
par Craig Murray
L'attentat contre les ambulances de Londres, immédiatement imputée à l'Iran, ne pouvait venir que de services israéliens fort peu professionnels.

L'idée que l'État iranien se discréditerait en attaquant un service d'ambulances à Londres est absurde. L'Iran n'a jamais attaqué d'hôpitaux ni d'ambulances en Israël. Son bilan en matière d'attaques contre des établissements de santé est absolument nul. Cela contraste fortement avec Israël, qui les cible spécifiquement à Gaza et au Liban. L'indignation manifeste du public britannique, opposé à la guerre contre l'Iran, face à la destruction de ces ambulances serait bien plus forte que tout avantage potentiel. Quel est donc cet avantage que l'Iran était censé rechercher ?
L'organisation qui, opportunément pour servir le discours sioniste, a immédiatement revendiqué l'attentat est Harakat Ashab al-Yamin al-Islamia. Ce groupe n'existait tout simplement pas avant l'attaque américano-israélienne contre l'Iran, lorsqu'il est apparu soudainement, pleinement constitué, et a commencé à perpétrer des actes de vandalisme contre des communautés juives en Belgique et aux Pays-Bas. Dès son apparition, des groupes de réflexion et des organisations de sécurité soutenus par Israël ont immédiatement prétendu l'avoir lié à des milices iraniennes.
Ces allégations israéliennes ont été révélées pour la première fois par Joe Truzman, un organe régulier des services de sécurité israéliens et membre de la "Fondation pour la défense de la démocratie", qui gagne sa vie en relayant les affirmations israéliennes selon lesquelles tous les décès à Gaza étaient imputables au Hamas.
Les premières "preuves" en ligne de l'existence du groupe remontent au 9 mars. Le 16 mars, toute la machine médiatique israélienne s'est mobilisée de concert contre Harakat Ashab al-Yamin. Le ministère israélien de la Diaspora a publié un communiqué, tout comme le ministère des Affaires étrangères, l' Institut d'études de sécurité nationale et le BICOM (Centre de communication Israël-Grande-Bretagne).
Tout cela le même matin. Alors que Harakat Ashab al-Yamin n'avait rien fait d'autre que, soi-disant, déclencher un petit incendie à Rotterdam. Cette frénésie médiatique autour de ce groupe, alors pratiquement inexistant, fut priorisée par l'État israélien le matin même de certaines des attaques de missiles et de bombardements les plus intenses menées par Israël, les États-Unis, l'Iran et le Hezbollah durant la guerre.
Son apparence soulève de sérieuses interrogations. La première, comme l'a éloquemment exposé Lowkey, est l'utilisation, dans son manifeste, de l'expression "Terre d'Israël" pour désigner la Palestine. Aucun groupe islamique n'a jamais employé cette expression, et même les élites arabes du Golfe complices ne la décrivent pas ainsi : elles utilisent simplement "Israël" ou "État d'Israël". "Terre d'Israël" sonne faux en arabe et a manifestement été rédigé par un sioniste puis traduit en arabe.
It is worthy of note that the group which is claiming responsibility for the burning of ambulances last night refers to Palestine as "the land of Israel."It does so in both English and Arabic, which is particularly unusual. pic.twitter.com/erQ47E742p
- Lowkey (@Lowkey0nline) March 23, 2026
L'autre chose étrange, c'est que ce groupe prétendument iranien n'utilise pas le farsi. Les Iraniens ne parlent pas arabe. De même, aucun groupe affilié au gouvernement iranien ne parlerait de "la Terre d'Israël" en farsi.
De plus, le logo publié par le groupe semble avoir été généré par une IA et les caractères arabes qui y figurent sont erronés. Le mot "islamique" est mal rendu et certains éléments sont totalement incohérents ; il s'agit de charabia, probablement produit par une IA à qui l'on a demandé de créer un blason avec des caractères arabes.
Contrairement aux médias britanniques qui diffusent de la propagande sioniste, les médias néerlandais ont interrogé de véritables experts et se sont montrés ouvertement sceptiques quant aux affirmations concernant le groupe :
L'anthropologue politique Younes Saramifar, de l'université VU d'Amsterdam, a déclaré que le groupe était "totalement inconnu" jusqu'à ce mois-ci. "D'après ce que j'ai vu, il ne s'agit absolument pas d'un groupe organisé et cohérent", a-t-il déclaré à la NOS avant l'explosion de Zuidas.
Saramifar a déclaré que les erreurs linguistiques dans les déclarations accompagnant les vidéos suggèrent que leurs auteurs ne sont pas des arabophones natifs et pourraient ne pas faire partie d'un réseau militant entraîné.
C'est une autre coïncidence remarquablement heureuse que le groupe ait choisi d'attaquer les ambulances londoniennes quelques heures seulement avant que le commissaire en chef de la police métropolitaine, Sir Mark Rowley, ne prenne la parole lors d'un événement de collecte de fonds pour le Community Services Trust, le groupe qui reçoit d'énormes sommes d'argent du Trésor britannique pour avoir constamment exagéré l'ampleur de l'antisémitisme au Royaume-Uni.
Sir Mark Rowley at @CST_UK fundraiser tonight:
"It's too early for me to attribute last night's attack in Golders Green to the Iranian State. That's for our counter terrorism teams to determine through their investigation. But whoever is responsible, the impact is serious." 👇 pic.twitter.com/gf0oPPCAdn- Sandy Rashty (@SandyRashty) March 23, 2026
Heureusement, personne n'a jamais été blessé lors des "attaques" perpétrées par "Harakat Ashab al-Yamin". N'est-ce pas en soi un peu étrange pour un groupe terroriste soutenu par un État ? Les ambulances endommagées à Londres constituent le pire préjudice jamais causé au nom de ce groupe présumé.
Pour croire à une opération sous faux drapeau, il n'est nullement nécessaire de croire à la complicité de l'organisme ambulancier lui-même. Que les ambulances soient neuves, anciennes ou hors service n'a aucune incidence sur le contexte global. Il est indéniable que le service ambulancier accomplit un excellent travail depuis des années et ne se consacre pas uniquement à la population juive. L'existence même de ce service n'a rien de suspect ni d'illégal.
Je condamne sans hésitation toutes les attaques perpétrées contre la communauté juive au Royaume-Uni, y compris celles commises par le Mossad.
source : The Unz Review via Entre la plume et l'enclume
traduction Maria Poumier