08/04/2026 europalestine.com  5min #310305

Défendons le droit de manifester contre les crimes commis par Israël en Palestine

(Par les Invités de Mediapart) - En février 2026, les premières condamnations pour participation à des manifestations contre les crimes de guerre à Gaza sont tombées. Pour un ensemble de citoyen·nes, "il est de notre devoir de défendre le droit de manifester pacifiquement contre les crimes commis par Israël en Palestine" Pour eux, face à l'immobilisme du gouvernement, "contre la France officielle, les manifestant·es injustement verbalisé·es et condamné·es ont sauvé l'honneur de la France."

Incapable de sanctionner fortement les crimes de guerre et crimes contre l'humanité, vraisemblablement constitutifs de génocide, commis par Israël, incapable de poursuivre les milliers de ses citoyens qui ont directement participé sur place à ces crimes, la France punit des milliers de manifestant·es qui ont osé descendre dans la rue pour dénoncer ces crimes, et poursuit devant ses tribunaux celles et ceux d'entre eux qui ont contesté les contraventions qui leur ont été infligées pour cela.

Les premières condamnations viennent de tomber en février 2026 devant le Tribunal de Police de Paris, pour des manifestations à Paris en octobre 2023.

Rappelons que fin octobre 2023, plus de 7000 personnes avaient déjà été massacrées par Israël à Gaza dans des bombardements indiscriminés. Il était déjà évident pour qui voulait bien ne pas détourner le regard que des crimes de guerre étaient commis à Gaza.

Le silence complaisant de la France et du monde occidental a permis à Israël de massacrer des dizaines de milliers d'innocents, d'en blesser des centaines de milliers, d'affamer, d'humilier et de terroriser plusieurs millions de civils. Malgré la violation évidente des valeurs européennes rappelées dans l'accord d'association d'Israël à l'Europe, cet accord n'a pas été suspendu.

Le gouvernement français a voulu imposer le silence à celles et ceux de ses concitoyens amoureux de la paix et de la justice qui voulaient exercer leur devoir de dénoncer ces crimes horribles. Le fait que le Hamas soit un mouvement terroriste, qui a lui aussi commis des crimes de guerre horribles le 7 octobre 2023, ne doit pas empêcher l'exercice de ce devoir. Gérald Darmanin, ministre de l'intérieur en 2023, avait ordonné à ses préfets d'interdire les manifestations contre cette horreur, ce qu'ils ont fait avec un zèle récompensé par le pouvoir (Laurent Nuñez, préfet de Paris à l'époque, est devenu ministre de l'Intérieur).

Ainsi, à Paris, lors de la seule manifestation du 28 octobre 2023, dont la presse a témoigné qu'elle s'est déroulée pacifiquement, 1359 personnes ont été verbalisées à hauteur de 135 €. Ce chiffre massif trahit l'objectif de ces verbalisations : empêcher les citoyens attachés à la paix et à la justice de revenir manifester. La chape de silence ainsi imposée a permis que ne soit entendue que la voix de la France officielle, qui par ses plus hautes autorités persistait à affirmer son soutien "inconditionnel" à Israël, encourageant ainsi indirectement les criminels confirmés dans leur sentiment d'impunité.

Dans la logique de cette répression, les procureurs poursuivent désormais les manifestant·es qui ont contesté leurs contraventions. Plusieurs d'entre eux ont été condamné·es en février dernier. D'autres ont été relaxé·es... mais le Ministère Public s'acharne contre eux en se pourvoyant en cassation. De leur côté, certain·es de ces condamné·es se sont déjà pourvu·es en cassation. Ces condamné·es ont bien l'intention, si la cour de cassation ne reconnaît pas l'abus de pouvoir que constituait l'interdiction de manifester pacifiquement contre des crimes contre l'humanité, de porter l'affaire devant la Cour européenne des droits de l'Homme.

En France, la patrie des droits de l'Homme, dont le premier est le droit à la vie, quand un génocide commence, il devrait être interdit d'interdire de crier, comme l'ont fait des milliers de manifestant·es depuis octobre 2023, "enfants de Gaza, enfants de Palestine, c'est l'humanité qu'on assassine". Contre la France officielle, les manifestant·es injustement verbalisé·es et condamné·es ont sauvé l'honneur de la France.

La Déclaration des droits de l'Homme, qui a valeur constitutionnelle, proclame la liberté d'expression et le droit de manifester ses opinions, droits qui sont également protégés par la Convention européenne des droits de l'Homme. Il est donc de notre devoir de défendre le droit de manifester pacifiquement contre les crimes commis par Israël en Palestine.

Liste des premiers signataires de cette pétition :

  1. Abbes Ahmed, Directeur de recherche
  2. ASTOLFI Nathalie, Retraitée
  3. Badin Pierre, Chercheur Emérite
  4. Benameur Malika, Retraitée
  5. BONNET Julie
  6. BOUCHER François, Professeur des Universités
  7. Bourrel Guy, Retraité CNRS
  8. Brault Vincent, Enseignant chercheur
  9. Burnod Geneviève, musicienne
  10. Busse Michel
  11. Castebrunet Hélène, Enseignante-chercheuse
  12. Champeau Annick, retraitée éducation nationale
  13. Charlot Grégoire, Maître de conférences
  14. Chaumeron Camille, Enseignante
  15. Chenin Patrick, Retraite de l'Université
  16. Cinquin Philippe, Professeur émérite
  17. Clostre Mathieu
  18. Coatrieux Jean Louis, chercheur et écrivain
  19. Corbin Philippe
  20. Coux Françoise, Médecin
  21. Coux Olivier, Directeur de recherche
  22. Danjean Vincent, Enseignant-Chercheur
  23. Delaballe Anne
  24. Demongeot Jacques, Professeur Emérite
  25. Dervin Alain, Enseignant retraité
  26. Dezélée Céline, Libraire
  27. Diaferia Victor, Professeur de mathématiques (retraité)
  28. Dolphens Daphné
  29. Durand-Richard Marie-José, Maîtresse de conférences honoraire
  30. Ferjani Cherif, Professeur honoraire des universités
  31. FERJANI Claudette, Retraitée
  32. Feyt Grégoire, Enseignant-chercheur
  33. GABAY Pierre-Yves,
  34. Gay-Para Praline, autrice
  35. Grégoire Nathalie, Enseignante
  36. GRENNERAT Vincent, Enseignant
  37. Guglielmetti Jade, Enseignante
  38. Halbwachs Nicolas, retraité
  39. Houssay-Holzschuch Myriam, Professeure des universités
  40. Husson Laurent, chercheur
  41. JANIAUD Béatrice, enseignante-chercheure
  42. Jean Pierre, Enseignant de philosophie
  43. KERFA Sonia, Professeure des Universités
  44. Khamassi Mehdi, Chercheur
  45. Krzywkowski Isabelle, Universitaire
  46. Lambert Amaury, Professeur
  47. Langen Solveig,Bibliothécaire
  48. Lazarus Francis, chercheur en informatique
  49. Lesbec Estelle, Enseignante
  50. Malbet Fabien, Directeur de recherche

Lien pour signer la pétition :  cryptpad.fr

Source :  blogs.mediapart.fr

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