
© X / Frédéric Delpech
Rassemblement citoyen contre le racisme à Saint-Denis, en France.
La seconde ville d'Île-de-France a été le théâtre d'un rassemblement contre le racisme après les propos polémiques tenus à son encontre sur la chaîne CNews. Les partis politiques du centre et de la droite se sont abstenus de participer à la manifestation, alors que le gouvernement a soutenu l'initiative, mais sans la présence d'aucun ministre.
Plusieurs syndicats, associations et personnalités politiques de gauche se sont mobilisés, ce 4 avril, pour le "grand rassemblement citoyen" contre le racisme à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), organisé à l'initiative du nouveau maire de La France insoumise, Bally Bagayoko. Parmi les politiques qui ont répondu présent à ce rassemblement figure le leader insoumis Jean-Luc Mélenchon, venu participer avec Mathilde Panot et Sophia Chikirou. L'écologiste Marine Tondelier, ainsi qu'une délégation d'élus socialistes, ont également été vus sur le parvis de la mairie.
Le maire de Saint-Denis, d'origine malienne, à l'origine de l'appel à ce rassemblement citoyen, fait l'objet d'une campagne de haine. Il a déclaré attendre une participation "entre 10 000 et 20 000 personnes" à l'initiative. "Nous venons dire avec fermeté et de manière définitive notre attachement viscéral aux valeurs de la République", a-t-il déclaré à la foule. Bally Bagayoko espère que ce rassemblement sera le dernier, appelant à une prise de conscience et une mobilisation nationale et européenne.
Au rassemblement pour Bally Bagamoko à Saint Denis
Comme disait Aimé Césaire:
"L'heure de nous-même a sonné"
Au micro @abomangoli 👇🏽 pic.twitter.com/HG6dyuvmUC- Sabrina WAZ 🇵🇸 (@SabrinaWazWaz) April 4, 2026
Une cause "au-dessus" des divergences politiques
S'exprimant sur France Info ce 4 avril à propos du rassemblement, le maire insoumis a déclaré que "la cause que nous défendons est au-dessus" des divergences ou des difficultés pour certains à s'afficher aux côtés de La France insoumise. "Celles et ceux qui aujourd'hui réduisent en fait cette marche uniquement à l'étiquette de La France insoumise ont tort et sont indignes finalement de ce combat qui est un combat contre le racisme, contre l'antisémitisme et contre l'islamophobie et toutes les formes de discriminations", a-t-il ajouté.
Nous étions plusieurs milliers réunis aujourd'hui à Saint-Denis contre le racisme à l'appel du maire Bally Bagayoko.Face au déferlement de haine propagé matin, midi et soir sur CNews, le peuple français répond : unité. pic.twitter.com/1pRGmnyRBa
- Ian Brossat (@IanBrossat) April 4, 2026
Présent lors du rassemblement, le leader LFI, Jean-Luc Mélenchon, s'est adressé à la foule, déclarant que "les héritiers de l'immigration sont des êtres humains, des jeunes gens, femmes et hommes, qui sont, du fait du droit du sol, Français à part entière. Et nous découvrons à cette occasion que, quand nous nous réjouissions de les voir accéder aux premières responsabilités, notre joie a été aussitôt gâchée par une vague de racisme écœurant venant des élites politico-médiatiques, qui sans réserve, sans frein étalaient leur mépris à l'égard d'une partie de notre peuple".
Le gouvernement absent, Emmanuel Macron se tait
Emmanuel Macron s'est muré dans le "silence" depuis le début de la vague d'attaques contre le maire de Saint-Denis. Celui-ci a dénoncé l'attitude du président français qui "confirme le fait qu'il n'est pas engagé sur cette lutte" contre le racisme, a-t-il estimé.
Si les formations politiques du centre et de la droite se sont abstenues de toute participation à l'initiative du maire de gauche, le gouvernement a aussi brillé par son absence dans la mesure où aucun ministre n'a fait le déplacement. Sur France Info, le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a déclaré : "Je n'y serai pas en tant que ministre. La place d'un ministre, ce n'est pas d'être dans une manifestation citoyenne, d'initiative citoyenne." Avant d'ajouter : "En revanche, le combat est complètement partagé par le gouvernement et l'État." Et de dénoncer des "attaques abjectes" contre certains élus.
La ministre en charge de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, avait pour sa part réagi la veille sur France 2 pour la première fois aux attaques contre Bally Bagayoko, déclarant que "ce n'est pas le rôle de l'État que d'y être. C'est une mobilisation citoyenne à l'appel de la mairie de Saint-Denis, c'est très bien". Elle a aussi affirmé dans la foulée que son "engagement est sans aucune ambiguïté sur la lutte contre le racisme". L'absence d'Aurore Bergé a été regrettée par le maire qui a assuré que "sa place était clairement à nos côtés. S'il y a bien une ministre qui aurait dû être présente, c'est bien elle".
Pour rappel, Bally Bagayoko a appelé le 29 mars à ce rassemblement contre le racisme et les discriminations sur son compte Instagram, suite aux propos racistes tenus à son encontre sur la chaîne CNews. Le maire de Saint-Denis fait l'objet de comparaisons à un mammifère de "la famille des grands singes" par le psychologue Jean Doridot, puis à un "mâle dominant" par le philosophe Michel Onfray.