Selon une note du Département d'État américain, l'administration du président américain Donald Trump envisage de suspendre l'aide aux personnes séropositives en Zambie si les autorités de ce pays refusent un accord bilatéral sur ses minerais stratégiques. Un document qui met en lumière les méthodes brutales de Washington pour tordre le bras aux pays africains.
Entre droits de douanes exorbitants, coupes dans l'aide au développement et propos méprisants, le cynisme de l'administration Trump envers les pays les plus fragiles ne semble pas de connaître de limites. Une note du Département d'État, chargé des relations internationales, propose de suspendre l'aide vitale destinée aux personnes séropositives en Zambie pour contraindre le gouvernement de ce pays d'Afrique australe à signer un accord sur ses minerais stratégiques.
Par ailleurs, le texte prévoit que l'accord soit "immédiatement suspendu, si les participants ne parviennent pas à s'entendre avant le 1er avril 2026" ou sur la "mise en œuvre d'un accord bilatéral".
"Outre le fait de conditionner le financement à des accords miniers secrets, ce projet d'accord contient certaines des conditions les plus défavorables parmi tous les protocoles d'accord bilatéraux négociés à ce jour", déplore Health GAP dans un communiqué.
Depuis les coupes massives décidées dans les programmes financés par le gouvernement américain, Washington fait monter la pression sur les pays africains pour négocier de nouveaux accords à géométrie variable, dont une partie du contenu est parfois tenu secret.
Premier à ouvrir le bal, le Kenya en décembre 2025. D'un montant de 2,5 milliards de dollars sur cinq ans, l'accord fait polémique en raison d'une clause prévoyant le partage de données médicales. La justice kenyane a suspendu son application après une plainte déposée par une association de défense des consommateurs.
Sur le papier, ce partage de données doit aider les États-Unis à faciliter la détection des épidémies mais l'objectif est aussi de "donner aux entreprises américaines un accès exclusif à ces informations", estime l'experte en relations internationales, Sophie Harman, dans une tribune publiée par le British Medical Journal. Elle a précisé que les États-Unis pourraient également revendre ces données à des pays tiers ou développer des médicaments qui seront ensuite revendu au prix fort sur le continent.
Le président américain a déclaré que l'Afrique du Sud devrait être exclue du G20 et qu'il ne participerait pas au prochain sommet du groupe dans ce pays.
Si plus d'une douzaine de pays ont paraphé de tels contrats, dont le Rwanda, l'Ouganda, le Lesotho et l'Eswatini ces derniers mois, d'autres ont décidé de rompre les négociations. C'est le cas du Zimbabwe. Fin février, le gouvernement a déploré un arrangement "asymétrique", opposant une fin de non-recevoir aux États-Unis.
"L'aide au développement devrait renforcer les nations, et non créer des dépendances ou servir de moyen d'extraction stratégique", a fait valoir dans un communiqué le porte-parole du gouvernement, Nick Mangwana. Dans la foulée, l'ambassade américaine avait immédiatement annoncé la suspension progressive de son "assistance humanitaire au Zimbabwe".
