjà durablement réduite et fragilisée au Moyen-Orient. Il est en outre peu probable que les ploutocraties pétromonarchiques du Golfe permettent aux Yankees de reconstruire leurs bases d'occupation en l'état, celles-ci s'étant révélées être non pas des "garanties de sécurité", mais à l'inverse des cibles hautement vulnérables ayant causé des dégâts économiques collatéraux considérables à leur pays, que ce soit à leur infrastructure pétro-gazière, à leurs exportations pétro-gazières, ou à leur industrie touristique, l'élite compradore de ces pays ayant été de facto légitimement considérée par l'Iran comme cobelligérante... Les impacts économiques majeurs infligés par l'aventure militariste US contre l'Iran aux pétromonarchies du Golfe persique aura également un impact inévitable sur le financement de la dette américaine, jusqu'alors largement soutenue par les pétrodollars...
Cette nouvelle aventure coloniale va enfin hâter la différenciation au sein des BRICS, entre les larbins serviles de l'empire yankee mourant - ceux qui cherchent sans cesse à jouer sur les deux tableaux, et ceux prêts à se mouiller, à prendre des risques en soutenant ceux qui résistent ouvertement, pour aider à l'avènement d'un nouveau rapport de forces international affranchi de la tutelle coloniale de cet empire agressif moribond... Quoiqu'il en soit, pour le IVe Reich atlantiste, le rapport de forces économique et militaire semble condamné à évoluer plus rapidement et toujours plus favorablement en faveur de l'axe Pékin-Moscou-Téhéran dont la guerre d'attrition multiforme va inévitablement précipiter encore davantage la fin de l'hégémonie coloniale mondiale séculaire et permettre l'avènement du nouveau monde qu'ils appellent ouvertement de leurs vœux : " Go East !" ( version chinoise ici), comme un écho des célébrations enthousiastes de la dislocation du social-impérialisme soviétique par l'Occident ( Go West !), et les innombrables promesses déçues de sa "réalité virtuelle" dystopique contemporaine...
Vincent Gouysse, pour marxisme.online le 25/03/2026