
Par Thomas Neuburger, le 6 avril 2026
"Si j'étais un dirigeant arabe, je ne conclurais jamais d'accord avec Israël". - David Ben-Gurion (né David Grün), surnommé le "fondateur d'Israël".
Dès ses débuts, Israël a compris que sa création et sa survie seraient farouchement combattues. Israël savait aussi pourquoi : parce qu'il a été fondé sur des terres volées à d'autres. L'article suivant, publié sous une forme antérieure en 2023, est plus que d'actualité aujourd'hui.
Il contient une confession que les Israéliens d'aujourd'hui ne veulent pas admettre : Vous vous battez, vous les Arabes, parce que nous vous avons volé.
"Quel motif avons-nous de nous plaindre de leur haine vis-à-vis de nous ?"
Réfléchissez à ces paroles tombées dans l'oubli de l'ancien ministre israélien de la Défense, Moshe Dayan. Il a un passé fortement pro-sioniste, un passé de combattant :
"À l'âge de 14 ans, Dayan s'engage dans la force de défense juive Haganah. En 1938, il rejoint la Supernumerary Police, une force irrégulière organisée par les Britanniques, et dirige une petite patrouille motorisée".La Haganah était "la principale organisation paramilitaire sioniste qui opérait pour le Yishuv sous le mandat britannique en Palestine. Elle a été fondée en 1920 pour défendre la présence du Yishuv dans la région, et a été officiellement dissoute en 1948, lorsqu'elle est devenue le noyau dur intégré aux Forces de défense israéliennes peu après la déclaration d'indépendance d'Israël".
Dayan avait des opinions bien arrêtées sur ce qu'impliquerait la défense d'Israël. L'une des conditions indispensables consistait à reconnaitre sans détour le crime commis par Israël pour s'emparer de ces terres.
Selon les propres mots de Dayan :
"Quel motif avons-nous de nous plaindre de leur farouche haine à notre égard ? Depuis huit ans maintenant, ils sont enfermés dans leurs camps de réfugiés à Gaza, et sous leurs yeux, nous transformons leur terre et leurs villages, où eux et leurs ancêtres ont vécu, en foyer pour notre peuple".
Et :
"Des villages juifs ont été construits sur les ruines des villages arabes. Vous ne connaissez même pas les noms de ces villages arabes, et je ne vous en veux pas car les livres de géographie n'existent plus. Non seulement les livres n'existent plus, mais les villages arabes non plus. Nahlal a été érigé à la place de Mahlul, le kibboutz Gvat à la place de Jibta, le kibboutz Sarid à la place de Huneifis, et Kefar Yehushua à la place de Tal al-Shuman. Tous les sites construits dans ce pays abritaient autrefois une population arabe".
-Discours de Moshe Dayan à l'université du Technion, Haïfa (19 mars 1969)
Et :
"Sous les yeux mêmes [des Palestiniens], nous prenons possession de leur terre et des villages où eux-mêmes et leurs ancêtres ont vécu... Nous sommes la génération des colonisateurs, et sans le casque d'acier et le canon du fusil, nous ne pouvons ni planter un arbre ni construire une maison". - Moshe Dayan, cité dans Benjamin Beit-Hallahmi, "Original Sins: Reflections on the History of Zionism and Israel".
Gardez également à l'esprit ces propos de David Ben-Gurion (né Grün), premier Premier ministre israélien et soi-disant " fondateur d'Israël" :
"Pourquoi les Arabes devraient-ils faire la paix ? Si j'étais un dirigeant arabe, je ne conclurais jamais d'accord avec Israël.... Ils ne voient qu'une chose : nous sommes venus et leur avons volé leur pays. Pourquoi devraient-ils le tolérer ?" - David Ben-Gurion, cité dans "The Jewish Paradox" de Nathan Goldman
Ces hommes étaient lucides. Ils savaient en quoi consistait le projet : des terres volées, la destruction de vies humaines, et une bataille éternelle pour défendre ce crime.
Un voleur inflexible
C'est comme le vol des richesses de l'Église par Henri VIII au XVIe siècle. Une fois ces richesses saisies et réparties entre ses acolytes et ses amis, l'argent ne pouvait être restitué, ni le vol annulé, tout comme un homme assassiné ne peut revenir à la vie.
Même cinquante ans plus tard, l'Angleterre était aussi catholique que la France. Seuls le gouvernement et ceux qui dépendaient du pouvoir étaient protestants. Ainsi, les catholiques furent traités avec une grande cruauté, et les deux camps se sont battus jusqu'à ce que l'un ou l'autre soit réduit à l'impuissance.
La paix règne désormais en Angleterre, mais ce processus a pris six générations.
La solution meurtrière à un seul État
Là est le problème. Une soi-disant solution à deux États ne peut pas fonctionner - les Israéliens refusent toute solution à deux États et n'acceptent que le leur, sans compromis possible. Ainsi, cette impasse se poursuivra jusqu'à ce qu'un des camps disparaisse. Une solution meurtrière à un seul État, pour laquelle on se battra jusqu'au dernier.
"Nous sommes venus et avons volé leur pays". Et ils sont déterminés à rester. Comment cette situation n'aboutirait-elle pas à la mort ou à une émigration massive ? C'est ce qui s'est produit lorsque les Européens ont envahi l'Amérique. Voici l'Amérique du Nord avant la conquête :
MOSHE DAYAN et le lieutenant-colonel jordanien Abdullah El Tell concluent un accord de cessez-le-feu à Jérusalem, le 30 novembre 1948 (crédit photo © Wikimedia Commons)
Puis ceci :
Population amérindienne et groupes linguistiques avant l'invasion européenne. Crédit image : Université du Texas à Austin. Tiré de l'Atlas national des États-Unis d'Amérique (1970). emersonkent.com.
Et finalement, ceci :
Traduit par Spirit of Free Speech