
© RS
Capture d'écran du discours du Premier ministre sénégalais, le 3 avril à Mbour, à l'occasion de la clôture de la Semaine nationale de la jeunesse.
Confronté à une situation budgétaire particulièrement tendue, le gouvernement sénégalais durcit sa politique de rigueur. Le Premier ministre Ousmane Sonko a annoncé la suspension des missions jugées non indispensables à l'étranger pour les membres de l'exécutif, invoquant l'alourdissement de la dette publique et la guerre au Moyen-Orient.
Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a décidé de suspendre l'ensemble des voyages "non essentiels" à l'étranger des membres de son gouvernement, dans le cadre d'un train de mesures visant à réduire drastiquement les dépenses publiques.
Dans une vidéo diffusée le 4 avril sur les réseaux sociaux, le chef du gouvernement a annoncé avoir pris "un certain nombre de mesures de restriction drastique de tout ce qui concerne les dépenses du gouvernement", parmi lesquelles figure "l'annulation de toutes les missions non essentielles à l'étranger".
Ousmane Sonko a précisé qu'il s'appliquait lui-même cette politique d'austérité, indiquant avoir renoncé à deux déplacements prévus dans le cadre de ses fonctions : un voyage au Niger le 8 avril et une visite officielle en Espagne programmée le 18 avril.
Le rassemblement politique que son parti devait organiser le 19 avril à Paris a également été annulé. Le Premier ministre a fait cette annonce le 3 avril à Mbour, dans l'ouest du pays, lors d'un événement consacré à la jeunesse.
Des situations "extrêmement difficiles" à venir
Il a justifié ces décisions par "la situation difficile" que traverse le Sénégal, qu'il attribue notamment à "une dette exponentielle dont nous avons hérité" du précédent pouvoir dirigé par l'ex-président Macky Sall.
Selon lui, les capacités de financement du pays se sont considérablement réduites. "Les levées de fonds sont de plus en plus difficiles", a-t-il déclaré, avant de souligner l'impact supplémentaire de la flambée des prix mondiaux des hydrocarbures liée à la guerre au Moyen-Orient.
Le chef du gouvernement a affirmé que le prix du baril de pétrole avait atteint 115 dollars, alors que les projections budgétaires de 2026 avaient été établies sur la base d'un baril à 62 dollars.
"Je voudrais vous préparer à des situations extrêmement difficiles qui nous attendent", a averti Ousmane Sonko, annonçant par ailleurs que le ministère de l'Énergie communiquerait prochainement sur de nouvelles mesures dans ce secteur, sans en préciser la teneur.