Mardi, une motion de destitution du président Trump a été officiellement présentée par le député démocrate John Larson. La motion porte essentiellement sur la mise en cause de la légalité de la guerre contre l'Iran et sur les appels du président à effectuer des actions de guerre constituant des crimes de guerre. Enfin l'état de santé du président est invoqué pour réclamer l'application du 25ème amendement pour réclamer la destitution pour incapacité mentale.
"Larson, démocrate du Connecticut, a déclaré mardi avoir déposé 13 chefs d'accusation, reprochant à Trump de mener une "guerre illégale" et d'intensifier les menaces contre l'Iran, mettant ainsi en danger la sécurité des États-Unis et des vies américaines. Il a ajouté que Trump perd la raison et devient "de plus en plus instable chaque jour"." "Donald Trump a largement dépassé toutes les conditions requises pour être destitué. Et la situation ne cesse d'empirer", a déclaré Larson dans un communiqué. Larson a également évoqué des menaces, notamment "Ouvrez le détroit... ou vous irez en enfer", affirmant que de tels propos "présagent des crimes de guerre". Il a déclaré que Trump était "incapable ou refusait" de remplir fidèlement ses fonctions."
Les deux questions posées dans notre titre n'ont en fait pas de raisons d'être séparées. Elles se rejoignent et se justifient l'une et l'autre : faire jouer le 25ème amendement contre Trump entraîne nécessairement une proposition de destitution et tous les faits d'illégalité et d'intentionnalités de crimes de guerre sont entièrement explicables par l'état de santé qui justifie le 25ème amendement. Autrement dit la politique des États-Unis autant que le président sont le sujet de la destitution envisagée, - ce qui peut nous amener très loin dans le cœur de la crise de l'américanisme. On reviendra nécessairement sur ce sujet.
Le 25ème comme créateur de tension
Nombre de démocrates soutiennent cette proposition, comme il est assez normal, tandis que les républicains tendent à s'y opposer, comme il est également normal. Mais cette "normalité" est toute théorique et ne tient aucun compte de la situation réelle. Elle ne prend pas en compte, notamment, qu'un véritable parti antiwar bipartisan (droite et gauche, et éventuellement J.D. Vance ) est en pleine formation accélérée, sans aucune structure mais avec un état d'esprit commun et un état d'esprit d'extrême urgence. Évaluer l'influence de ce flux politique nouveau est totalement incontrôlable, composé de tendances diverses qui ont normalement des positions d'affrontement, est quasiment impossible à contrôler. Même Trump doit peut-être s'en rendre compte.
Son " tournant à 170-175 degrés" a évidemment à voir avec cette situation, et certainement aussi son extrême empressement pour des négociations où il se présente de facto en demandeur, en acceptant de négocier à partir des "dix points" iraniens. Mais il s'agit :
• d'une course contre la montre si l'en en juge d'après les pressions existant désormais pour le 25ème ;
• d'une course contradictoire voire autodestructrice car toute précipitation de Trump pour faire des concessions à l'Iran acte une terrible défaite de l'américanisme et fait monter une résistance des courants neocon et associés-bellicistes.
Il nous paraît très difficile d'éviter une voie qui comprend comme principale issue une crise gigantesque du Système aux USA ; concernant Trump, sans aucun doute, mais aussi concernant la politique d'impérialisme hégémonique des Etats-Unis, et finalement concernant les États-Unis eux-mêmes.
Mis en ligne le 8 avril 2026 à 20H15