La police israélienne a violemment réprimé samedi soir à Tel Aviv une manifestation anti-guerre, la plus importante depuis l'attaque sur l'Iran au début du mois.
Alors que depuis le déclenchement de la guerre les participants à la manifestation hebdomadaire se comptaient en petites dizaines, ce sont plus d'un millier d'Israéliens qui se sont retrouvés sur la grande place Habima de la ville.
La police y a exercé des violences inhabituelles lorsqu'elles concernent un public majoritairement juif, note le quotidien Haaretz : y compris à l'encontre de journalistes et de participantes féminines.
video.europalestine.comParmi les manifestants arrêtés, le jeune Itamar Greenberg (qui avait témoigné en février au procès d'Olivia Zémor à Paris) a eu droit un traitement de choix : tabassé, fouillé à nu avant d'être emmené au commissariat. "La police m'a battu et étranglé dans la voiture de patrouille", a déclaré Greenberg au quotidien.
Kalanit Sharon, du "Front Rose", un mouvement de protestation composé d'artistes et de performeurs antigouvernementaux vêtus de rose, a elle aussi une grande expérience des manifestations. "J'ai été surprise", a-t-elle déclaré à propos du comportement de la police. "L'idée même de disperser tout le monde était extrêmement violente dès le départ. Il y a eu une escalade de violence : bousculades, jets de projectiles, puis arrestations." Sharon a raconté avoir senti quelqu'un la tirer par le sac qu'elle portait sur le dos, puis, après avoir été jetée au sol, avoir été soulevée et arrêtée par quatre policiers.
Pour autant, le succès de la manifestation, malgré ou plutôt sous l'effet de la répression, est inédit. "Il s'est passé quelque chose de très important ce soir, que nous n'avions pas vu depuis longtemps" ajoute le jeune homme, qui voit dans les événements de samedi soir un gage pour le développement de la contestation.
