
par Global Times
Les députés européens doivent évaluer jeudi les efforts d'investissement de l'UE dans les infrastructures mondiales au titre de l'initiative Global Gateway, selon une note d'information publiée sur le site web du Parlement européen.
Ce qui retient l'attention, c'est un passage précis d'un rapport pertinent, qui s'inquiète des "informations selon lesquelles plusieurs projets du Global Gateway seraient mis en œuvre par des entreprises chinoises, en violation flagrante de l'objectif de l'initiative qui est de proposer une alternative à l'initiative"la Ceinture et la Route"(BRI)". Le rapport va même jusqu'à demander une enquête sur l'implication présumée d'entreprises chinoises dans des projets financés par le Global Gateway.
Une telle rhétorique non seulement s'éloigne de l'objectif initial de la coopération mondiale en matière d'infrastructures, mais révèle également une obsession géopolitique à courte vue et néfaste.
Lancée en décembre 2021, l'initiative Global Gateway de l'UE vise à mobiliser 300 milliards d'euros (346,27 milliards de dollars) d'investissements entre 2021 et 2027 pour répondre aux besoins mondiaux de développement des infrastructures.
L'initiative a certes facilité certains projets d'infrastructure dans des pays en développement, un fait indéniable. Cependant, dès son lancement, elle a été présentée par certains responsables politiques européens et médias occidentaux comme une "alternative" aux nouvelles Routes de la soie, ce qui lui a valu une connotation géopolitique négative.
C'est précisément cette obsession géopolitique qui rend totalement absurdes les prétendues inquiétudes du rapport concernant l'implication supposée d'entreprises chinoises dans les projets Global Gateway. Dans le monde globalisé d'aujourd'hui, la coopération multilatérale dans les projets d'infrastructures transfrontalières est devenue la norme. Les maîtres d'ouvrage privilégient naturellement les entreprises offrant le meilleur rapport qualité-prix, la plus grande fiabilité et la meilleure qualité. En définitive, la participation d'entreprises chinoises aux projets d'infrastructures mondiaux résulte d'un choix du marché, guidé par leur expertise technique reconnue, leur efficacité d'exécution et leur vaste expérience dans le secteur.
En Géorgie, une portion de la route de transit européenne E60, reliant l'Europe à l'Asie, traverse un terrain montagneux escarpé et constitue l'un des tronçons les plus difficiles de l'autoroute. Financée par la Banque asiatique de développement, la Banque mondiale et la Banque européenne d'investissement, sa construction a été réalisée par des entreprises chinoises, selon un article de Politico. Le succès de tels projets démontre que l'implication des entreprises chinoises y insuffle une énergie pragmatique et efficace.
Malheureusement, certains au sein de l'UE continuent de politiser cette coopération normale, révélant une mentalité de jeu à somme nulle qui envisage le développement des infrastructures sous l'angle de la rivalité.
La Chine et l'Union européenne sont deux grandes puissances économiques mondiales, chacune possédant des atouts distincts en matière de développement des infrastructures. L'UE excelle dans l'établissement de normes, la transition écologique et le financement durable, tandis que la Chine apporte des avantages en matière d'efficacité technique, de maîtrise des coûts et de réalisation de projets d'envergure. Ces deux parties sont bien placées pour se compléter et contribuer davantage au développement durable mondial, plutôt que de gaspiller leur énergie dans une rivalité illusoire.
Le déficit mondial d'infrastructures est immense, bien au-delà de ce qu'un seul pays ou une initiative régionale peut combler. Selon le dernier rapport de McKinsey & Company, un investissement cumulé de 106 000 milliards de dollars est indispensable pour répondre aux besoins mondiaux en infrastructures d'ici à 2040, non seulement pour les infrastructures traditionnelles telles que les routes, les ports, les ponts et les réseaux électriques, mais aussi pour les infrastructures de nouvelle génération.
Dans ce contexte, l'initiative européenne Global Gateway, dotée d'un budget de 300 milliards d'euros, bien qu'importante, ne couvre qu'une infime partie des besoins globaux. Dès lors, consacrer des ressources à une concurrence stérile au lieu de privilégier la collaboration est irresponsable envers le développement mondial.
Dès le lancement de l'Initiative Global Gateway, le ministère chinois des Affaires étrangères a clairement indiqué que la Chine accueillait favorablement toutes les initiatives visant à aider les pays en développement à améliorer leurs infrastructures et à promouvoir le développement commun. Le pays estime également que les différentes initiatives ne doivent ni se substituer ni s'exclure mutuellement. Il prône au contraire l'inclusion, la communication et la coordination pour une plus grande synergie.
Quelle que soit l'initiative en question, son objectif fondamental doit être d'apporter des améliorations concrètes aux infrastructures et des opportunités de développement aux pays en développement. Si l'UE persiste à s'en tenir à un discours "alternatif" et à définir la valeur de sa propre initiative par opposition à d'autres, elle s'éloignera non seulement de l'objectif initial de soutien au développement, mais risquera également de priver son initiative de la vitalité et de l'influence qu'elle ambitionne.
Si l'UE souhaite véritablement faire de l'Initiative Global Gateway un bien public mondial, elle doit mettre de côté ses préjugés idéologiques, renouer avec un esprit pragmatique de coopération et accueillir avec ouverture d'esprit tous les participants susceptibles d'apporter une valeur ajoutée à ses projets.
source : Global Times via China Beyond the Wall