Par Olivier Berruyer
La voiture électrique est présentée comme la grande solution climatique de notre époque. Mais les chiffres racontent une autre histoire : les émissions réelles des voitures neuves n'ont presque pas baissé avant 2020, les SUV annulent les progrès techniques, et les aides publiques ont surtout subventionné les plus riches. Pendant que l'Europe tergiversait, la Chine a pris les commandes du marché mondial. Tour d'horizon d'une transition aussi urgente que mal engagée.
1- Des ambitions climatiques européennes titanesques
2- Les transports, seul secteur où les émissions ont augmenté
3- La (quasi-)fin de la voiture thermique en 2035 : place à l'électrique
4- Baisse fantôme des émissions et folie du SUV
5- L'avenir est à la voiture électrique "légère"
6- Une voiture électrique sur deux roule en Chine
Ce qu'il faut retenir
Cette analyse graphique originale d'Olivier Berruyer pour Élucid est une mise à jour de notre suivi régulier et actualisé des grands indicateurs économiques.
Jusqu'aux années 1950, les déplacements humains se faisaient essentiellement à pied et parfois à cheval, ce qui les cantonnait à des trajets strictement locaux. Depuis, les choses ont radicalement changé, mais comme le rappelle le chercheur Aurélien Bigo, trois grandes caractéristiques de nos déplacements sont restées remarquablement stables :
"Le nombre de déplacements par personne est toujours de l'ordre de 3 à 4 trajets par jour (un aller-retour comptant pour 2 trajets). Les temps de déplacement sont eux aussi restés relativement stables. Ils avoisinent en moyenne une heure par jour et par personne, comme c'est d'ailleurs le cas dans différents types de sociétés et de pays du monde. Les motifs de déplacement principaux n'ont pas beaucoup évolué non plus : travail, études, achats, démarches administratives, visites à la famille ou aux amis, loisirs."
En revanche, deux autres caractéristiques majeures ont drastiquement évolué grâce à la voiture et, bien entendu, grâce au pétrole. La première est la vitesse, qui a été multipliée par 10. Ce gain a été utilisé par des populations avides de mobilité pour se déplacer toujours plus loin, ce qui a également multiplié la distance moyenne parcourue chaque jour par 10, passant de 5 à 50 kilomètres (ce chiffre est une moyenne qui comprend les trajets du quotidien, mais aussi ceux de longue distance, pour des loisirs par exemple).